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INTERVIEW - Le sociologue, auteur de l’ouvrage À l’assaut du réel, décrit le phénomène de « scepticisme opportuniste » sur lequel les intelligences artificielles pourraient jouer pour tenter de peser sur la prochaine présidentielle.
Gérald Bronner est sociologue et auteur de l’ouvrage À l’assaut du réel (Éditions Puf).
LE FIGARO. - 2027 sera la première campagne électorale à l’ère de l’intelligence artificielle. Comment appréhendez-vous cette période ?
GÉRALD BRONNER. - Cela va, à mon sens, amplifier des phénomènes déjà observés. Toutes les campagnes ou presque ont été perturbées en Occident et, en particulier, en France. Que ce soit par des ingérences étrangères ou par ce qu’on appelle l’« astroturfing », c’est-à-dire la volonté d’influencer les opinions par l’émission de points de vue insincères et orientés idéologiquement. On connaît les grands pays qui s’y livrent : la Russie, la Chine, l’Iran et la Turquie. Pour nous, Occidentaux, le plus pénible d’entre eux reste la Russie, dont le but déclaré est d’affaiblir nos démocraties et donc de les fragmenter en créant de fausses informations.
Pendant un temps, cela fonctionnait par le biais de fermes à trolls - des individus qui étaient souvent localisés…


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