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C'est un phénomène auquel on n'a pas envie de s'habituer, mais qui se répète d'année en année. La France, l'Espagne ou encore la Grèce doivent faire face à des feux de forêt de plus en plus nombreux et dévastateurs. Et on ne parle plus seulement du bassin méditerranéen, puisque la forêt de Fontainebleau, à quelques kilomètres de Paris, fait face actuellement à un incendie de grande ampleur.
La Belgique est-elle la prochaine sur la liste ? Pour le colonel Stéphane Thiry, commandant de la zone de secours Luxembourg, il faut d'abord éviter les comparaisons hâtives avec le sud de l'Europe.
"Il ne faut pas comparer la France et la Belgique. Ce ne sont pas les mêmes massifs forestiers ni les mêmes problématiques. Il est très peu probable que nous connaissions des incendies de l'ampleur de ceux du Var. En revanche, nous constatons une augmentation du nombre d'incendies et des superficies touchées. Les massifs sont plus secs et nous avons régulièrement des feux de plusieurs hectares", nous indique-t-il pour commencer.
Selon lui, le défi belge n'est donc pas celui des mégafeux, mais bien celui d'une multiplication des départs de feu liée notamment aux sécheresses plus fréquentes.
Feux de forêt : au moins un Belge a perdu la vie dans les incendies en AndalousieUne doctrine inspirée de la France
Face à cette évolution, les pompiers belges ont choisi de s'inspirer directement de leurs collègues français. "Nous avons envoyé des officiers suivre la formation française "Feux de forêt". Nous n'avons pas voulu réinventer ce qui existait déjà. Cette doctrine a ensuite été adaptée à la réalité belge, à nos moyens et à nos équipements. Aujourd'hui, les cadres sont formés et, en 2026 et 2027, cette formation est progressivement dispensée à tous les pompiers."
Les véhicules évoluent également. Les zones de secours achètent désormais de plus en plus de camions capables d'intervenir aussi bien en ville qu'en milieu forestier. Rappelons aussi que la Belgique ne dispose pas de Canadair, puisque nous ne disposons pas de lacs suffisamment grands pour le remplir, et qu'on ne peut pas se servir d'eau de mer pour éteindre un incendie. Par contre, la Belgique dispose d'un dispositif spécifique pour hélicoptères appelé le Bambi Bucket. Celui-ci permet de déverser de l'eau via les airs pour éteindre les incendies.
La Belgique dispose de 3 "Bambi Bucket". ©D.R.Mieux anticiper et mieux coordonner
Au niveau politique, le ministre fédéral du Climat, Jean-Luc Crucke, défend lui aussi une approche fondée sur l'anticipation, nous indique son cabinet. Il a débloqué 850 000 euros pour financer Fire4BE, un projet destiné à cartographier plus précisément les futurs risques d'incendies de forêt en Belgique. En parallèle, un plan interfédéral est en préparation avec les Régions afin d'améliorer la coordination entre les différents niveaux de pouvoir.
Le ministre souhaite également accélérer la mobilisation de la Défense lors de catastrophes naturelles. Une rencontre avec son collègue Theo Francken doit permettre d'évaluer comment l'armée pourrait être déployée plus rapidement en soutien des autorités civiles.
Un incendie se déclare dans les dunes près de la station du CoqLe grand chantier : coordonner les secours
Sur le terrain, Stéphane Thiry estime toutefois qu'il reste une étape essentielle. "Aujourd'hui, si j'ai besoin de renforts, je dois envoyer un message dans un groupe WhatsApp à mes collègues des autres zones, souffle-t-il. Demain, nous voulons une structure capable de savoir immédiatement quels moyens sont disponibles dans toutes les zones de secours et de répondre en quelques minutes. Opérationnellement, le gain serait énorme."
Le colonel plaide également pour des accords plus souples avec les pays voisins. Des conventions renforcées entre la Belgique et la France devraient d'ailleurs être signées à l'automne afin de faciliter les renforts transfrontaliers.
"Les pompiers belges, luxembourgeois ou néerlandais sont nombreux à vouloir aider leurs collègues français lorsqu'ils sont débordés. La volonté existe. Il reste maintenant à simplifier les procédures pour que cette solidarité puisse réellement fonctionner."
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