À peine élus, plusieurs maires de La France Insoumise annoncent leur volonté de désarmer progressivement leur police municipale. Une orientation qui suscite une vive inquiétude parmi les agents et leurs représentants syndicaux, alors que la délinquance a augmenté ces dernières années.
Dimanche soir, une dizaine de communes ont basculé dans le giron de La France Insoumise. Et déjà, les premières annonces font réagir. À Saint-Denis, le nouveau maire, Bally Bakayoko, a confirmé mardi sa volonté d’un désarmement progressif de ses 160 policiers municipaux.
Toujours dotés d’armes à feu pour l’instant, les agents vont connaître un "processus de désarmement" qui débutera par le retrait des LBD, les lanceurs de balles de défense.
"Une aberration"
Cette orientation politique inquiète les syndicats de la police municipale. Pour Raoul Regaeig, secrétaire général de l’UNSA Police municipale, cette volonté de désarmer les agents ne va pas dans le bon sens. "C’est une aberration. Aujourd’hui, les primo-intervenants dans les trois-quarts des incidents sur la voie publique sont des policiers municipaux", rappelle-t-il.
Face à la perspective de perdre leurs armes, certains policiers pourraient envisager d’exercer leur droit de retrait. "Si je ne suis pas capable d’intervenir par absence d’outils, notamment d’armement, je conseillerai de ne pas intervenir. C’est difficile, mais on est face à une délinquance de plus en plus armée et il faut faire face à cette situation", poursuit Raoul Regaeig.
Le syndicaliste souligne aussi le risque accru d’exposition pour les agents. "On porte un uniforme, donc forcément, on est des cibles. Les armes létales sont nécessaires. Les désarmer, c’est navrant, ils s’exposent à des risques, cela peut les mettre en danger", regrette ce dernier.
Plus de 1200 policiers municipaux blessés en 2023
"On demande aux policiers municipaux de fuir ces villes où le maire ne propose pas l’armement. Il faut prévoir une mutation quelque part", constate de son côté Jean-Jacques Marcely, président de l’Union syndicale professionnelle des policiers municipaux, qui invite les agents à quitter les communes concernées.
Les chiffres rappellent la dureté du terrain : selon un rapport d’information du Sénat, 1.208 policiers municipaux ont été blessés en mission en 2023, contre un peu plus de 1.000 l’année précédente.
La même année, plus de 3.200 usages d’armes ont été recensés, soit le double d’il y a cinq ans. Ces décisions interviennent alors que certains territoires concernés, notamment en Seine-Saint-Denis ou dans le Val-d’Oise, sont minés par un trafic de drogues de plus en plus structuré et violent.


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