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Bart Dhondt n'aura pas tenu plus d'un an à la tête de Groen. À la mi-décembre, il a renoncé à son poste, plongeant le parti dans une crise quasi existentielle. Dans un paysage médiatique dominé par des discours musclés et des leaders omniprésents, Bart Dhondt a estimé qu'il valait mieux laisser la place à un nouveau visage capable d'incarner le message du parti dans l'espace public.
Il faut bien dire que l'ancien échevin de Bruxelles-ville avait eu du mal à s'imposer sur la scène médiatique flamande. "Ce n'est que lorsqu'il a annoncé qu'il quittait la présidence du parti qu'on s'est souvenu qu'il était toujours là", ironise une source.
Débat de fond
Bart Dhont n'avait pas non plus réussi à imposer une ligne claire au parti. À l'image de son homologue francophone, Groen oscille en permanence entre une écologie pragmatique et une écologie plus militante, tranchée. Le futur responsable du parti devra simplifier le message politique sans le vider de sa substance et assumer des choix clairs.
Bart Dhondt avait remplacé les coprésidents Nadia Naji et Jeremie Vaneeckhout qui n'avaient pas pu éviter à Groen deux défaites électorales successives en 2024 : celle de juin aux législatives et celle d'octobre aux communales. Beaucoup espéraient, en interne, que Petra De Sutter, vice-Première ministre sous le gouvernement De Croo et véritable figure de proue des écologistes flamands, prenne le parti en main. Mais la Gantoise, très populaire auprès des militants, a préféré changer d'horizon professionnel en posant sa candidature au rectorat de l'UGent – candidature qui a été retenue.
Bart Dhondt (Groen) quitte la présidence : "Parfois, se retirer est la meilleure chose à faire pour son parti"Bart Dhondt, né à Ostende et échevin à Bruxelles, avait l'avantage d'être proche de l'état-major du parti et plus consensuel que l'autre candidate à la présidence de Groen – Celia Groorthedde, députée bruxelloise. Mais il était bel et bien un choix par défaut. Cela lui a collé à la peau.
Pour les verts, le problème est… national
Président sans mandat parlementaire, Bart Dhondt devait diriger un parti dont la visibilité repose largement sur les élus. Or, en dix ans, le parti s'est vidé d'une bonne partie de ses forces parlementaires. Bjorn Rzoska, Elisabeth Meuleman, Wouter De Vriendt, Kristof Calvo, Jessika Soors l'ont quitté. Et pour de bon. Un scénario à la N-VA, où Valerie Van Peel est revenue sur le devant de la scène, n'est pas à l'ordre du jour chez les verts en Flandre.
La démission de Bart Dhondt ouvre une séquence décisive. Pour Groen, il s'agit de redevenir identifiable, audible et incontournable dans le débat flamand. Sans perdre sa crédibilité. Il y a quelques semaines, Groen a tenté un coup médiatique en lançant un spot publicitaire diffusé pendant la mi-temps d'un match des Diables rouges. La tentative a surtout été perçue comme un signal de détresse d'un parti en quête d'attention, faute de relais politiques solides…
À la recherche de l'oiseau rare
Dans ce contexte, qui sera capable de remettre le navire de Groen à flot ?
La recherche d'un nouveau président ne sera pas facile. Groen est dans l'opposition au fédéral et au régional. À ce stade, le parti ne peut pas compter sur des figures de proues dotées d'un large mandat électoral. "Nous espérons qu'il n'y aura pas trente candidatures pour cette élection présidentielle", affirme un interlocuteur.
Pourquoi Écolo Bruxelles n'adopte-t-il pas la ligne politique de Groen, gagnante à Bruxelles ? "On ne peut simplement décalquer sa stratégie…"Des noms circulent néanmoins. Mais aucun ne sort vraiment du lot. Elke Van den Brandt, ministre bruxelloise, est souvent citée. Mais Bruxelles n'est pas forcément la meilleure base pour repartir à la conquête électorale de la Flandre. On parle aussi de l'ex-coprésidente de Groen, Nadia Naji. Elle est cependant également bruxelloise.
La filière gantoise fait parler d'elle avec ses échevins Filip Watteeuw − qui à ce stade ne fait aucun commentaire – et Hafsa El Bazioui dont on dit qu'elle envisage de se porter candidate. Mais ne s'agit-il pas de profils trop explicitement gantois ?
Le nom de Matti Vandermaele, le député fédéral originaire de Courtrai, est également murmuré. L'homme a fait ses armes au cabinet de Petra de Sutter. Autre nom qui circule : celui d'Aimen Horch, député flamand de Vilvorde. Groen se donne jusqu'à fin mars pour dénicher le merle blanc qui est censé remettre Groen sur de bons rails.
"À partir du 13 janvier, le coup d'envoi officiel sera donné, les candidats à la présidence pourront alors se manifester", précise Marthe Mennes, la porte-parole de Groen.
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