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Fermeture annoncée : où iront les 200 réfugiés du centre d’accueil de Willowdale?

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Deux-cents réfugiés auront à être relocalisés d’ici mai à la suite de la décision de la Ville de Toronto de fermer les portes du centre d’accueil de Willowdale qui les hébergent à North York.

Selon sa porte-parole, Élise von Scheel, la Ville justifie la fermeture du refuge destiné aux demandeurs d’asile célibataires en situation d’itinérance à  la diminution [de la demande], au succès des programmes d’accès au logement et à l’intégration des personnes issues des programmes de transition au système d’hébergement permanent.

 La Ville héberge actuellement environ 9 100 personnes chaque nuit, comparativement à environ 12  000 au début de l’année dernière.

Elle indique aussi que, depuis 2018, Toronto a investi dans des refuges  plus petits, mieux adaptés aux besoins des personnes en situation d’itinérance, mieux intégrés aux communautés environnantes et plus rentables que les sites loués.

Mme von Scheel rappelle aussi que le site, situé au 5800, rue Yonge,  a toujours été conçu comme un lieu temporaire, puisqu’il s’agit d’un ancien immeuble de bureaux de grande taille qui n’a fait l’objet que de rénovations minimales pour servir d’abri de courte durée.

Une fermeture qui inquiète

Bien que la Ville assure que ses équipes  continuent de suivre la demande et d’analyser les tendances afin d’y répondre efficacement à court terme, tout en investissant dans des initiatives permanentes qui permettront de prendre soin des personnes dans le besoin à l’avenir, ni la communauté, ni les actuels résidents du centre d’accueil Willowdale ne sont rassurés.

Isaac Tumuramya considère le refuge comme son chez-soi. C’est là qu’il a atterri à son arrivée de l’Ouganda, il y a bientôt deux ans. Pour l’instant, il ignore toujours où il ira à la fermeture du centre.

 On n’est pas encore prêts. On se reconstruit. On essaie de reprendre notre vie en main.

Il n’est malheureusement pas le seul dans ce cas, soulignant que la majorité des réfugiés au centre ont des difficultés financières et ne peuvent pas se permettre de payer un loyer à Toronto.

Eddie Jjumba répondant aux questions d’un journaliste.

Le révérend Eddie Jjumba de l’Église méthodiste Milliken Wesleyan se souvient encore de la crise des réfugiés de 2023 alors qu’il avait dû ouvrir les portes de son église afin d’héberger des demandeurs d’asile sans logement.

Photo : Radio-Canada

 Ils sont tous très inquiets. Ils ont peur. Le marché du logement est très compliqué, c’est trop cher pour nous. Les exigences des propriétaires sont trop élevées, explique-t-il.

Eddie Jjumba est le pasteur principal de l’Église méthodiste Milliken Wesleyan à Markham garde un souvenir vivide de l’année 2023 alors que son église et plusieurs organisations de la communauté noire de la région avaient ouvert leur porte afin d’accueil les centaines de demandeurs d’asiles qui avaient pris d’assaut le centre-ville de la métropole canadienne.

 Nous avions décidé d’ouvrir l’église, non pas parce que nous avions des solutions ou des ressources, mais parce que nous ne pouvions plus supporter ce que nous voyions, raconte-t-il.

Le pasteur dit avoir participé aux discussions avec la Ville pour garantir aux résidents du centre une solution pour se reloger, ce qui est encourageant, mais  partagé, puisque  nombre d’entre eux n’ont toujours pas de plan. […] Beaucoup n’ont pas encore trouvé de logement.

Des demandeurs d’asile font la file avec leurs valises et leurs manteaux devant une église de Toronto.

Au plus fort de la crise des demandeurs d’asile dans le Grand Toronto, en 2023, des centaines de personnes ont demandé l’asile à l’aéroport Pearson, puis se sont retrouvées dans des églises de la région, des refuges municipaux ou dans la rue. (Photos d’archives)

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

Il se rappelle encore avoir dû refuser le logis à certains réfugiés en 2023.

 Il y avait, je ne sais pas, une dizaine ou une quinzaine de personnes qui voulaient entrer, mais je savais que l’église était pleine. […] Sachant cela, je suis rentré chez moi et ils étaient une quinzaine à l’extérieur, parfois transi de froid. J’en ai beaucoup souffert, reconnaît-il.

Les promesses de la Ville ne rassurent pas non plus la population du quartier, particulièrement avec la fermeture annoncée d’une autre centre en septembre en plus de la fermeture anticipée d’un centre d’accueil d’hiver.

Lorraine Lam est membre du groupe Willowdale in Neighbourly Community, un groupe visant à informer, rassembler et mobiliser les résidents du quartier sur les questions de logement et d’itinérance dans le but de faire évoluer les politiques et transformer les structures afin de créer une communauté prospère pour tous.

Lorraine Lam répondant aux questions d’un journaliste.

Lorraine Lam est membre du groupe Willowdale in Neighbourly Community, un groupe visant à informer, rassembler et mobiliser les résidents du quartier sur les questions de logement et d’itinérance.

Photo : Radio-Canada

 Je sais que la Ville affirme toujours que des logements seront trouvés, mais je me demande où? Où sont ces logements? Ce refuge accueille 200 personnes actuellement. Le centre d’accueil compte environ 250 personnes. L’autre refuge en accueille une centaine. Cela représente donc un total d’environ 500 personnes qui vont être déplacées, insiste-t-elle.

Une situation qui inquiète aussi le révérend Eddie Jjumba.

 Si quelqu’un minimise la situation, c’est qu’il ignore ce que c’est que d’apprendre qu’on doit partir en mai, à une date indéterminée, sans savoir où aller.

Le financement fédéral pour les centres d’accueil pour réfugiés doit également prendre fin en 2027.

En attendant, Isaac Tumuramya souligne que le personnel du refuge fait de son mieux pour l’aider, mais il peine toujours à trouver une place malgré un emploi à temps plein et un autre à temps partiel.

 Je ne pense pas que je veux aller au prochain refuge. Je dois trouver une solution. Je dois recommencer ma vie à zéro. Mais le plus difficile, c’est de trouver un logement, conclut-il.

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