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Un t-shirt rouge porté chaque vendredi peut-il vraiment faire reculer les féminicides au Cameroun ? C’est le pari lancé le 27 août dernier par le ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, relayé aussitôt par la société civile à travers l’initiative « Vendredi rouge ». Le mot d’ordre du collectif « Vendredi Rouge-Cameroun » a envahi Facebook, WhatsApp et TikTok en quelques jours à peine.
Une note de service devenue mouvement national
Tout part d’une note de service signée le 27 août dernier par la ministre Marie-Thérèse Abena Ondoa. Le texte invite le personnel du Minproff, agents centraux comme unités décentralisées, à porter du rouge chaque vendredi pour dénoncer les violences faites aux femmes et aux filles. « Disons stop aux violences faites aux femmes et aux filles », résume la ministre dans sa note. Le premier vendredi rouge a eu lieu le 28 août 2026.
La société civile n’a pas attendu longtemps pour s’approprier la cause. L’entrepreneure Laura Sen a lancé le hashtag #VendrediRouge, repris ensuite par des dizaines de comptes influents. Marthe Amassoka, entrepreneure du secteur des boissons, a affiché sa solidarité dès le début du mouvement. Le phénomène a même dépassé les frontières du ministère, avec des centaines d’internautes qui ont associé leur image à la cause sur les réseaux sociaux.
Entre colère, justice réclamée et sanctions attendues
Les réactions recueillies dans la foulée de la campagne montrent une société fatiguée. Sara Sylvie Njock, assistante de direction, résume ce sentiment sans détour. « Nous ne pouvons plus nous taire et rester comme si de rien n’était. Ne se passe plus un jour sans qu’on apprenne la mort d’une jeune fille sous des coups violents », confie-t-elle. Jeanne Ngo Nlend, journaliste, va plus loin en réclamant justice pour « toutes les victimes, des conditions inhumaines, tantôt étrangères, tantôt poignardées ».
Du côté des institutions, le ton se veut plus juridique. Benjamin Ngongang, vice-président du parti politique MP3, appelle à punir fermement les agresseurs et dénonce le silence trop longtemps toléré autour des violences conjugales. Le magistrat Ulrich Ovono Ondoua insiste quant à lui sur l’éducation des garçons dès le plus jeune âge, tout en réclamant un dispositif répressif renforcé. Difficile de ne pas y voir un accord de façade qui masque un vrai désaccord sur les moyens : punir plus fort, ou éduquer davantage ? La question reste entière.
Un projet de loi spécifique sur les violences faites aux femmes est en préparation depuis la révision du Code pénal en 2016. Selon la chercheuse Sandrine Sonfack, ce texte attend toujours son passage au Sénat avant adoption par le Parlement. Le chiffre fait mal quand on pense au nombre d’années déjà écoulées sans cadre juridique dédié.
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Alain-Claude Ndom
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.


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