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Violence verbale et action directe : pourquoi les services de renseignement ont saisi Ritchy Thibault
Publié le 19.10.2026 à 12h33 – Par Sophie Martin – Temps de lecture 4mn
Le 1er octobre 2026, Ritchy Thibault, agitateur d’extrême gauche et ancien collaborateur parlementaire de La France Insoumise (LFI), a été placé en garde à vue en Seine‑Saint‑Denis. Les autorités lui reprochent provocation, participation à un groupement en vue de commettre des violences et outrage, à la suite de déclarations tenues lors d’un rassemblement public.
Lors de cette intervention, Thibault a lancé plusieurs menaces explicites: « On va attaquer tous les commissariats de ce pays », « Demain on va mettre le feu à l’élysée » et « On va tout péter, ça va être le feu ». Ces propos ont rapidement circulé sur les réseaux sociaux et ont attiré l’attention des services de renseignement.
Ritchy Thibault : un cas emblématique de LFI ?Le même jour, une référence à l’ancien Premier ministre Édouard Philippe a été faite. Thibault aurait déclaré, lors de la Fête de l’Humanité où Philippe était invité à monter sur scène: « Il n’a rien à faire ici, c’est un éborgneur! », en allusion à la gestion du mouvement des Gilets Jaunes par l’ex‑chef du gouvernement.
Suite à ces déclarations, l’ex Premier Ministre a été décrit comme ayant « fait couler le sang » et le militant lui présenté comme un « prisonnier d’État », placé en détention pour ses mots. Son arrestation fait suite à un discours prononcé en soutien aux lycéens en lutte, durant lequel il aurait encouragé l’action directe.

Ritchy Thibault entame une grève de la faim à Fleury-Mérogis pour protester contre son isolement disciplinaire rapporte le JDD
Ritchy Thibault entame une grève de la faim. Détenu à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, le militant a fait savoir ce jeudi 15 octobre qu’il refusait désormais de s’alimenter pour dénoncer la sanction disciplinaire dont il fait l’objet, rapporte Blast. L’ancien collaborateur parlementaire de la députée LFI Ersilia Soudais et porte‑parole du mouvement Peps (Pour une écologie populaire et sociale) avait été arrêté le 1er octobre dernier, puis placé en détention provisoire pour avoir appelé à « brûler l’Élysée » et à « faire la révolution » devant un lycée de la banlieue parisienne.
Contexte historique et acteurs clés
Ritchy Thibault, figure de la mouvance des Gilets jaunes, a longtemps été un militant engagé dans les mouvements de contestation sociale en France. Avant de rejoindre le mouvement Peps, il avait collaboré étroitement avec la députée LFI Ersilia Soudais, partageant une vision critique de la politique intérieure et extérieure du pays. Son implication dans des actions de protestation publique, notamment devant un lycée parisien, l’a placé sous le radar des autorités.
Le 6 octobre, l’ancien Gilet jaune a déjà été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour menaces de mort contre Emmanuel Macron. Lors du Salon de l’agriculture 2024, il avait pris à partie le président en déclarant : « Éborgneur, n’oublie jamais que nous sommes le pays de la Révolution française, le pays qui fait tomber la tête des monarques ! »
Un isolement « particulièrement violent »
Les enjeux de la sanction disciplinaire
La décision de placer Thibault en isolement disciplinaire soulève des questions relatives aux droits fondamentaux des détenus. Dans le système pénitentiaire français, l’isolement est généralement réservé aux cas de violence ou de menace sérieuse envers le personnel ou d’autres détenus. Cependant, l’usage de cette mesure pour des raisons de protestation politique est controversé, car il peut être perçu comme une forme de répression.
Selon son récit, l’administration pénitentiaire le tient pour l’« instigateur » d’une action collective menée à l’issue de la promenade. D’après Ritchy Thibault, la quasi‑totalité des détenus présents auraient refusé de réintégrer leurs cellules afin de faire valoir leurs revendications sur des conditions de détention qu’il juge déplorables. Il est convoqué le lundi 19 octobre devant la commission de discipline, qui décidera des sanctions à lui infliger.
Dans son communiqué, Ritchy Thibault décrit un quartier disciplinaire où le détenu est enfermé dans un espace d’environ 5 m², presque privé de lumière naturelle, sans possibilité de lire, d’écrire ni de recevoir du courrier. Il qualifie ce régime de « particulièrement violent » et annonce qu’il poursuivra sa grève de la faim aussi longtemps que durera cette mise à l’isolement. Le militant assure aussi que l’expérience carcérale lui fait mesurer les ravages de l’institution sur les personnes, concluant que « détruire une prison, c’est sauver des vies ».
La commission de discipline, qui se réunira le 19 octobre, devra évaluer la gravité de l’infraction et déterminer la sanction appropriée. Si la décision est favorable à l’isolement, Thibault continuera sa grève de la faim, ce qui pourrait attirer l’attention des associations de défense des droits humains. En revanche, un changement de position de la commission pourrait mettre fin à l’isolement et ouvrir la voie à une réintégration progressive dans la cellule de détention.
Le militant est un porte‑parole important pour le mouvement Peps, qui milite pour une écologie populaire et sociale. Sa situation pourrait influencer la perception publique du mouvement, notamment en ce qui concerne la légitimité de ses revendications. Si la grève de la faim devient un symbole de résistance, elle pourrait mobiliser davantage de sympathisants, mais elle risque aussi de polariser l’opinion et de renforcer les critiques de la part des autorités.
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