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FIGAROVOX/CHRONIQUE - On peut s’être réjoui de l’élection de Donald Trump et condamner désormais ses excès, en particulier à Minneapolis, pointe notre chroniqueur. D’autant que les errances du président américain pourraient avoir des conséquences électorales.
Gilles-William Goldnadel est avocat et essayiste. Chaque semaine, il décrypte l’actualité pour FigaroVox. Il a publié récemment «Vol au-dessus d’un nid de cocus» (Fayard, 2025). Il est également président d’Avocats sans frontières.
Peut-on parler raisonnablement de l’irrationnel Donald Trump ? L’homme ne nous paraît guère raisonnable, ni dans la forme ni sur le fond. Mal peigné, mal embouché, vulgaire dans ses expressions, le visage orangé, nous avons beau être d’un conformisme capillaire, vestimentaire et linguistique raisonnable, nous n’en trouvons pas moins son apparence et son langage déplorables au regard de son statut social.
Sur le plan psychologique, pareillement, nous affichons notre perplexité, encore que l’actuel président français doive nous inviter à une grande modestie. Il n’en demeure pas moins que, sans être diplômé d’un doctorat en la matière, son égotisme narcissique, sa versatilité, sa mégalomanie sautent aux yeux du profane. Ayant écrit ces lignes sans réticences, mon lecteur me donnera acte, sur Trump le déraisonnable, d’un pro-trumpisme très raisonnable.
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Je le regrette d’autant plus que j’ai accueilli la victoire du Républicain comme une divine surprise actant la défaite au moins provisoire de la folie du wokisme de la gauche démocrate. L’une de mes craintes résidant à présent dans le fait que Donald II étant devenu le pire ennemi de Trump premier, il pourrait permettre à la gauche woke de faire dans trois ans un come- back triomphal et de se refaire bientôt une mauvaise santé mentale.
Ceci fermement posé, je n’en suis que plus à l’aise pour écrire à présent que l’anti-trumpisme médiatique est tout aussi déraisonnable et de mauvaise foi que son objet de détestation. Démonstration par le Venezuela : Donald Trump a fait arrêter dans le cadre d’un enlèvement hollywoodien le dictateur Maduro. Les grands défenseurs du droit International ont grimacé. Quant à M. Mélenchon - qui mériterait également une étude psychologique - celui-ci a exigé le retour immédiat de son ami Maduro en son palais de Caracas. Il faut dire que le dictateur n’avait jamais fait l’objet d’une grande détestation de l’appareil médiatique, au regard de pesanteurs idéologiques de celui-ci. Quant au droit international, je l’aurais cherché toute ma vie d’avocat. Je ne l’ai pas encore rencontré. Il n’y a pas eu de procès de Nuremberg de ce communisme aux cent millions de morts.
Les Nations unies sont l’organe de détestation le plus injuste de l’État Juif : 73 condamnations pour Israël contre 3 pour la République des mollahs. Tant et si mal que l’ONU est devenue moins la solution que le problème. Quant à la Cour européenne des droits de l’homme, en dehors de son prisme anti-occidental qui fait qu’elle est dans la négation méprisante de la protection des frontières des pays d’Occident, je renvoie aux travaux du juriste Gregor Puppinck qui a prouvé l’influence des juges liés à l’Open Society de George Soros au sein de l’aréopage. Ceux-ci n’hésitant pas à statuer au rebours de leurs obligations les plus sacrées même quand la Société Ouverte précitée est judiciairement impliquée...
La manière dont la police de l’immigration a procédé à Minneapolis nous paraît, par sa brutalité, particulièrement contre - productive.
Pour en revenir et terminer avec le Venezuela, on apprenait samedi que la vice-présidente de ce pays Delcy Rodriguez - exerçant par intérim par la grâce de la disgrâce de Maduro - avait décidé de prononcer l’amnistie générale de milliers de prisonniers politiques. À la grande satisfaction de la récente Prix Nobel de la paix vénézuélienne, María Corina Machado, dont l’élection avait été volée par le tyran déchu. En a-t-on rendu honnêtement grâce au président américain anti-conformiste de droite dans les médias conformistes symétriquement opposés ? Je ne crois pas l’avoir constaté. Je n’ai même pas vu qu’on s’était vraiment réjoui de ces libérations qui ont déjà commencé...
Démonstration par Gaza. Jusqu’à ce que le président américain s’en charge, c’était la poursuite du carnage et le calvaire des otages. Le gouvernement israélien était donc condamné à poursuivre une guerre chaque jour plus impopulaire et meurtrière qui lui avait été sinistrement imposée. Viendra le temps où l’auteur de ces lignes rendra compte des mensonges et diffamation qu’aura subis l’État Juif. Uniques dans l’Histoire de la désinformation. Quoi qu’il en soit, seul le président extravagant aura réussi à faire taire les armes. Nonobstant ses divagations sur une Riviera à Gaza, certains, comme Obama, ont fait le voyage de Stockholm pour bien moins que cela.
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Démonstration dans le Minnesota. Encore plus complexe celle-là. Personne, et certainement pas le terrorisme intellectuel ambiant ne nous empêchera d’écrire en préambule que l’objectif présidentiel de venir à bout de l’immigration clandestine et illégale (pardon pour la redondance) - et notamment somalienne dans cet état - est particulièrement légitime. Il serait lâche autant que grotesque que je ne le reconnaisse pas en premier alors que je l’appelle de mes vœux quotidiens, du soir jusqu’au matin, au sein du pays qui est le mien. Alors que je l’identifie comme la cause première de tous nos maux.
Ceci ayant été écrit , la manière dont la police de l’immigration a procédé à Minneapolis nous paraît, par sa brutalité, particulièrement contre - productive. Il en a résulté deux morts qui auraient pu être évitées et une contre-attaque efficace et massive dont l’extrême gauche propagandiste possède la maestria et les moyens d’information idéologique. Les deux morts américains ont plus intéressé l’espace médiatique occidental orienté que les milliers de Kurdes massacrés.
Ayant écrit ces mots sans barguigner, personne ne m’empêchera d’ajouter que cette propagande aura largement réussi - au moins dans l’Hexagone médiatique - à dissimuler que la seconde victime des excès de la police de l’immigration n’avait cessé de provoquer cette dernière dont elle connaissait pourtant les notoires excès. Dans une vidéo - virale aux USA mais dissimulée dans les grands médias français - on voit le militant Alex Pretti courir, quelques jours avant son trépas, derrière une voiture policière de l’ICE, shooter contre celle-ci rageusement, et hurler diverses injures à l’encontre des mères de policiers dont il savait pourtant la gâchette facile. Bien entendu - et il ne s’agit aucunement d’une précaution écrite - cela ne justifie pas sa mort, mais dissimuler cette provocation relève de la désinformation.
Donald Trump n’est ni un martyr innocent de la presse de gauche, ni le responsable de tous les maux du temps.
Dans Le Monde ce week-end, une tribune commise par un anthropologue américain compare Pretti à Dreyfus. J’avoue avoir du mal à ne pas trouver indécente cette comparaison. À ce stade de ma rumination, je ne puis que constater que le martyrologe de l’extrême-gauche est particulier. Nahel n’était pas vraiment un petit ange comme l’a décrit un certain footballeur, mais avait refusé d’obtempérer. La culpabilité des policiers dans la mort d’Adama Traoré est rien moins que prouvée mais la justice a indemnisé le co-détenu qu’il avait contraint à une fellation sous la menace d’une fourchette. Je tiens également à disposition la liste de nombreux journalistes gazaouis, également membres du Hamas. Dis-moi qui tu pleures, je te dirai qui tu hais...
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Pour en revenir et en finir avec Donald Trump, il n’est ni un martyr innocent de la presse de gauche, ni le responsable de tous les maux du temps. L’opposition de gauche française, en mauvaise posture pour cause de discrédit, en profite pourtant pour prédire que va s’installer dans notre pays, via les personnalités de droite actuellement les plus populaires, des suppôts du trumpisme qui vont transformer la France en état post-démocratique. D’une certaine manière, la gauche française voit dans le président américain un sauveur suprême.
On constatera également que la presse écrite et radiophonique française - notamment celle de service public - aura passé sa semaine dans le Minnesota. La vie d’un manifestant tué par la police à Minneapolis est-elle plus importante que celle, passée sous silence, d’une nonagénaire violée par un OQTF de Tunis, ici en France à Nice?


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