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Quatrième épisode de notre série consacrée aux grands faits divers dans l’Orne. En 1852 à Saint-Philbert-sur-Orne, une femme tue sa mère avant de mourir à son tour.
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Par Maureen Marie Publié le 2 août 2026 à 5h06
Tout au long de l’été, L’Orne Combattante/actu.fr vous replonge dans les faits divers qui ont marqué le département l’Orne à travers une série spéciale. Avec son accord, les faits relayés sont issus des ouvrages de Jean-François Miniac, auteur de plusieurs livres sur les affaires criminelles locales.
Le quatrième épisode est consacré à un crime survenu en 1852 à Saint-Philbert-sur-Orne (Orne). Une femme y tue sa mère avant d’être guillotinée devant une foule immense, à Alençon.
Une femme décapitée devant 3 000 personnes
« Bientôt, le cortège tant attendu atteint le lieu traditionnel des supplices où a été érigée la guillotine et où s’agglutine déjà une immense foule avide de sensations. 3 000 personnes, essentiellement des femmes, sont venues d’Alençon et de la campagne environnante. Il est 6 heures du matin en ce 19 juin 1852 », écrit Jean-François Miniac.
Une heure plus tard, le maire d’Alençon reçoit l’acte de décès de cette femme qui entrera dans l’histoire judiciaire comme la dernière femme condamnée à mort et exécutée dans le département de l’Orne.
« La guillotinée avait été jugée devant la cour d’assises de l’Orne le 30 avril dernier, elle avait été reconnue coupable de tous les chefs d’accusation par les jurés et condamnée à mort. Aucune circonstance atténuante n’avait été retenue, la messe était dite pour cette femme de 44 ans. »
Des aveux complets à la gendarmerie
Il faut remonter quelques mois plus tôt pour saisir le sens de cette issue funeste. « À l’aube du 10 février 1852, la gendarmerie arrive au domicile de l’accusée. Cette dernière n’oppose aucune résistance. Elle leur fait des aveux complets, ajoutant de surcroît ne pas regretter ses actes. »
Tout commence dans l’arrondissement d’Argentan, à Saint-Brice-sous-Rânes précisément, deux jours auparavant. Cet après-midi-là, une femme quitte son domicile coiffée d’un bonnet noir emprunté à son mari. Elle parcourt les 20 km qui séparent son domicile de la commune de Saint-Philbert. La maison maternelle lui apparaît enfin.
« Malade et fragile, la septuagénaire vit seule avec une domestique, depuis le décès de son mari voici quatre ans. De temps à autre, ses enfants lui rendent visite… » Quelqu’un frappe à la porte. « La vieille dame se décide finalement à faire entrer la visiteuse. Surprise. C’est sa propre fille. »
Elle tue sa mère en pleine nuit
« Son étonnement est grand, car le domicile maternel a été interdit à sa fille par le maire de Saint-Philbert, depuis le 11 août 1849. Ce jour-là, en fin de soirée, une rixe opposant les deux femmes a malencontreusement conclu le dîner familial. »
Entrant maintenant dans la maison, la jeune femme lui explique qu’elle vient souper chez sa mère. « À peine arrivée dans la cave, située sous la chambre de sa maîtresse, la domestique étonnée entend un cri, bref, comme interrompu. Elle remonte quatre à quatre l’escalier. Stupeur. Elle voit sa patronne gisant dans son sang. »
Soudain, l’invité du soir bondit sur elle, un rasoir à la main. « Un rasoir dont le bout de la lame est carré. Un coup jaillit. Esquivé. Les deux femmes luttent âprement ensemble, rugueuses, haineuses. » Après avoir blessé la servante, la meurtrière s’échappe précipitamment juste avant l’arrivée redoutée des voisins.
De l’arrestation à la guillotine
Toute la nuit, la fuyarde marche à travers la campagne. Aucun détail ne lui échappe. « En arrivant à son domicile, à 6 heures du matin, elle prend soin de dissimuler l’ancien rasoir de son mari derrière une glace. »
« Dès le lendemain, les autorités judiciaires – procureur de la République, greffier et médecin chargé de l’autopsie – se rendent sur les lieux du crime. On connaît l’inéluctable suite : arrestation, aveux, procès, exécution. Alençon pour rejoindre la guillotine. »
L’intégralité de cette affaire est à lire dans Les Grandes affaires criminelles de l’Orne – Jean-François Miniac, page 73.
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