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Pendant des années, on nous a présenté le fluor comme indispensable. Aujourd’hui, certaines études viennent troubler ce beau sourire.
Fluor et QI des enfants : 18 études sur 19 vont dans le même sens
Le rapport du National Toxicology Program, publié le 21 août 2024, ne repose pas sur une expérience isolée. Les chercheurs américains ont passé au crible des dizaines de travaux scientifiques consacrés aux effets du fluor sur le développement neurologique.
Au total, 72 études portant sur le quotient intellectuel des enfants ont été examinées. Parmi elles, 19 ont été considérées comme présentant un faible risque de biais, autrement dit une qualité méthodologique élevée.
Et les résultats sont difficiles à ignorer : 18 de ces 19 études rapportent une association entre une exposition accrue au fluor et un QI inférieur. Dans 17 d’entre elles, cette association est statistiquement significative.
Les recherches concernent notamment le Canada, la Chine, l’Inde, l’Iran et le Mexique. Plus de 7 000 enfants appartenant à 15 populations différentes sont représentés dans ces travaux.
Pour des résultats obtenus dans plusieurs pays, avec des méthodes différentes, la convergence mérite au minimum une attention sérieuse. Les défenseurs du fluor pourront toujours se consoler avec la dix-neuvième étude, celle qui n’a pas retrouvé d’association. Elle ne suffit cependant pas à effacer les autres.
Une exposition élevée au fluor associée à un QI plus faible
La conclusion du NTP est précise : les scientifiques disposent d’un niveau de confiance modéré dans l’association entre une exposition élevée au fluor et une diminution du quotient intellectuel des enfants.
Les résultats les plus solides concernent notamment des expositions correspondant à une eau potable contenant environ 1,5 milligramme de fluorure par litre ou davantage, soit le niveau fixé comme valeur guide par l’Organisation mondiale de la santé.
Il ne s’agit pas de prétendre que chaque brossage de dents fait perdre des points de QI. Une association statistique ne constitue pas, à elle seule, la démonstration d’un lien de cause à effet. Quant aux expositions plus faibles, les données demeurent insuffisantes pour établir précisément le risque.
Mais faut-il attendre de connaître chaque mécanisme biologique avant de prendre au sérieux un signal retrouvé dans autant d’études ? Le sujet concerne particulièrement les enfants et les femmes enceintes, deux populations pour lesquelles l’exposition totale mérite une vigilance particulière.
En France, le fluor bénéficie d’une promotion sanitaire depuis des décennies
Le fluor occupe une place privilégiée dans la prévention des caries. Depuis les années 1940, son utilisation s’est développée sous différentes formes : dentifrices, gels, vernis dentaires, comprimés ou encore sel fluoré.
En France, les recommandations ont évolué avec les connaissances scientifiques. Le recours au dentifrice fluoré reste encouragé, avec des quantités adaptées à l’âge de l’enfant. Contrairement aux États-Unis, notre pays ne pratique pas la fluoration systématique de l’eau potable.
Cette distinction est essentielle : appliquer du fluor sur les dents et en ingérer régulièrement ne produisent pas nécessairement les mêmes expositions. Ses bénéfices contre les caries sont établis, mais son utilisation doit tenir compte des doses.
Le Média en 4-4-2 s’était déjà intéressé à cette promotion historique du fluor dans un article consacré à Edward Bernays et aux méthodes de communication utilisées pour promouvoir certains produits auprès du public.
Reste une interrogation légitime : les parents sont-ils suffisamment informés des différences entre les bénéfices dentaires du fluor, ses effets à forte dose et les incertitudes scientifiques qui subsistent ?
En 2025, une nouvelle analyse scientifique enfonce le clou
Les recherches ne se sont pas arrêtées au rapport de 2024. En janvier 2025, une nouvelle méta-analyse menée par des scientifiques du NTP a examiné 74 études épidémiologiques consacrées au fluor et au QI infantile.
Les chercheurs ont notamment calculé qu’une augmentation de 1 milligramme par litre de fluorure mesuré dans les urines était associée, en moyenne, à une diminution de 1,63 point de QI.
Attention toutefois : cette estimation statistique ne signifie pas que chaque enfant perd exactement 1,63 point de QI à chaque augmentation de son exposition. Les mesures urinaires reflètent l’exposition globale au fluor, provenant notamment de l’eau, de l’alimentation et d’autres sources.
Cette nouvelle analyse renforce les inquiétudes concernant les expositions importantes. Pour les faibles concentrations, les chercheurs soulignent encore la nécessité de disposer de davantage de données.
Certains pays ont déjà abandonné la fluoration de leur eau
Plusieurs pays ont décidé, au fil des décennies, d’arrêter l’ajout de fluor dans leurs réseaux d’eau potable. C’est notamment le cas des Pays-Bas dans les années 1970, puis de la Finlande, dont la dernière ville pratiquant la fluoration a abandonné cette méthode en 1992.
Plus récemment, Israël a interrompu la fluoration de son eau potable en 2014. Le ministère israélien de la Santé confirme que l’eau distribuée n’y fait toujours pas l’objet d’un ajout volontaire de fluor, tout en continuant de reconnaître ses bénéfices contre les caries.
Ces décisions ne signifient pas que tous ces pays ont reconnu une toxicité du fluor aux doses habituelles. Leurs motivations et leurs réglementations diffèrent. Elles montrent néanmoins que la fluoration collective de l’eau n’est pas une évidence universelle.
En France, où le fluor bénéficie d’une longue tradition de recommandations sanitaires, le rapport américain mérite donc d’être connu du grand public. Dix-huit études sur dix-neuf, ce n’est pas une preuve que tout usage du fluor est dangereux. C’est en revanche une raison sérieuse de poursuivre les recherches et de surveiller les expositions élevées.
Car si les dents méritent qu’on s’en occupe, le cerveau des enfants aussi.


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