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Les conseillers municipaux ont tranché : les services de transport en commun de Sherbrooke ne seront ni bonifiés à l’automne prochain ni en 2027.
Sans avoir droit à une meilleure offre d’autobus, les citoyens devront aussi payer davantage pour financer la Société de transport de Sherbrooke (STS). La taxe d’immatriculation sera portée à 93,75 $, une augmentation de 59 $, sauf si le gouvernement provincial acquiesce aux demandes de la Ville en injectant les sommes promises d’ici la fin septembre.
La STS, qui connaît des records d’achalandage, s’est donné pour cible de croître de 3 % par année ses services pour mieux répondre aux besoins de la population, mais a dû revoir ses ambitions récemment. L’organisation paramunicipale fait face à un déficit de plus de 7,6 millions de dollars, car Québec a resserré les critères de deux programmes de subvention.
Pour redresser son budget, le conseil d’administration de la STS a besoin de l’aide financière de la Ville. Il s’est penché sur trois scénarios, qui ont été présentés vendredi dernier aux élus. Le premier scénario propose des coupes dans les services, le second, le maintien de l’offre telle quelle et le troisième, la bonification des lignes et des passages des autobus, comme prévu dans la planification stratégique 2023-2032.

La salle du conseil municipale était remplie, mardi soir.
Photo : Radio-Canada / Éli Chamberland
Comme le comité exécutif de la Ville de Sherbrooke recommande la deuxième option, les élus devaient se prononcer en faveur ou non du statu quo, mesure d'urgence qui a été approuvée à la majorité.
Tout comme la mairesse de Sherbrooke, la conseillère du district d’Ascot et présidente de la STS, Geneviève La Roche, a souligné à de multiples reprises, mardi, qu’elle allait continuer de faire pression sur Québec dans les semaines à venir.
J’ai le cœur à développer la STS et je vais tout faire pour qu’on puisse le faire dès 2027 parce qu’on aura de bonnes nouvelles du gouvernement provincial. En attendant, je pense que ce qui est le plus responsable, c’est de maintenir nos services, pour ne pas avoir à couper par la suite, a-t-elle mentionné.
« Pas maintenant »
Seules les trois conseillères de Sherbrooke citoyen ont voté contre la préservation des services. Laure Letarte-Lavoie, Fernanda Luz et Catherine Boileau tenaient mordicus à ce que la grille horaire des autobus soit améliorée.
Si on perd des usagers parce qu’on n’a pas de bons services, parce qu’on ne répond pas aux besoins, ça va prendre quoi pour les récupérer? Ça va prendre deux fois plus d’efforts, deux fois plus de coûts, a fait valoir la représentante du district de l’Hôtel-Dieu, Laure Letarte-Lavoie, qui a été à la tête de la STS lors du dernier mandat.
Je demande qu’on ne fasse pas ça, pas maintenant quand on récolte enfin les fruits qu’on a semés. Pas maintenant, alors que le transport en commun n’a jamais été aussi essentiel. Pas maintenant, quand les défis climatiques nous regardent droit dans les yeux, a-t-elle ajouté.

La STS a ajouté plusieurs services en 2025, comme la ligne express X800, et souhaitait poursuivre cette lancée.
Photo : Radio-Canada / Eli Chamberland
L’achalandage a grimpé de 5 % en 2025 et de 33 % depuis 2019 à bord des autobus de la STS, révèle son dernier rapport annuel.
Les chauffeurs ont manifesté devant l’hôtel de ville, mardi, avant le début de la séance du conseil, pour demander aux élus de ne pas laisser tomber la STS. Ils espéraient que la Ville augmente son financement pour bonifier les services. Une vingtaine de chauffeurs ont été mis à pied en juin en raison des pertes de subventions.


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