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Environnement 04/07/2026 11:53 Actualisé le 04/07/2026 13:06
Si « on parle souvent des incendies sous l’angle de la lutte », la prévention reste d’autant plus capitale que le risque de départs de feu augmente, explique au « HuffPost » un expert de l’ONF.

IDRISS BIGOU-GILLES / AFP
Face aux feux de forêts en hausse, la prévention est au moins aussi importante que les Canadairs. (photo d’illustration de l’incendie qui a frappé les environs de Pouzols-Minervois dans l’Aude, le 1er juillet 2026)
EN BREF • Face à l’augmentation du risque d’incendie, l’ONF rappelle que la prévention est indispensable, notamment dès l’hiver.
• Les patrouilles estivales de l’ONF visent à sensibiliser et à intervenir rapidement sur les feux naissants.
• La sensibilisation du public est essentielle pour réduire les incendies dont l’origine est très majoritairement humaine.
L’été sera chaud. Entre sécheresse, fortes chaleurs et vents intenses, la France pourrait subir d’importants feux de forêts au cours des prochaines semaines. « On est très inquiets, […] on a un mois d’avance sur les départs de feux », a prévenu le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, lors d’un déplacement ce vendredi 3 juillet dans l’Aude, où un incendie a été « fixé » après avoir parcouru quelque 900 hectares.
Quand il a évoqué les feux de forêts face à la presse, le locataire de la place Beauvau a insisté sur les « moyens suffisants » dont la France dispose pour combattre les brasiers éventuels, en mettant en avant les Canadair, les avions Dash et autres hélicoptères bombardiers d’eau. Cette question de la lutte contre les flammes est cruciale, mais elle est loin de résumer le travail à mener face à l’augmentation et l’intensification des feux de forêts, explique Christophe Chantepy au HuffPost.
Cet expert en défense des forêts contre l’incendie (DFCI) auprès de l’Office national des forêts (ONF) rappelle l’importance de la prévention, pour éviter que les embrasements ne se multiplient. « On parle souvent des incendies sous l’angle de la lutte et des moyens qui lui sont consacrés », relève-t-il, mais des pompiers aux collectivités locales, « l’objectif partagé par tous » reste de « miser sur le préventif pour avoir moins recours au curatif ».
L’ONF est particulièrement investi dans ce volet préventif. Sa « mission d’intérêt général », autrefois cantonnée à l’arc méditerranéen, est élargie à l’ensemble du territoire depuis 2023, le risque incendie s’étant étendu avec le réchauffement climatique, comme en témoignent les feux catastrophiques qui ont frappé la Bretagne, le Maine-et-Loire ou encore le Jura.
La lutte contre les flammes s’anticipe dès l’hiver
La prévention n’a pas lieu que l’été, mais « toute l’année », martèle l’expert en DFCI, puisque l’objectif est de « préparer le territoire » en amont de la saison des feux. « Pendant les périodes hivernales », ce sont « 170 agents » de l’ONF qui se consacrent à des missions d’aménagement ou d’entretien de points d’eau (citernes, bassins, etc.) et de pistes forestières permettant aux pompiers d’intervenir plus facilement en cas de feu.
L’organisme s’assure également du « débroussaillement » à proximité des pistes, aussi bénéfique pour la circulation des soldats du feu que pour limiter la progression des flammes. L’Office national des forêts accompagne également les collectivités locales chargées, notamment, de surveiller que « l’obligation légale de débroussaillement » est respectée.
Cette dernière concerne les « propriétaires de constructions » d’une cinquantaine de départements, « dès lors qu’ils sont à 200 mètres ou moins » d’une forêt, rappelle Christophe Chantepy. Les maires qui s’assurent du respect des règles peuvent compter sur l’appui de l’ONF, dont les agents aident aussi à « sensibiliser » les locaux, décrit l’expert en DFCI. Ces débroussaillements sont très importants : ils permettent de « diminuer l’intensité du feu » s’il approchait du bâti.
Des patrouilles pour surveiller et mater les feux naissants
Pour exercer l’ensemble de ses missions en lien avec les incendies, l’ONF compte environ 300 personnes spécialisées selon Christophe Chantepy, qui précise que le reste du « personnel de gestion forestière » de l’organisme voit aussi « une part de son temps de travail » dévolu à la question des feux de forêts.
Les activités préventives de l’ONF et des autres acteurs de la défense des forêts face aux incendies s’intensifient pendant l’été, où des patrouilles sont organisées dans les massifs forestiers. D’après Christophe Chantepy, « plus de 550 agents étaient sur le terrain le 16 août lors de la journée la plus à risque » de la saison estivale 2025. Ces patrouilles visent à sensibiliser le public au risque incendie, mais aussi à verbaliser ceux qui ne respectent pas les règles de prévention – interdiction de fumer, d’allumer un feu, etc.
Les agents peuvent également bloquer l’accès à certains massifs forestiers, s’il a été interdit par le préfet, mais aussi intervenir sur des feux naissants. « L’objectif c’est de limiter le développement des flammes », expose Christophe Chantepy, soulignant que l’ONF suit « la politique de la Sécurité civile » consistant à « intervenir rapidement et massivement ». Ces 186 patrouilles de surveillance et de lutte contre les départs de feu sont composées de deux agents à bord d’un « petit pick-up avec 600 litres d’eau à l’arrière ».
Sensibiliser le public pour éviter « l’envolée » du nombre d’incendies
Côté moyens, l’expert de l’ONF juge que leur augmentation est logique face à l’augmentation du risque incendie. Ce dernier connaît une « extension géographique », mais aussi une « extension temporelle », note Christophe Chantepy, puisque « la période à risque » peut désormais s’étendre à juin, septembre et octobre. Le spécialiste salue la hausse des « dotations humaines » accordées à son organisme, en parallèle de l’extension de sa zone d’intervention en 2023.
Auprès du HuffPost, il insiste sur l’importance de la sensibilisation du grand public, alors que « 9 incendies sur 10 sont dus à l’Homme » et que « beaucoup s’expliquent par des négligences ». « Avec les feux de ces dernières années » et les campagnes de prévention qui se sont « musclées », il y a eu une « vraie prise de conscience », salue Christophe Chantepy, reconnaissant que « les gens commencent à mieux prendre en compte le risque de feu ».
Pour autant, l’expert de l’ONF invite à poursuivre et accroître les communications sur le sujet. « Il n’y a pas d’autocombustion de la végétation », pointe-t-il, « sans source d’énergie, il n’y a pas de départ de feu même avec du vent et une végétation sèche ». D’après lui, une « davantage de prévention » sera nécessaire pour « éviter l’envolée du nombre de feux » portée par le réchauffement climatique.


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