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Michirein Nsangou Mohamed Awel avait 20 ans. Samedi 17 octobre 2026, vers 19h30, il se serait trouvé dans un tourne-dos à Foumban quand des tirs de sommation ont retenti après un accident de la route. Une balle perdue l’aurait atteint. Vingt-quatre heures plus tard, la ville a levé ses barricades, et c’est le Sultan des Bamoun qui en a tenu les clés.
Un accrochage, des tirs de sommation, un jeune qui meurt
Tout part d’un accident de la circulation, samedi soir, entre le pick-up du commandant de compagnie de gendarmerie de Foumban et un camion. Des témoins parlent d’une altercation, puis d’un attroupement de moto-taximen. La tension monte vite. Pour disperser la foule, des tirs de sommation auraient été effectués.
Michirein serait la victime d’une balle perdue. Plusieurs autres personnes auraient été blessées dans la panique. Transporté d’urgence à l’hôpital, le jeune homme n’a pas survécu.
Les autorités, elles, parlent d’un tragique accident survenu lors de tirs de sommation, et non de tirs dirigés contre la population. Une enquête aurait été ouverte, les blessés seraient pris en charge. Rien ne permet de dire à ce stade qui a tiré, ni dans quelles conditions exactes.
La route principale à l’entrée de la ville a été barrée.
Une nuit sous tension, une colère qui vise l’administration
Selon des sources proches du Palais, le Sultan Roi des Bamoun, Mouhammad Nabil Mforifum Mbombo Njoya, s’est rendu immédiatement à l’hôpital et y est resté jusqu’au décès du jeune homme. Toute la nuit, il aurait sillonné la ville, parlé aux motomans, appelé à la retenue.
Mais la retenue n’était pas pour tout le monde. D’après des témoins sur place, la population a copieusement insulté l’administration, le gouverneur de la région de l’Ouest et les forces de l’ordre. Et le Sultan n’a pas pris leur défense. Il n’a pas non plus calmé les insultes. Dans un contexte où un jeune venait de mourir, difficile de ne pas y voir un message : la sympathie du Palais allait d’abord à la famille et aux motomans.
C’est le point que le texte officiel passe sous silence. Franchement, on attendait de l’autorité traditionnelle un soutien plus appuyé à l’administration. Il n’est pas venu, ou si peu.
Au petit matin de dimanche, la ville restait paralysée. Le gouverneur de l’Ouest est arrivé en renfort, accompagné du général de brigade Housseïni Djibo, commandant la 5e Région de gendarmerie (Ouest et Nord-Ouest), et du colonel Abba Saïdou, commandant la légion de gendarmerie de l’Ouest.
Au Palais, la douleur d’abord, puis l’apaisement
La rencontre décisive s’est tenue au Palais Royal. Le Sultan, le gouverneur, le général et le colonel ont reçu longuement la population, les motomans et les familles. Ils ont d’abord écouté la douleur et la colère. Ensuite seulement le Sultan a pris la parole.
Son message : la colère est compréhensible, mais détruire Foumban par les enfants de Foumban n’est pas la solution. Il a aussi exigé que toute la lumière soit faite et que justice soit rendue. La phrase est restée dans les mémoires, d’après des témoins.
Puis un geste a pesé plus lourd que le discours. Le Sultan, le général commandant la 5e Région et le colonel Abba Saïdou ont accompagné Michirein à sa dernière demeure, en assistant personnellement à l’enterrement. Des témoins disent que cet acte a profondément apaisé la foule.
Juste après l’inhumation, motomans et population ont décidé de lever eux-mêmes les barricades. Les motos ont repris leur vrombissement. Les voitures ont recommencé à circuler. En soirée, le Sultan a regagné le Palais sous les acclamations, escorté par les mêmes motomans qui tenaient les barricades la veille.
Le vrai gagnant de ces vingt-quatre heures, c’est lui. L’administration a envoyé des galons, la rue a écouté un trône.
Reste le fond : une famille a perdu un fils, et personne n’a encore été désigné responsable.
L’enquête annoncée dira si la balle de samedi soir a un auteur. Foumban a repris sa vie, mais les motomans attendent une réponse, et le Palais a promis de veiller à ce que justice soit rendue.
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Alain-Claude Ndom
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.


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