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Faire des paris sur la météo?

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Les marchés prédictifs font de la météo un produit financier au moment même où les catastrophes climatiques coûtent de plus en plus cher à affronter.

Cette semaine, Bloomberg rapportait que les paris sur les températures, les chutes de neige et le fait qu’une année se classe ou non parmi les plus chaudes jamais enregistrées constituent un segment en croissance sur des plateformes comme Kalshi et Polymarket.

Cela peut sembler marginal, mais l’argent en jeu, lui, ne l’est pas.

En mars, Reuters rapportait que Kalshi avait atteint une valorisation estimée à 22 milliards de dollars américains, tandis que son volume hebdomadaire de transactions avait bondi de plus de 1000 % par rapport à 2024 pour dépasser 1 milliard de dollars américains.

Pendant ce temps, le volume mondial des marchés prédictifs a atteint 47 milliards de dollars américains en 2025, selon des analystes de Clear Street cités par Reuters.

Faites vos jeux

Le moment n’a rien d’un hasard. Pour les investisseurs, la météo n’est plus un simple bruit de fond. Elle influe désormais sur les réclamations d’assurance, les prix des aliments, la demande d’électricité, les routes maritimes et les budgets municipaux.

Au Canada, la température moyenne annuelle a augmenté à un rythme environ deux fois plus rapide que la moyenne mondiale, selon Environnement et Changement climatique Canada.

Les répercussions financières sont déjà considérables. Le Bureau d’assurance du Canada a indiqué que les pertes assurées attribuables aux phénomènes météorologiques violents ont atteint un sommet record de 8,5 milliards de dollars en 2024, soit près du triple du niveau de 2023 et douze fois la moyenne annuelle observée de 2001 à 2010.

Même après cette année record, les pertes assurées ont tout de même dépassé 2,4 milliards de dollars en 2025.

De fait, Reuters rapportait encore cette semaine que les pertes liées aux phénomènes météorologiques extrêmes en 2024 avaient atteint 9,4 milliards de dollars selon une autre mesure du secteur, tandis que les primes d’assurance habitation avaient augmenté d’environ 6 % l’an dernier.

Le Canada reste prudent

Dans un pays où les dommages liés au climat coûtent déjà des milliards, de meilleures prévisions ont évidemment de la valeur. Pouvoir négocier à partir de ces prévisions aussi.

En Europe, des négociants du secteur de l’énergie utilisent déjà des modèles d’intelligence artificielle pour prévoir plus précisément les variations de température et de précipitations, selon Bloomberg.

Le Canada, lui, n’emprunte pas cette voie pour l’instant. Le mois dernier, l’Organisme canadien de réglementation des investissements (OCRI) a défini un cadre restreint permettant aux courtiers de faciliter seulement un ensemble limité de contrats liés à des prévisions économiques, environnementales et à des indicateurs financiers.

Puis, le 2 avril, les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM) et l’OCRI ont averti qu’aucun marché prédictif n’avait été reconnu comme bourse ni inscrit comme courtier au Canada, ce qui laisse entendre que d’autres restrictions pourraient encore s’ajouter.

Un virage amorcé

Cela dit, le marché commence à prendre forme.

Interactive Brokers Canada a lancé des contrats prévisionnels en avril de l’an dernier, en affirmant que les Canadiens pourraient négocier des résultats liés à des données économiques, à des décisions politiques et à des tendances climatiques.

Wealthsimple a indiqué le mois dernier avoir obtenu l’autorisation d’offrir des contrats liés à des indicateurs économiques, aux marchés financiers et à des données climatiques, sans toutefois annoncer de date de lancement.

Il existe aussi une fracture provinciale à surveiller. Canadian Affairs rapportait le mois dernier que le Toronto Prediction Exchange prévoyait déménager en Colombie-Britannique et relancer ses activités sous le nom de Vancouver Prediction Exchange, en invoquant des discussions plus constructives avec les autorités réglementaires britanno-colombiennes.

Cela évoque un schéma bien connu au Canada : une province avance prudemment, une autre y voit l’occasion de devenir une tête de pont de la fintech. Pour les marchés prédictifs, cela signifie que le Canada pourrait ne pas se développer comme un seul marché, mais plutôt sous plusieurs climats réglementaires à la fois.

Au même moment, Ottawa tente aussi d’améliorer ses propres prévisions publiques. Environnement et Changement climatique Canada a indiqué ce mois-ci qu’il lancerait ce printemps un modèle météorologique hybride fondé sur l’intelligence artificielle.

Ce nouveau modèle devrait rendre les prévisions à six jours aussi fiables que le sont actuellement les prévisions à cinq jours, et accroître de huit à plus de vingt-quatre heures le délai d’alerte pour des systèmes majeurs comme les tempêtes hivernales, les rivières atmosphériques et les vagues de chaleur.

À retenir

Les investisseurs canadiens peuvent-ils donc s’attendre à davantage d’investissements dans la prévision météorologique? Le secteur en est encore à ses débuts, a été peu éprouvé jusqu’ici et demeure exposé aux changements réglementaires.

Mais dans un pays qui se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale, où les pertes liées aux intempéries ont déjà atteint 8,5 milliards de dollars en une seule année, faut-il vraiment faire des prévisions climatiques un actif négociable?

C’est peut-être précisément ce qui arrive lorsque le risque climatique devient trop important pour que les marchés puissent continuer à l’ignorer.


Cet article a été traduit par la rédaction du Devoir à l’aide d’un outil d’intelligence artificielle après avoir d’abord été publié en anglais dans le Canada’s National Observer.

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