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Un certificat allemand qui doit convaincre les Camerounais que le « Bome François » soigne le cancer. Voilà ce qui circule depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux, brandi comme une preuve scientifique irréfutable. Sauf que le document ne tient pas la route cinq secondes face à un œil un peu attentif. Fautes grossières, institutions mélangées, signature douteuse : tout sent le montage grossier destiné à vendre du rêve, et surtout des bouteilles.
Un document truffé d’incohérences
Le certificat prétend émaner du Bundesministerium für Gesundheit, le ministère fédéral allemand de la Santé. Première alerte : le mot « Deutsche » y est orthographié « Deutshe ». Une administration allemande, réputée pour sa rigueur justement invoquée par les promoteurs du produit, ne laisserait jamais passer une faute pareille sur un document officiel.

Le texte cite aussi l’ANSM, qui est une agence française, pas allemande. Et le BfArM, institut allemand des médicaments, apparaît à côté d’une mystérieuse « Direction européenne pour la qualité des médicaments » qui n’existe dans aucun organigramme officiel. Douze principes actifs reconnus contre douze pathologies différentes, dont le cancer. Aucune trace de cette autorisation sur les sites publics du BfArM ou de l’Agence européenne des médicaments, où chaque validation de ce type est pourtant consultable en quelques clics.
Le nom « Herr Excellence Ekoto Bauträger » pose lui aussi question. Un titre honorifique allemand accolé à un nom qui sonne comme un montage improvisé. Franchement, ça pose question sur qui a rédigé ce papier, et avec quel logiciel de traduction approximatif.
Une manipulation qui joue sur la détresse
Ce genre de faux document n’est pas nouveau au Cameroun. Des produits de médecine traditionnelle circulent régulièrement affublés de labels européens censés leur donner une caution scientifique qu’ils n’ont pas. Le procédé fonctionne parce qu’il vise des personnes fragilisées, souvent en quête désespérée de traitements contre des maladies graves.
Présenter un remède comme validé contre le cancer sans la moindre étude clinique publiée relève d’une tromperie qui peut coûter très cher à des malades qui retarderaient un vrai traitement pour se tourner vers ce genre de solution. C’est un tournant que les autorités sanitaires camerounaises ne peuvent plus se permettre d’ignorer.
Le ministère de la Santé publique et les instances de régulation pharmaceutique devraient s’autosaisir de ce dossier. Personne ne s’y est vraiment opposé jusqu’ici, et c’est bien le problème.
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Laurent Diby
Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais. Email: [email protected]


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