La forêt séduit de plus en plus. Pas seulement les promeneurs, mais aussi les investisseurs qui aiment ce marché toujours en hausse et quasi sûr.

Olivier Delahaye - Aujourd'hui à 16:28 - Temps de lecture :

Près de 75% de la surface forestière (12,7 millions d’hectares) est détenu par des propriétaires privés Photo Mourad Allili/Sipa

Près de 75% de la surface forestière (12,7 millions d’hectares) est détenu par des propriétaires privés Photo Mourad Allili/Sipa

Les forêts couvrent un tiers du territoire français. Habitat naturel de nombreuses espèces, elles sont également précieuses pour leur capacité à capter le carbone (environ 10% des émissions française de gaz à effet de serre).

Certains acteurs la voient aussi comme une source de profit : le bois est une matière première pour de nombreux secteurs : bâtiment, ameublement, papier…

L’Observatoire des forêts françaises, portail gouvernemental, recense trois usages principaux : bois industrie (18% de la récolte) ; bois énergie (49%) ; bois d’œuvre (33%). En 2022, la production de la filière forêt-bois atteignait 54 milliards d’euros.

Marché résilient

Près de 75% de la surface forestière (12,7 millions d’hectares) est détenu par des propriétaires privés, au sein d’un marché transactionnel dont le dynamisme est essentiellement porté par les petites parcelles (37% des transactions pour celles de moins de 10 ha).

En 2024, nous apprend le site d’achat/vente Forêt Patrimoine, 148 000 ha ont ainsi été échangés (+4,8% sur un an) pour plus de 2 milliards d’euros de volume financier. Le marché est très structuré et très encadré.

Y investir n’est pas une mauvaise idée à condition d’être patient. Car le rendement annuel est faible, entre 2% et 3%, mais il est quasi sûr. Qui plus est à l’heure actuelle où la demande en bois ne cesse de progresser.

Selon le spécialiste Terragree, le prix à l’hectare a augmenté de +122% entre 1998 et 2024, passant de 2 140 euros à 4 850 euros (soit une progression moyenne annuelle de 3%).

Avantage fiscal

Qui dit placement sûr dit remède à l’inflation. L’avantage est aussi à chercher du côté de la diversification de son portefeuille. L’investissement forestier est peu corrélé aux marchés financiers et peut servir de valeur refuge.

Il offre de plus un avantage fiscal via un crédit d’impôt de 25% de la somme investie, plafonné à 6 250 euros (12 500 euros pour un couple). Pour en bénéficier, vous devez vous engager à conserver le terrain acquis pendant au moins 15 ans et à lui appliquer un plan de gestion agréé par le centre régional de la propriété forestière.

Un peu contraignant, mais il est hors de question de faire n’importe quoi avec une forêt. Son entretien est exigeant et il est recommandé de bien connaître les essences qui la composent, car leur valeur peut être radicalement différente.

Pas facile d'accès

Le marché n’est pas non plus très facile d’accès, les biens se transmettant généralement de génération en génération.

Par ailleurs, pour une cession de forêt ou de bois de moins de 4 hectares, le code forestier prévoit que les propriétaires d’une surface boisée contiguë bénéficient d’un droit de priorité.

Quels risques ?

Enfin, l’investissement n’est pas absolument sans risque. Les arbres peuvent être attaqués par des parasites, obligeant des coupes rases. Et tempêtes et incendies sont toujours à craindre. Le moyen peut alors être d’investir dans un groupement (GFI).

De la « forêt-papier », en quelque sorte. Plusieurs sociétés de gestion commercialisent ce produit de placement.

Articles les plus lusMagazine Immobilier