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Fusions d’universités et de collèges, réduction de leurs revenus et partenariats amplifiés... Le ministère de l'Éducation postsecondaire a mis plusieurs scénarios de compressions sur la table lors de consultations prébudgétaires avec le secteur.
Le gouvernement provincial cherche à réduire ses dépenses pour le prochain budget, potentiellement entre 10 et 15 % par ministère.
En argent, l’objectif pour le ministère de l’Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail, l’objectif se chiffre entre 35 et 50 millions de dollars.
C’est l’un des éléments contenus dans un document du ministère remis aux universités et collèges pour susciter la discussion sur les compressions.
Le document contient 16 propositions, dont plusieurs portent sur des fusions et des partenariats plus importants.

L'entrée de l'Université St. Thomas à Fredericton
Photo : Radio-Canada
Parmi ces propositions, il y a la possibilité de déplacer les 1700 étudiants de l'Université St. Thomas à Fredericton chez son voisin immédiat, l’Université du Nouveau-Brunswick.
Il est aussi question d’un partenariat plus important entre le Collège communautaire de Dieppe et l’Université de Moncton, voire même d’un déménagement du campus de Dieppe vers celui de Moncton.
On y évoque également un partenariat plus important entre trois entités qui offrent un programme de foresterie - l’Université de Moncton campus d’Edmundston, l’Université du Nouveau-Brunswick campus de Fredericton et le Maritime College of Forestery Technology.
La nécessité de conserver plus de 20 campus est aussi sujet d'interrogations dans le document.
La langue d’enseignement n’est toutefois pas la même dans les trois établissements.
La fin dans le public pour l’Université Mount Allison?
Le document évoque aussi la possibilité de retirer tout financement public pour l’Université Mount Allison, voire même de n’avoir plus que deux universités publiques : l’Université de Moncton et l’Université du Nouveau-Brunswick.

L'entrée du campus de Sackville.
Photo : Radio-Canada / Félix Arseneault
Une scénario propose la réduction de 10 % du financement public sans augmentation des frais de scolarité.
Les auteurs du document envisagent aussi des partenariats plus importants entre établissements postsecondaires et municipalités ou encore écoles secondaires au sujet des infrastructures.
Le délestage d'infrastructures est lui aussi évoqué.
Une rencontre et des propositions
Le document du ministère précise néanmoins qu’il ne s’agit que d’idées et encourage les établissements à faire des propositions pour parvenir à réduire les dépenses du ministère.
Une rencontre à cet effet entre le ministère et les établissements publics s’est d'ailleurs tenue mercredi.

Le ministre de l’Éducation postsecondaire, Jean-Claude d’Amours
Photo : Radio-Canada / Silas Brown
Je n'étais pas présent à la réunion [de mercredi] à Moncton, mais le personnel m'a fait savoir que la discussion avait été fructueuse et productive. Un document a été préparé pour orienter la conversation et présenter les approches possibles à envisager. Il ne s'agit pas de décisions, mais d'idées visant à susciter des commentaires, affirme le ministre de l’Éducation postsecondaire, Jean-Claude d’Amours, dans une déclaration écrite transmise à Radio-Canada la semaine dernière.
Des propositions drastiques
Ce sont plusieurs propositions, plusieurs sont extrêmement drastiques. Ça fait beaucoup improvisation tant qu’à nous, estime Jean Sauvageau, président de la Fédération des associations de professeures et professeurs d'université du Nouveau-Brunswick
Ça manque d’audace que de se replier sur les mêmes vieux réflexes de couper, couper, couper, alors que l’éducation universitaire, c’est un investissement, lequel on s’est privé à plein régime, poursuit-il.

Jean Sauvageau, président de la Fédération des associations de professeures et professeurs d'université du Nouveau-Brunswick.
Photo : Radio-Canada / Mikael Mayer
Aucune des quatre universités publiques n’a accepté la demande d’entrevue de Radio-Canada, avançant un processus toujours incomplet.
Il nous serait prématuré de commenter des propositions spécifiques ou des scénarios qui n'ont pas encore été confirmés. Ce que nous pouvons affirmer clairement, c'est que l'Université de Moncton demeure pleinement engagée à défendre ses trois campus et la vitalité de l'enseignement en français au Nouveau-Brunswick, écrit le service des communications de l’Université de Moncton.
Nous sommes au courant de possibles réductions budgétaires, mais rien n’est encore confirmé, affirme par écrit en anglais Paul Mazerolle, le recteur de l’Université du Nouveau-Brunswick, ajoutant se battre pour un investissement public dans ces établissements vitaux.
Les discussions ont été franches et chaque établissement a eu une voix à la table, écrit le recteur de l'Université St.Thomas, Nauman Farooqi, dans une note aux membres du personnel transmise à Radio-Canada.
Le recteur évoque aussi une situation fluide et que son université est importante pour la formation des étudiants du Nouveau-Brunswick.
Quant à l’Université Mount Allison, sa responsable des communications Jonelle Mace insiste plutôt l’apport financier de l’université dans sa déclaration écrite.
Mount Allison contribue à elle seule plus de 190 millions de dollars annuellement en impact économique au Nouveau-Brunswick, dont bien plus de 100 millions de dollars qui proviennent de l’extérieur du Nouveau-Brunswick, écrit-elle en anglais.


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