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Alors qu’une centaine d’incendies continuent à ravager le nord de l’Ontario, des représentants des partis de l’opposition à l’Assemblée législative se sont réunis, jeudi, à Queen’s Park, des chefs des Premières Nations afin de réclamer à leur tour une enquête publique ainsi que d’importantes réformes à la gestion des feux de forêt par la province.
Ces demandes surviennent alors que le gouvernement Ford défend les efforts qu’il a déployés pour lutter contre les incendies, sans toutefois s’engager à mener un examen public approfondi.
Rappelons que l’Ontario traverse sa pire saison des feux de forêt jamais enregistrée et que plus de 2000 personnes ont dû être évacuées. Plusieurs communautés des Premières Nations ont également été ravagées par les flammes.
Les chefs que nous avons rencontrés aujourd’hui demandent non seulement des comptes, mais aussi un véritable partenariat. Une vérification complète est essentielle.
La chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Marit Stiles, soutient que l’Ontario n’était pas prêt pour la saison des feux de forêt et qu’il aura besoin du pouvoir d’une enquête publique, et de sa capacité à contraindre à témoigner, pour comprendre pourquoi.

« La crise est si grave en ce moment, et je n'ose même pas imaginer ce que l'année prochaine nous réserve », craint Pauline Drake (deuxième à gauche, chef de la Première Nation de Whitewater. « Nous avons besoin d'un plan. Nous avons besoin des ressources nécessaires. » Elle et cinq autres chefs de Premières Nations du nord de l’Ontario étaient réunis en conférence de presse à Queen’s Park, jeudi.
Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette
Quiconque mènera cette enquête et en assumera la responsabilité, indique-t-elle.
Le chef intérimaire du Parti libéral de l’Ontario (PLO), John Fraser, confirme que son parti appuie également la demande pour une enquête publique.
Nous appuyons sans réserve une enquête publique, mais nous savons que le gouvernement Ford refusera probablement d’en ordonner une.
La sécurité publique est la responsabilité première du gouvernement, souligne-t-il. Nous sommes face à une urgence de sécurité publique et, de toute évidence, nous ne sommes pas prêts.
De leur côté, les chefs de six communautés se sont réunis à Toronto pour réitérer leurs demandes déjà formulées la semaine dernière à Thunder Bay.
L’Ontario brûle, et on ne voit pas le bout du tunnel, et il n’y a aucune stratégie.
Ceux-ci souhaite une meilleure surveillance des incendies en temps réel, la création d’une autorité des Premières Nations pour la lutte contre les feux de forêt afin de prévenir et de combattre les incendies, ainsi qu’un fonds permanent de relance économique et d’indemnisation.

Certaines Premières Nations n’ont reçu aucun avis de la province concernant l’approche des feux de forêt et leurs communautés ont été contraintes d’évacuer leurs maisons rapidement, laissant tout derrière eux.
Photo : La Presse canadienne / Chris Young
Les chefs de l’opposition, qui critiquent la réponse du gouvernement depuis des semaines, exigeant également l’embauche de davantage d’équipes et une augmentation du budget alloué à la lutte contre les feux de forêt.
L’Ontario affirme avoir doublé ses dépenses d’intervention, les faisant passer de 75 à 150 millions de dollars par année, et prévoit d’augmenter ces dépenses au besoin pour chaque saison.
La province compterait actuellement 156 équipes mobilisées pour combattre les feux de forêt. Des pompiers forestiers provenant d’autres provinces sont également venus prêter main-forte ces dernières semaines. Jeudi, 100 pompiers mexicains sont arrivés en Ontario pour renforcer les effectifs provinciaux.

Le syndicat représentant les pompiers forestiers de l’Ontario estime qu’il faudrait estime jusqu’à 250 équipes pour lutter contre les feux de forêt chaque saison, un chiffre contesté par la province. (Photo d’archives)
Photo : Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario
Dans une récente entrevue avec CBC News, le président du syndicat représentant les pompiers forestiers, Jeremy Rouse, a déclaré que le gouvernement éprouve des difficultés à recruter et à retenir ces travailleurs depuis des années. M. Rouse estime qu’il faudrait jusqu’à 250 équipes pour lutter contre les feux de forêt chaque saison, un chiffre contesté par la province.
Ce chiffre provient d’employés chevronnés de la lutte contre les feux de forêt, car ils connaissent bien la géographie du nord de l’Ontario, insiste M. Rouse.
Un audit en cours
Par ailleurs, la vérificatrice générale de l’Ontario confirme mener actuellement un audit sur la gestion des incendies de végétation visant à évaluer les processus et les procédures qu’utilise le ministère des Richesses naturelles à des fins de gestion des feux de forêt, conformément à la Loi sur la gestion des incendies de végétation et aux politiques applicables.

Plus tôt jeudi, les ministres progressistes-conservateurs, dont le ministre des Richesses naturelles, Mike Harris (à gauche), ont défendu la réponse de l’Ontario. M. Harris affirme que la priorité reste de combattre les incendies en cours et qu’un bilan annuel sera effectué à la fin de la saison, en octobre. (Photo d’archives)
Photo : La Presse canadienne / Cole Burston
Ce rapport fera suite à un rapport de 2022 du bureau du vérificateur général qui avait mis en lumière des lacunes dans le plan de gestion des feux de forêt de la province.
La mise à jour sera publiée en 2027.
Avec les informations de Shawn Jeffords, CBC News


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