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France 13/05/2026 16:31 Actualisé le 13/05/2026 16:50
Au terme d’un réquisitoire accablant pour l’ancien chef de l’État, le parquet a demandé sa condamnation pour corruption, association de malfaiteurs et financement illégal de campagne. Entre autres.
Trois jours de réquisitoire qui ont viré au calvaire pour Nicolas Sarkozy. Jugé en appel dans l’affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, l’ancien chef de l’État a passé un moment particulièrement douloureux ces 11, 12 et 13 mai, face à un parquet qui l’a accablé. Au point de requérir, ce mercredi, contre l’ancien président, sept ans de prison (soit la même chose qu’avait requise le Parquet national financier en première instance) et 300 000 euros d’amende.
L’ampleur de ces réquisitions ne faisait guère de doute depuis la veille, quand Damien Brunet, l’un des trois avocats généraux, avait charcuté méthodiquement la défense du camp Sarkozy. Avant de demander sa condamnation pour tous les chefs d’accusation lui étant reproché, dont corruption, recel de détournements de fonds publics et financement illégal de campagne, en plus des faits d’association de malfaiteurs (le seul chef d’accusation sur lequel il avait été condamné en première instance).
Alors que l’ancien président de la République a déjà effectué un passage très médiatisé par la case prison dans ce dossier à la suite de sa condamnation à cinq ans de prison, il saura le 30 novembre prochain, date attendue de la décision, s’il y retourne. En cas de nouvelle condamnation, il pourra néanmoins se pourvoir en cassation.
« L’instigateur » d’une corruption au profit d’une puissance étrangère
Une chose est sûre : aux yeux de l’accusation, sa culpabilité ne fait aucun doute, quand bien même il « pensait être intouchable ». D’autant qu’en tentant de rejeter la faute sur ses proches, et notamment Claude Guéant, il s’est empêtré dans des explications douteuses, faisant surgir des incohérences. Pire, pour les avocats généraux, ce second procès a fait émerger un Nicolas Sarkozy « instigateur » du pacte de corruption noué entre son clan et les dirigeants libyens.
En effet, selon le déroulé des faits établi par le parquet, Nicolas Sarkozy est à l’origine de tractations ayant « vicié le financement de l’élection suprême de la Ve République ». Soit l’obtention de six millions d’euros de la part du régime libyen (via l’intermédiaire de Ziad Takieddine) en échange de l’abandon des poursuites judiciaires contre Abdallah Senoussi, condamné pour avoir commandité l’attentat du DC-10 d’UTA qui a fait 170 morts en 1989, dont 54 Français. « Nicolas Sarkozy a fait de ses comptes de campagne (de 2007) le réceptacle occultant de ses actions corruptrices avec le régime libyen », a martelé l’avocat général.
Devenu en octobre dernier le premier président de la République à aller en prison, Nicolas Sarkozy a continué de nier toute malversation au cours de ce procès en appel. Définitivement condamné dans deux autres affaires (celle dite des écoutes et Bygmalion), il joue toutefois beaucoup plus gros dans le procès libyen, tant sur le plan symbolique s’il est reconnu coupable de corruption par une puissance étrangère, que d’un point de vue judiciaire au vu des peines encourues.
Alors que le procès doit encore durer deux semaines - le temps pour les avocats de la défense de Nicolas Sarkozy et de ses neuf coprévenus de plaider -, les conseils de l’ancien président sont convaincus de pouvoir « démontrer sa parfaite innocence » et que « son élection n’a pas été biaisée ». C’est peu dire qu’il a gros à jouer.


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