Au départ, il y a François, scénariste blanc, cisgenre, dans la cinquantaine. Mais son nouveau projet de série ne séduit pas, et afin d’obtenir du financement, le voilà qui coche la case transgenre dans un formulaire de demande de subvention, espérant augmenter ses chances. Au revoir François, bienvenue Françoise.
Si l’idée peut sembler simple et surtout prêter le flanc à plusieurs critiques (pas une nouvelle charge contre les dérives wokes de nos sociétés!), le scénario cosigné par l’actrice et autrice Gabrielle Boulianne-Tremblay et Jean-François Asselin (qui réalise également là son deuxième long métrage après Nous sommes les autres) prend pourtant des détours beaucoup plus fins et malins.
Car bien loin de pleurnicher sur le sort de François, le récit va plutôt nous faire découvrir Sarah, autrice trans engagée par François.e pour l’aider à crédibiliser son histoire.

Le film François.ePhoto : Les films Opale
Et c’est là que François.e gagne les cœurs. Car au-delà des clins d’œil sympathiques à quelques classiques (à commencer par Tootsie et Pretty Woman), le film révèle dans le rôle de Sarah l’actrice Pascale Drevillon.
Si cette dernière s’était déjà illustrée dans les courts métrages Pré-drink et Extras, le film lui offre – enfin – l’espace où laisser éclater sa présence et son sens de la nuance. Tout à la fois combative, sensible et engagée, elle hérite en outre du grand moment d’émotion du film, qu’elle porte avec une force et une droiture plus que convaincantes.
Bien sûr, Louis Morissette, qui interprète François.e, n’a à rougir de rien et dévoile une facette plus sensible et touchante de son jeu. Bien sûr encore, la comédie donne allant et énergie à ce récit qui cherche à nous rappeler, de façon bienvenue, que les préjugés sont sans contredit ce qui nous empêche de trouver le bonheur. Bien sûr enfin, on ne saurait assez célébrer le fait qu’un film à visée populaire s’empare de la transidentité avec bienveillance et intelligence afin qu’enfin, les discours haineux aillent se faire voir.
Mais la vraie pépite de ce film audacieux, c’est Pascale Drevillon, que l’on espère revoir sur nos écrans sous peu. Pas parce qu’elle est transgenre, mais parce qu’elle est une sacrée bonne actrice.
La bande-annonce (source : YouTube)


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