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Life 05/07/2026 11:00
Les vacances riment souvent avec liberté. Mais faut-il mettre de côté les bonnes habitudes ? Sommeil, repas, écrans… Conseils d’une psychologue pour trouver le bon équilibre.

enigma_images / Getty Images
Mother and son having fun in public park, eating ice cream
EN BREF • Les routines sont essentielles pour la sécurité et l’autorégulation des enfants, même en vacances, selon la psychologue Victoria Dumont-Verfaillie.
• Néanmoins, un cadre plus flexible de temps en temps favorise les souvenirs et la créativité.
• Pour éviter des difficultés à la rentrée, il est conseillé de rétablir progressivement un rythme de sommeil plus cadré deux semaines avant la reprise.
Enfin les vacances ! Pour les enfants comme pour les parents, c’est l’occasion de ralentir le rythme, de laisser un peu de place à l’imprévu et de profiter de moments en famille sans regarder l’heure. Résultat, les journées s’étirent, les couchers aussi, les repas deviennent plus spontanés et les écrans prennent parfois un peu plus de place.
Mais jusqu’où peut-on relâcher les règles du quotidien ? Alors que, le reste de l’année, les journées sont rythmées par des habitudes et des horaires bien établis, mettre ces repères entre parenthèses le temps de l’été est-il recommandé ?
La routine, un repère précieux pour les enfants
Pas forcément, nous explique Victoria Dumont-Verfaillie, psychologue clinicienne spécialisée en parentalité à Caen (Calvados), car les routines sont importantes pour les enfants : elles leur apportent un sentiment de sécurité et de prévisibilité, mais permettent aussi de réduire la charge cognitive. « Comme l’enfant sait ce qui va se passer, cela diminue les conflits, les négociations permanentes, etc. », développe Victoria Dumont-Verfaillie.
Avoir des points d’ancrage tout au long de la journée participe aussi au mécanisme d’autorégulation. Par exemple, un enfant qui a faim mais qui sait qu’il va bientôt manger sera plus à même de patienter sans râler. Ces repères sont donc aussi utiles aux parents ! « Parce que tout n’est pas renégocié à chaque fois, ils sont plus disponibles émotionnellement », résume la psychologue.
Assouplir les règles sans les oublier
Même en vacances, alors que le quotidien est chamboulé, il est donc important de conserver des repères familiaux stables pour les enfants. Cela passe par des repas réguliers, des temps calmes quotidiens et un rituel du coucher similaire, même si son heure peut être un peu plus tardive. « L’idée est vraiment d’alléger la routine sans la supprimer, insiste Victoria Dumont-Verfaillie. Par exemple, pour le temps d’écran, on peut expliquer à l’enfant qu’il a droit à un dessin animé supplémentaire parce qu’il est en vacances, sans totalement enlever la règle. »
Ce cadre assoupli, sans horaires stricts, a aussi ses vertus, en particulier pendant les vacances. « C’est le moment propice pour construire des souvenirs qui vont aussi participer au développement de son enfant : partager des activités, faire des découvertes, manger un peu plus de glaces parce que ça nous fait plaisir… S’ennuyer aussi, car l’ennui est source de créativité ! », illustre l’experte.
Plutôt que de se focaliser sur les horaires du repas ou de coucher, elle recommande plutôt de regarder comment se comporte son enfant. « Si en le couchant un peu plus tard, on constate que son humeur reste constante, qu’il dort bien, qu’il mange bien, c’est que ce cadre assoupli lui convient, résume Victoria Dumont-Verfaillie. En revanche, si les fins de journée sont plus difficiles, que les réveils sont compliqués, qu’on remarque qu’il a plus de mal à gérer les émotions négatives ou que les disputes dans la fratrie sont plus fréquentes, c’est le signe qu’il faut revenir à un cadre un peu plus serré, en particulier en ce qui concerne le sommeil. »
Anticiper le retour au rythme de rentrée
Ce qui ne veut évidemment pas dire qu’un coucher tardif pendant les vacances va forcément avoir des conséquences négatives, pondère la psychologue. « Coucher un soir son enfant un peu plus tard, ce n’est pas grave. Ce qui compte, ce n’est pas tant l’heure de coucher que la quantité de sommeil et sa qualité. »
Pour autant, mieux vaut éviter de faire de ces couchers retardés une habitude, en particulier chez les tout-petits. « On peut assouplir l’heure du coucher, mais il faut quand même éviter d’accumuler un énorme décalage tout l’été. » Au risque que son enfant ait du mal à retrouver le rythme de l’école ou de la crèche à la rentrée.
Pour éviter que cela se produise, Victoria Dumont-Verfaillie recommande d’anticiper. « Deux semaines avant la reprise, il faut essayer de reprendre un rythme un peu plus cadré, notamment au niveau du sommeil. » Non pas en couchant son enfant plus tôt… Mais en le réveillant plus tôt le matin. « C’est vraiment l’heure de lever le matin qui va conditionner le niveau de fatigue du soir. Il va donc falloir recaler en priorité cette heure pour qu’il se réhabitue à se coucher tôt le soir. »
Victoria Dumont-Verfaillie invite surtout les parents à ne pas culpabiliser. Des couchers après 22 heures, plusieurs glaces dans la journée ou une après-midi devant la télé ne mettront pas en péril l’équilibre de son enfant. « On reste des parents pendant les vacances, on fait comme on peut », rappelle-t-elle. L’important est surtout de préserver un cadre suffisamment stable pour qu’il profite pleinement des vacances… Et retrouve sereinement le chemin de l’école ou de la crèche à la rentrée.


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