Deux mois après la disparition de la petite Lyhanna dans le Gers, de nombreuses zones d’ombre restent à éclaircir par les enquêteurs. Les causes du décès de la fillette de 11 ans ne sont pas connues ni les circonstances dans lesquelles elle a été violée avant sa mort. Le principal suspect, actuellement en détention provisoire, se mure dans le silence.

Alexandra Simard - Aujourd'hui à 06:25 | mis à jour aujourd'hui à 06:47 - Temps de lecture :

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Il y a deux mois, le 29 mai, Lyhanna disparaissait à la sortie du collège. Six jours plus tard, le 4 juin, le corps de la fillette de 11 ans était retrouvé à proximité d’un silo agricole à Puycasquier dans le Gers, à 15 kilomètres de Fleurance, où elle avait été vue pour la dernière fois. L’enquête se poursuit. Si l’autopsie n’a pas permis de révéler les causes de son décès, elle a démontré que Lyhanna avait été violée et des traces d’ADN de Jérôme Barella, le principal suspect, ont été retrouvées sur elle. De nombreuses zones d’ombre restent à éclaircir, et notamment les circonstances de ce viol.

Tout commence le 29 mai. Lyhanna devait quitter le collège Hubert-Reeves de Fleurance, où elle était scolarisée en classe de 6e, à 17 heures, mais la collégienne est aperçue, sur des images de vidéosurveillance, en train de monter dans la voiture de Jérôme Barella vers 15 heures. L’homme de 41 ans était un visage familier pour la petite fille : l’une de ses deux filles est une amie de Lyhanna et la petite fille était régulièrement conviée à des soirées pyjama au domicile des Barella à Montestruc-sur-Gers. Cet intérimaire, décrit comme un « geek », avait aussi l’habitude de donner des friandises aux enfants à la sortie du collège.

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Barella à l’isolement très surveillé

Jérôme Barella est interpellé le lendemain de la disparition de Lyhanna. D’abord mis en examen pour enlèvement et séquestration, il l’est désormais pour le meurtre et le viol de la collégienne, ce qui lui fait encourir la réclusion criminelle à perpétuité. Placé en détention provisoire à la prison de Mont-de-Marsan, dans les Landes, Barella est incarcéré en quartier d’isolement où il est surveillé de près par les agents pénitentiaires qui craignent un passage à l’acte suicidaire.

L’intérimaire n’est jamais passé aux aveux. Devant les enquêteurs, il a d’abord dit avoir déposé Lyhanna à la piscine municipale, avant d’avancer l’hypothèse d’une fugue. Des explications mises à mal après la découverte du corps de Lyhanna et les analyses qui s’en sont suivies. Le 6 juillet, les gendarmes ont réalisé une perquisition à son domicile en sa présence.

Les parents de Lyhanna veulent déménager

Le profil de Jérôme Barella a très vite laissé apparaître celui d’un prédateur sexuel. Comme lui, son frère Yannick Barella et son père Joël ont fait l’objet de plusieurs plaintes pour viol et agression sexuelle. L’affaire Lyhanna est devenue un véritable scandale d’État, avec pour origine le non-traitement par la justice d’une plainte pour viol déposée contre Jérôme Barella. Le 22 août 2025, la mère de la petite Rosa avait porté plainte contre ce dernier, pour viols commis sur sa fille âgée d’une dizaine d’années. Elle en aurait subi « une cinquantaine », selon l’avocat de la maman de Rosa, Me Pierre Debuisson. Jamais le suspect ne sera inquiété ni même auditionné sur ces faits présumés, ce qui a mis au jour les défaillances du système judiciaire et provoqué une forte mobilisation populaire devant les tribunaux en France.

Les parents de Lyhanna n’ont jamais pris la parole publiquement sur ce drame. Lors de la marche blanche en hommage à leur fille, qui a rassemblé 6 000 personnes le 7 juin à Fleurance, ils se sont montrés d’une grande dignité aux côtés de leur jeune fils. Aujourd’hui, ils tentent de se reconstruire et souhaiteraient, selon les informations du groupe EBRA (dont fait partie notre journal), déménager.

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