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Budget de guerre. L’insoumission.fr et Informations ouvrières s’associent pour proposer à leurs lecteurs des contenus sur les résistances et les luttes en cours aux quatre coins du pays. À retrouver sur tous les réseaux de l’Insoumission et d’Informations ouvrières. Depuis la semaine dernière, les fermetures de classes sont connues dans les départements et c’est une […]
Budget de guerre. L’insoumission.fr et Informations ouvrières s’associent pour proposer à leurs lecteurs des contenus sur les résistances et les luttes en cours aux quatre coins du pays. À retrouver sur tous les réseaux de l’Insoumission et d’Informations ouvrières.
Depuis la semaine dernière, les fermetures de classes sont connues dans les départements et c’est une véritable hécatombe. Des milliers de classes sont menacées de fermetures sur tout le territoire, dont 184 à Paris, 175 dans les Yvelines, 110 dans l’Essonne et dans le Val-d’Oise, 296 en Seine-Saint-Denis, 150 dans les Pays-de-la-Loire, 165 dans l’académie de Toulouse, 66 dans l’Eure, 148 à Bordeaux.
Ces fermetures de classes sont la conséquence des 4 000 suppressions de postes prévues par le budget de guerre de Macron et Lecornu. Budget, rappelons-le, passé en force à coup de 49.3 grâce à la complicité du Parti socialiste qui avait décidé de ne pas censurer le gouvernement. Notre article.
Budget de guerre
Alors que les fermetures sont dévoilées, au même moment, Macron annonce la création d’un nouveau porte-avions pour 10 milliards d’euros (1/6ᵉ du budget de l’Éducation nationale) et Lecornu annonce une commande supplémentaire de munitions pour les armées de 8,5 milliards d’euros.
Depuis des semaines, parents et enseignants rejettent les suppressions d’heures, de classes, de moyens dans les écoles, collèges et lycées, conséquences du budget de guerre Macron-Lecornu. Il n’y a pas un jour sans mobilisation rassemblant très souvent parents et enseignants pour obtenir l’annulation de toutes les fermetures de classes.
Mardi 31 mars, près d’un millier d’enseignants et de parents d’élèves se sont rassemblés devant le rectorat de Paris à l’appel de la FCPE. Juliette, parent d’élève et enseignante, explique à l’Insoumission : « On va pas négocier classe par classe. Il n’y a aucune bonne fermeture de classe. En février, on avait envahi le rectorat. Je pense qu’il faut recommencer, tous ensemble, jusqu’à obtenir la fin de toutes les suppressions. »
À Lyon, une manifestation intersyndicale a décidé de tourner le dos à une centaine d’enseignants et de parents, rassemblés devant l’inspection d’académie, déterminés à récupérer leur classe, sous le regard étonné des présents regardant passer le cortège.
La détermination qui s’exprime pour les faire reculer se heurte à des obstacles. Celui des organisations syndicales qui regardent du côté de la stabilité et cloisonnent les choses : les revendications sur les classes d’un côté, le budget de guerre de l’autre. À l’image du Parti socialiste dont le groupe parlementaire a osé apporter ce matin lors de sa conférence de presse à l’Assemblée nationale « tout son soutien aux enseignants en grève, aux parents et aux élus mobilisés pour défendre l’École publique fragilisée par des suppressions de postes depuis 2017 et la diminution continue des moyens alloués à l’Éducation nationale ».
Après avoir permis à Lecornu de se maintenir et de faire passer son budget, il fallait oser ! Pourtant, en bas, un même mot d’ordre soude largement parents et enseignants mobilisés : de l’argent pour l’école, pas pour la guerre.
Des parents, des enseignants, des élèves, refusent les fermetures de classes, les suppressions de postes dans l’Eure, le Rhône, en Indre-et-Loire, l’Yonne, la Mayenne, la Côte-d’Or, la Haute-Loire, la Seine-Saint-Denis, le Val d’Oise, à Paris, à Marseille, à Toulouse, à Saint-Étienne… Leurs luttes, en image.

Le 26 mars, une centaine de personnels, parents et élus se sont rassemblés devant la DSDEN pour l’annulation des 64 fermetures de classes dans le département. 16 délégations d’écoles ont été reçues. Le 30 mars, l’École de la Ville aux Dames poursuivait la mobilisation.
Yonne – 24, 26, 27 et 30 mars
Blocages et mobilisations les 24, 26 et 27 mars dans de nombreuses écolesUne grève est décidée dès lundi 30 mars. Des écoles sont totalement fermées, d’autres non concernées par les fermetures sont en grève pour apporter leur soutien.
Le 30 mars, Vézelay, Courson-les-Carrières, Auxerre… Ils étaient 300 personnes, profs et personnels, parents et enfants mobilisés, devant la DSDEN pour l’annulation des fermetures de classes.
Mayenne – 30 mars
Photo : Blocage de l’école de CuilléLe 31 mars, plusieurs déplacements avec tracteurs et autres engins agricoles pour rejoindre la DSDEN à 9 h 00. Personnels, parents et élus des 4 coins du département présents.
Paris – 31 mars

300 parents et enseignants rassemblés devant le rectorat de Paris contre les suppressions de postes et de classes. Plus de 90 écoles de Paris sont présentes, des élus LFI sont venus les soutenir.
Lyon – 31 mars

Rassemblement devant la direction académique à Lyon avec parents, enseignants et le maire LFI de Vénissieux…
Des chansons, des slogans, le bruit des sifflets… mettent la pression sur la direction académique qui commence à reculer et annonce des annulations de fermetures dans le spécialisé et en ordinaire.
Val-d’Oise – 31 mars

300 personnels et parents d’élèves s’imposent dans les locaux de la direction départementale de l’Éducation nationale du Val-d’Oise avec leurs syndicats et entonnent le chant des gilets jaunes, pour « les postes et les salaires ».
Audience avec la direction académique pour faire annuler les 110 fermetures de classes.
Parents et enseignants du groupe scolaire Hugo/Balzac de Saint-Denis (93), accompagnés d’élus LFI de la ville« Annulation des 296 fermetures de classes ! »

Militarisation, suppressions de classes, tout est lié
La parole à un lycéen venu dans la manifestation à Marseille le 26 mars : « On va perdre des heures dans chaque lycée de Marseille, c’est en moyenne 100 heures par lycée à Marseille. (…) Ça fait bientôt trois semaines qu’on se mobilise.
Ça a commencé le 5 mars avec la journée internationale contre la militarisation de la jeunesse. Il y a eu deux jours de blocus au lycée St-Charles et en fait, en même temps que cette mobilisation, en fait, les professeurs nous ont communiqué la disparition des heures et donc directement vu que dans tous les cas, on pense que tout est lié, que le fait de la militarisation des États entraîne les pertes de budget dans les services publics et donc dans l’éducation nationale. (…) Ça fait trois semaines qu’il y a de plus en plus de lycéens qui rejoignent le mouvement. (…) On se rend compte que c’est quelque chose qui touche tout le monde et que ce ne sont pas juste quelques syndicats, quelques lycéens révoltés.
C’est vraiment tout le monde qui se mobilise : parents, professeurs, élèves. Bon, on n’a toujours pas eu de réponse du rectorat. (…) Donc nous, ce qu’on aimerait, c’est vraiment pouvoir augmenter cette mobilisation au maximum pour pouvoir faire pression. »
Marseille, le 26 mars
Au moins 2 000 manifestants à Marseille, des lycéens venus en masse, contre les suppressions de postes issues du budget 2026 approuvé par le Parti socialiste.
Source photos : MNL 13Plusieurs lycées sont encore bloqués le 31 mars.
Rosalie Albani


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