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Une refonte du Programme ontarien des candidats à l’immigration (POCI) élimine une voie d’entrée rapide pour les immigrants qui parlent français. Tous les candidats seront désormais sélectionnés selon les besoins de main-d’œuvre de l’Ontario, sans qu’un volet soit spécialement réservé aux travailleurs francophones.
Le programme, dans son ancienne version, comptait huit volets. L’un d’eux, le volet Travailleurs qualifiés francophones, donnait aux candidats parlant français et ayant de « solides capacités linguistiques en anglais » plus de chances d’être sélectionnés par le fédéral pour la résidence permanente, notamment par l’entremise du programme Entrée express.
La province a choisi de modifier son programme d’immigration afin de « cibler les compétences recherchées et [de] s’adapter aux mutations du marché du travail », peut-on lire dans le communiqué de presse diffusé à la fin du mois de juin.
Avant l’annonce de la réouverture du Programme d’expérience québécoise, plusieurs personnes installées au Québec s’étaient tournées vers de tels programmes pour poursuivre leurs démarches de demande de résidence permanente dans d’autres provinces canadiennes.
Cette voie d’entrée en Ontario n’existe plus depuis le 25 juin. Un nouveau, et unique, volet prendra sa place dès son entrée en vigueur au cours de l’été : le volet Priorités relatives à la main-d’œuvre en Ontario. Celui-ci permettra à la province de favoriser « des personnes possédant les compétences et l’expérience requises pour soutenir l’économie provinciale », lit-on.
L’objectif de l’Ontario est de miser sur des « profils d’expérience, déjà intégrés au marché du travail, capables de contribuer rapidement à nos efforts continus de protection de l’économie ontarienne », écrit le ministre ontarien du Travail, de l’Immigration, de la Formation et du Développement, David Piccini.
Les demandes qui étaient déjà en cours d’examen au sein de l’ancien système continueront toutefois d’être traitées, précise le ministère.
L’immigration francophone au Canada
L’immigration francophone à l’extérieur du Québec est vue, autant par les gouvernements que par les communautés linguistiques minoritaires, comme un moyen de « rétablir le poids démographique » des francophones depuis plusieurs années. Le gouvernement fédéral s’est félicité en début d’année d’avoir atteint, et même dépassé, ses objectifs en la matière l’an dernier.
« L’immigration francophone joue un rôle crucial dans la croissance économique du Canada, la promotion de la vitalité des communautés francophones en situation minoritaire et la réponse aux besoins en main-d’œuvre partout au pays », a réitéré dans une déclaration écrite une porte-parole de la ministre fédérale de l’Immigration, Lena Matlege Diab.
Celle-ci précise que l’Ontario a « pleine autorité sur toutes les décisions de désignation » au sein du POCI, mais qu’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada « continue de collaborer avec l’Ontario sur l’intégrité du programme, notamment en partageant les leçons apprises et en contribuant aux efforts visant à cerner et à corriger les vulnérabilités des volets d’immigration dans toutes les provinces et tous les territoires ».
« IRCC travaillera en collaboration avec l’Ontario à la refonte de son Programme des candidats des provinces afin de garantir que le programme demeure un outil efficace pour répondre aux besoins essentiels du marché du travail », note-t-elle.
Ce reportage bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.


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