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Un récent article du Journal de l’Association médicale du Canada diffuse les données les plus à jour sur l’empreinte du cancer sur la population canadienne. Il vaut la peine de noter que ces résultats incluent des données du Québec, qui n’étaient pas compilées similairement avant 2025.

En absolu, le nombre de gens vivant avec un diagnostic de cancer augmente. C’est principalement dû à une population plus nombreuse, mais aussi plus âgée. On doit cependant noter que l’incidence, c’est-à-dire le nombre de nouveaux cas par tranche de 100 000 habitants, est en baisse. Le taux de mortalité suit aussi cette tendance à la baisse. Il n’en demeure pas moins que le cancer s’inscrit comme étant la première cause de mortalité. En conséquence, par sa morbidité et sa répercussion sur les années de vies perdues, le cancer demeure un défi primordial de santé publique.

C’est particulièrement vrai au Québec, où l’on trouve, avec une différence notable, les taux de diagnostic et de mortalité par cancer les plus élevés au Canada. L’étude n’était pas dirigée vers les raisons de ces écarts et ne permet donc pas de les déterminer, mais elle donne assurément la base et la raison d’études plus poussées devant être conduites pour les expliquer.

L’évaluation dans le temps de l’impact du cancer montre aussi qu’il est possible d’en faire influer la courbe. La fatalité que plusieurs attribuent au mot cancer doit et peut laisser le pas aux initiatives pour le contrer. Retenons trois mots : prévention, traitement, recherche.

De fait, ces statistiques récentes nous démontrent que les actions individuelles et collectives réduisent l’expérience négative en lien avec le cancer. Les mesures de lutte contre le tabagisme entreprises il y a quelques décennies portent leurs fruits, le nombre de nouveaux diagnostics de cancers qui y sont associés étant en baisse. Ainsi, les mesures de prévention, lorsqu’elles sont bien ciblées et adoptées par la population, produisent les effets escomptés.

Il faut cependant reconnaître que tous les cas de cancer ne sont pas liés à de tels facteurs de risque modifiables. Ainsi, même si on éliminait des éléments comme le tabagisme, la consommation d’alcool, le surpoids et la sédentarité, le cancer demeurerait un diagnostic fréquent. Tout dépendant des études populationnelles que l’on cite, on établit qu’environ 4 cas sur 10 pourraient être évités en lien avec des risques modifiables. En conséquence, il est nécessaire d’agir autrement que par la prévention, pour ceux — et ils sont majoritaires — que la prévention ne rendrait pas immuns à cette pathologie.

Le dépistage de divers cancers, comme ceux du sein, du colon, de la prostate, du poumon et du col de l’utérus, permet un diagnostic précoce. Et les statistiques récentes démontrent que les programmes structurés en cancer du sein, du colon et du col de l’utérus sont liés à un effet sur la mortalité, qui s’infléchit. On a certainement raison d’accentuer cet état de fait, notamment en touchant plus de gens admissibles au dépistage par des systèmes organisés et en réduisant l’âge à partir duquel le dépistage est fait. Des études bien constituées démontrent d’ailleurs la validité de cette stratégie dans la lutte contre les cancers du sein et du colon.

Le taux de survie a aussi augmenté, et ce, si l’on inclut tant les maladies précoces que les cas plus avancés. Les programmes de recherche visant tant l’amélioration des diagnostics que la progression et l’accès à de nouvelles thérapies réduisent le nombre d’années de vies perdues à cause du cancer. Notons par exemple l’apport important de l’immunothérapie, introduite il y a environ une décennie. Mais il y a plus que les nouveaux traitements. L’organisation des soins est aussi à souligner, puisque la reconnaissance de l’influence de la prise en charge en temps opportun et de l’instauration d’un plan d’investigation et de traitement adaptés est un ajout essentiel pour véritablement agir efficacement contre le cancer.

Il y a donc des raisons de croire — plusieurs utiliseront le mot espérer — que les actions humaines peuvent contrer le cancer. Les actions personnelles, comme adopter des habitudes de vie moins susceptibles d’être associées au cancer, participer aux programmes de dépistage et reconnaître les symptômes nécessitant une investigation. Les actions collectives, pour assurer le financement et la coordination des actions qui permettent d’offrir les soins appropriés à chaque personne atteinte ou à risque de l’être. Les activités de recherche, pour accroître notre éventail de connaissances.

Parmi ces connaissances, les données québécoises doivent inciter à agir et à chercher les causes de l’incidence plus élevée de cancer, en implantant des activités de dépistage plus énergiques, en concertant les efforts et les ressources en lien avec le grand nombre de gens atteints et qui le seront. Les données publiées ne peuvent plus laisser place à l’attentisme qui caractérise trop souvent notre système de santé, que l’on sait bon dernier au pays, par exemple, en modulation du dépistage du cancer du sein et du côlon.

Scientia potentia est. Le savoir est le pouvoir, nous a appris Francis Bacon. Sachons agir et ne pas simplement constater ces statistiques comme une finalité, car, même si elles s’améliorent, elles constituent encore un grand enjeu de santé publique.

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