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ON Y ÉTAIT - Nouveau venu sur la grille, le constructeur allemand a présenté sa voiture, la R26, ce mardi à l’occasion d’une cérémonie spectaculaire en Allemagne.
Après Red Bull et Racing Bulls la semaine passée, suivies des Américains de Haas, ce fut au tour de l’écurie Audi (littéralement Audi Revolut F1 Team) de poursuivre ce mardi soir le bal des présentations des Formule 1 de la saison 2026. Le constructeur allemand, qui débarquera pour la première fois de son histoire sur la grille à partir du 8 mars prochain, avec le Grand Prix d’Australie, a mis les petits plats dans les grands pour lever le voile sur la R26, placée entre les mains de Nico Hulkenberg et Gabriel Bortoleto.
Des centaines de personnes invitées dans une ancienne centrale de chauffage
Dans le décor industriel brut du Kraftwerk, une gigantesque centrale de chauffage plongée dans le noir et illuminée par des néons rouges, 400 personnes ont assisté en plein cœur de Berlin à un show sons et lumières hollywoodien pour découvrir enfin les vrais contours de la voiture (un premier jet avait été présenté le 13 novembre) à la robe tricolore. Du gris carbone, du rouge et du noir entièrement fidèles à l’identité forte de la marque dans les sports automobiles.
Audi n’a donc pas lésiné sur les moyens avec une mise en scène ultra-spectaculaire alors que l’heure est davantage à la réduction des dépenses pour bon nombre d’écuries du plateau... La firme d’Ingolstadt, un chouia paranoïaque quant aux conditions de sécurité à l’intérieur du complexe de béton pour empêcher toute fuite, voulait clairement marquer le coup pour cette naissance. Sur ce point-là au moins, la mission est accomplie.
Après le rallye, l’endurance, le Dakar et la Formule E représentés par de magnifiques modèles historiques exposés à l’entrée du bâtiment, Audi s’attaque au pinacle des sports automobiles. Un choix logique et attendu après avoir triomphé sur tous les terrains ou presque depuis un demi-siècle . «La Formule 1 est le sport d’équipe le plus complexe au monde. Elle est animée par des personnes. Notre parcours vers le sommet repose sur un plan clair mais il sera défini par notre état d’esprit : résilience, précision et curiosité incessante. Nous construirons l’équipe qui incarne ces valeurs. Nous sommes ici pour relever les défis et pour gagner», a prévenu Jonathan Wheatley, le directeur de l’équipe, qui travaille sous la direction de Mattia Binotto, ex-patron de l’équipe Ferrari qui a fixé un cap à ses troupes : être en mesure de «viser le titre en 2030», comme il l’avait annoncé en exclusivité au Figaro en mai 2025.
Objectif : jouer le titre mondial en 2030
L’équipe aux quatre anneaux a déjà établi la marque à suivre sur les quatre prochaines saisons. Se glisser dans la peau du «challenger» dans un premier temps, puis celui du «concurrent» avant la consécration du champion. Interrogé par Le Figaro sur les objectifs chiffrés en termes de points au championnat, Binotto s’est refusé à tout pronostic, insistant sur le devoir d’«humilité» et redoutant même une première année «difficile» sur les pistes.
L’aventure est risquée car surnager ou faire de la figuration en F1 est très vite perçu comme un échec, souvenez-vous de Peugeot et Toyota. Ce lancement intervient en pleine refonte du règlement technique. Une nouvelle donne qui rebat les cartes du jeu. Une opportunité ? «La réglementation 2026 crée le moment idéal pour nous lancer», assure le boss italien. Audi ne part pas de zéro puisqu’elle a fini de racheter en 2024 l’historique équipe Sauber basée à Hinwil, en Suisse, renommée Stake F1 l’an passé. Une bonne base de travail même s’il a fallu considérablement moderniser les installations vieillissantes d’Hinwil tout en faisant évoluer les mentalités du personnel. Pas simple.
Construire le châssis et le moteur, un projet ambitieux
Des transformations qui ont pris du temps et même pu faire craindre du retard dans l’ambitieux projet puisque Audi a décidé de concevoir sa voiture de A à Z en fabriquant son châssis et son propre moteur (à Neuburg, près du siège d’Ingolstadt). «Nous sommes une véritable équipe d’usine depuis le début, tranche Binotto, arrivé en 2024. Le groupe motopropulseur et le châssis sont développés en parfaite synergie, deux éléments conçus l’un pour l’autre. Cette intégration n’est pas qu’un détail, c’est le cœur de notre stratégie concurrentielle.»
Pour briller en piste, Audi s’appuiera sur un duo de pilotes équilibré avec Nico Hulkenberg, plus de 250 grands prix au compteur chez Sauber, Force India, Renault, Haas et Stake. L’Allemand sera associé au jeune Gabriel Bortoleto, l’espoir brésilien, proche de Max Verstappen et qui doit beaucoup à Fernando Alonso. L’Espagnol, convaincu de son talent avait poussé les dirigeants de Sauber à engager en 2025 le vainqueur du championnat de Formule 3 (en 2023) puis Formule 2 (en 2024).
Premiers tours de piste à Barcelone la semaine prochaine
Un show grandiose, un duo de pilotes prometteur, une voiture qui sera la grande curiosité du début de saison et de très hautes ambitions à moyen terme. Le décor est planté pour Audi, qui fera rouler pour la première fois la R26 avec le reste du plateau dans quelques jours. Les onze équipes se donneront rendez-vous à Barcelone pour des essais à huis clos, entre le 26 et le 30 janvier. Un galop d’essais de vérifications avant le début des choses sérieuses et les essais officiels à Bahreïn (11-13 février et 18-20 février). Derniers rendez-vous avant le baptême du feu à Melbourne.


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