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Relativement épargnés, les consommateurs de l’Abitibi-Témiscamingue doivent se préparer à des hausses du prix de l'essence, selon CAA-Québec. Des automobilistes aux aguets tentent déjà, en date de mercredi, de flairer les dernières bonnes aubaines dans la région.
Rencontrés par hasard au centre-ville de Rouyn-Noranda, Rock Bessette et Onil Boucher ont tous deux décidé de faire le plein de leur voiture respective. Et ce, même si le réservoir de M. Bessette était encore rempli au moins aux trois quarts.
Je suis venu remplir mon char avant que le gaz tombe à deux piastres le litre, lance l’homme de 85 ans. J’ai mis 40 $. Je devrais être bon pour encore deux semaines.

Rock Bessette s'est empressé d'aller faire le plein avant la hausse prévue des prix de l'essence.
Photo : Radio-Canada / Gabriel Poirier
Les deux hommes ont profité d’un prix à la pompe de 149,4 ¢/litre, soit beaucoup moins que les montants proposés par certains détaillants. Même si le prix moyen à la pompe n’avait pas vraiment commencé à bouger à la rédaction de ces lignes, les représentants de CAA-Québec préviennent que des augmentations sont à venir.
Il y a des hausses du prix à la pompe un peu partout au Québec, explique le porte-parole Simon Bourassa. Ça varie d’une région à une autre. Cette hausse n’est pas uniforme. Certaines stations se sont approvisionnées en essence raffinée dans les dernières heures. Leur coût d'acquisition était plus élevé que dans les jours précédents. Donc oui, il y a des hausses un peu partout.
Quelques stations-service de la région ont été contraintes d'augmenter leurs prix après s'être ravitaillées. C'est le cas sur le boulevard Saguenay, à Rouyn-Noranda, où le prix a grimpé de 10 cents le litre par rapport à mardi. Le prix y est maintenant de 159,4 ¢/litre.

L'essence se vendait à 1,42 $ le litre à Ville-Marie, au Témiscamingue, au cours de la journée du mercredi 4 mars.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Des hausses plus importantes à venir
Les hausses sporadiques exercent, pour l’instant, une influence marginale sur les prix moyens enregistrés par la Régie de l’énergie en Abitibi-Témiscamingue.
En deux jours, le prix moyen est passé de 147,7 ¢/litre à 149,3 ¢/litre dans les MRC d’Abitibi et d’Abitibi-Ouest. À Rouyn-Noranda, où l’essence coûte le plus cher cette semaine dans la région, le prix moyen a augmenté de 2,7 ¢/litre, pour ouvrir à 151,1 ¢/litre mercredi matin. Le prix moyen à Montréal était, au même moment, de 161,8 ¢/litre.
« En Abitibi-Témiscamingue, il y a eu une petite hausse, mais elle n’est pas vertigineuse, ajoute Simon Bourassa. On s’attend à ce qu’il y ait des hausses plus importantes un peu partout au Québec. »
Pour les gens en Abitibi qui voient des prix à la pompe qui semblent similaires à ceux des derniers jours, faites le plein maintenant, parce que ça ne restera pas comme ça longtemps.

Le porte-parole de CAA-Québec, Simon Bourassa (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Louis-Philippe Arsenault
Ces temps-ci, les données de la Régie de l’énergie montrent que le coût moyen à la pompe est, dans la région, similaire ou inférieur à celui que l’on trouve dans des régions éloignées et des grands centres, comme le Bas-Saint-Laurent, le Nord-du-Québec, la Capitale-Nationale, Montréal, Laval, Lanaudière et les Laurentides.
Le prix moyen demeure tout de même nettement plus élevé que dans d’autres secteurs, comme le Saguenay–Lac-Saint-Jean (134,6 ¢/litre) et l’Outaouais (137,1 ¢/litre), selon les semaines du 16 et du 23 février 2026.
C’est aussi en Abitibi-Témiscamingue qu’on trouve les marges de profit les plus élevées pour les stations-service du Québec, toujours selon la Régie de l’énergie.
Des agriculteurs inquiets

Le président régional de l'UPA, Pascal Rheault (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Gabriel Poirier
Les consommateurs ne sont pas les seuls à être inquiets. Les agriculteurs de la région ont publié un communiqué pour exposer les contrecoups qu’exerce pour eux la hausse des coûts du carburant.
« Les producteurs agricoles doivent composer avec des marchés mondiaux et des marges déjà très serrées. Le revenu net des producteurs et des productrices a beaucoup chuté depuis 2023. Une nouvelle flambée des prix de l’énergie pourrait rapidement se traduire par une pression financière supplémentaire pour plusieurs entreprises agricoles », mentionne le président de la fédération régionale de l’Union des producteurs agricoles, Pascal Rheault.

Onil Boucher comprend bien l'inquiétude des agriculteurs concernant la hausse du prix du carburant.
Photo : Radio-Canada / Gabriel Poirier
« Moi, je travaille pour des fermiers, je suis tailleur de sabots. Je vois que les cultivateurs mangent de la misère », souligne Onil Boucher, qui appréhende les conséquences des coûts de l’essence. « Quand j’ai commencé, y avait beaucoup de cultivateurs, mais plus ça va, plus ça baisse. Ce n’est pas normal. »


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