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L’usine Rayonier Advanced Materials (RYAM) a annoncé ce mercredi à ses employés l’arrêt économique temporaire de ses activités au complexe industriel de Témiscaming, en raison des nouveaux tarifs douaniers imposés par les États-Unis.
L’interruption des activités est prévue dès le 15 septembre pour une durée indéterminée, précise l’entreprise de pâtes et cartons. L’ensemble des activités du site est touché, à l’exception de l’usine de traitement des eaux usées et de la chaudière 4.
Environ 400 travailleurs syndiqués seront mis à pied à partir de cette date, en plus des cadres et des employés connexes, confirme Daniel Cloutier, directeur québécois du syndicat Unifor.
C’est excessivement difficile. Évidemment, ça crée énormément d'incertitude. Les travailleurs, travailleuses, les gens de la communauté font tout ce qu’ils peuvent depuis quelques années pour assurer la survie de ce milieu de travail, qui est si important pour la région, souligne M. Cloutier.
De son côté, l'entreprise affirme que le nombre d'employés touchés sera moindre, mais la réalité, c’est qu’on aura le chiffre exact suivant les différentes vagues, nous écrit le vice‑président principal, Alexandre Boucher.

Radio-Canada avait pu visiter l'intérieur de l'usine lors de la visite de l'ancien premier ministre François Legault en décembre dernier. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
La menace de fermeture planait depuis l’annonce de nouveaux tarifs douaniers de 50 % pour les produits envoyés vers les États-Unis.
Cette décision résulte d'un environnement commercial devenu intenable et qui rend la poursuite des activités tout simplement non viable sur le plan économique, explique l’entreprise dans une déclaration écrite.
La décision pourrait être revue en fonction de l’évolution des tarifs douaniers. Si la situation des tarifs devait évoluer, RYAM pourrait revoir la position communiquée aujourd’hui, indique Rayonier. L’usine sera ainsi mise en dormance.
RYAM n’en est pas à sa première fermeture d’usine à Témiscaming, dans le sud de l'Abitibi-Témiscamingue. En 2024, l’entreprise avait fermé sa chaîne de production de cellulose de haute pureté, entraînant la perte de 275 emplois.

Témiscaming est une ville mono-industrielle avec l'usine de RYAM. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Ils n’ont pas tort en ce qui concerne le fait qu’ils vont être affectés par des tarifs. Par contre, on sait que cette usine a été mise en position de précarité depuis déjà quelques années par les décisions qu’a prises RYAM, estime Daniel Cloutier. On ne sent pas du tout une volonté de RYAM de prévoir un avenir pour ce site.
Selon l'entreprise, il n'y a aucun des programmes actuellement mis de l'avant par le gouvernement provincial ou fédéral, dans lequel ils rentrent dans les critères, indique le directeur québécois d'Unifor.
Dans moins de trois semaines
L’usine cessera ses activités le 15 septembre, donc dans moins de trois semaines, pour terminer une commande et des essais sur un produit, rapporte Daniel Cloutier.
RYAM dit vouloir travailler en étroite collaboration avec Unifor ainsi qu’avec les gouvernements et l'ensemble des parties prenantes afin d'identifier des solutions qui permettraient une reprise des opérations.
L'aspect temporaire de la fermeture, sans temps défini, ne rassure en rien M. Cloutier pour ses membres. Les clients qu'on a, qui vont apprendre que le 15 septembre il faut qu'ils se trouvent d'autres fournisseurs, est-ce qu'ils vont revenir?, craint-il. On redoute aussi les décisions que nos membres pourraient prendre, comme d'aller se chercher des emplois ailleurs.

Le directeur québécois d'Unifor, Daniel Cloutier. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Raphaëlle Laverdière
L'entreprise serait toujours à vendre, selon ses informations.
L’industrie forestière au Témiscamingue connaît une période sombre depuis 2024. En juillet, la scierie Béarn, propriété de Chantiers Chibougamau, a fermé ses portes et une soixantaine de travailleurs ont perdu leur emploi.
Plus tôt cette semaine, le vice-président affaires corporatives de Chantiers Chibougamau, Frédéric Verreault, mentionnait sur nos ondes se préparer à d’autres impacts :


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