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Presque deux mois après son arrivée à Winnipeg, une famille palestinienne s'installe doucement et recommence à entrevoir un avenir. Mohamed Owda a trouvé un médecin pour son fils qui souffre d'une rare maladie, sa famille recevra une aide financière pour vivre pendant trois ans et il s'apprête à faire des études pour obtenir l'équivalence de son diplôme d'ingénieur. Portrait d'une famille de réfugiés accueillie à Winnipeg en novembre dernier.
Dans sa nouvelle résidence à Winnipeg, Mohammed Owda nous accueille avec le sourire. Sur la table, préparée par sa femme Alaa Abdelmouati Badrane, des dattes et du café. C’est du café d’Al Qods, la capitale palestinienne, précise-t-il.
Mohammed Owda et sa femme sont arrivés à l’aéroport international Richardson de Winnipeg le 21 novembre avec leur famille. À leur arrivée, un petit comité gouvernemental les attendait. Wab Kinew était là, précise-t-il.

Mohammed Owda et sa femme Alaa Abdelmouati Badrane avec leur dernière fille Safaa, née il y a un mois au Manitoba.
Photo : Radio-Canada / Rachid Nahli
C’est la troisième famille de Gaza que la province accueille pour des raisons médicales.
Anas, leur fils aîné de 12 ans, souffre d’une maladie congénitale. Il a subi des opérations chirurgicales depuis sa naissance et jusqu’à l'âge de 6 ans. Le père explique que son fils est né avec un cœur à droite. Ses poumons n’étaient pas assez formés. Il souffrait aussi d’un problème au niveau du diaphragme et ses intestins étaient à l’envers.
Le déclenchement de la guerre à Gaza a compliqué les choses pour sa famille. Il n’y avait pas de médicaments. Pas de soins médicaux, rien à manger alors qu’il [Anas] a besoin d’une nourriture spéciale. Dans ces conditions, je devais quitter Gaza, raconte celui qui travaillait comme ingénieur civil à Gaza.
Mohammed Owda explique qu’il a tout fait pour que son fils obtienne des soins.
Suivi médical à Winnipeg
Melanie Morris, chirurgienne pédiatre métisse à l'hôpital pour enfants à Winnipeg, est depuis son arrivée la médecin attitrée d'Anas Owda. Je l'ai vu, je pense, trois jours après son arrivée. C'était genre le vendredi et puis je l'ai vu le mardi suivant, se rappelle-t-elle.

Melanie Morris est chirurgienne pédiatre d'origine métisse. Elle s'occupe d'Anas Owda, un enfant arrivé de Palestine en novembre.
Photo : Radio-Canada / Rachid Nahli
Rencontrée à son cabinet, elle explique que le jeune garçon a une maladie congénitale qui touche un enfant sur 5000 en Amérique du Nord. C'est assez rare. Ça entraîne des problèmes au niveau des poumons et des intestins. Lui, il a eu des complications sur les deux niveaux.
Melanie Morris, qui travaille avec d’autres enfants palestiniens, précise que le cas d'Anas nécessite un suivi sur le long terme. C'est très important, surtout avant qu'il devienne plus indépendant et qu'il puisse comprendre c'est quoi les symptômes, explique-t-elle.
La chirurgienne pédiatre ajoute qu’il faut continuer la surveillance pour les complications qui peuvent venir par rapport aux chirurgies qu’il a subies précédemment.
Melanie Morris explique que c'est toujours quelque chose qui va rester avec lui. Il va avoir ce genre de risque toute sa vie.
Une aide financière
Avant d’arriver au Manitoba, la famille Owda s’était installée un certain temps aux Émirats arabes unis, puis en Égypte. Le père explique qu’il avait perdu son travail et que c’était difficile de poursuivre les soins d’Anas sans argent.
Au moment de leur arrivée, Mohammed Owda et Alaa Abdelmouati Badranea avaient quatre enfants.Outre Anas, il y a Siwar, qui est âgée de 10 ans, et puis Rakane, un garçon de 7 ans, et puis Sanad, 3 ans, explique le père de famille.
Une petite fille, née au Canada il y a un mois, s'est depuis ajoutée à la famille. Nous l’avons appelée Safaa en mémoire de la sœur de ma femme, morte dans les bombardements, raconte Mohammed Owda.
Mes enfants sont désormais très attachés au Canada. Ils se sont intégrés dans la société, leur école est canadienne. Ils préfèrent rester ici.

Alaa Abdelmouati Badrane, la femme de Mohammed Owda, a perdu 16 membres de sa famille dans les bombardements à Gaza.
Photo : Radio-Canada / Rachid Nahli
Pour subvenir à ses besoins quotidiens, la famille Owda est prise en charge financièrement par le Comité central mennonite du Manitoba (MCC). Son directeur général, Darryl Loewen, souligne que nous nous engageons à prendre en charge jusqu'à trois ans de frais financiers liés à leur réinstallation, leur logement, leur alimentation, leurs vêtements, ce genre de choses, tout ce dont ils auront besoin pour vivre pendant trois ans au Manitoba.
Pour cela, l’organisme cherche à collecter 75 000 $ pour aider provisoirement la famille Owda. Tout cela est pour la famille. Ce sont des dons faits par des personnes qui ont entendu cette histoire, ont vu l'appel aux dons et ont répondu à l'appel, explique Darryl Loewen. Le MCC a déjà amassé 30 000 $.
Mohammed Owda explique qu’il est reconnaissant envers l’organisme. L’ingénieur civil palestinien ajoute qu’il est en train de faire l’équivalence de ses diplômes afin de trouver un emploi et subvenir aux besoins de sa famille.


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