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Par Lucas Minisini
Publié aujourd’hui à 05h00Article réservé aux abonnés
ReportageDans la campagne des législatives qui bat son plein en Israël, le quotidien progressiste est un des derniers médias critiques de la politique du premier ministre. A l’origine d’enquêtes mettant en cause la coalition de droite et d’extrême droite au pouvoir, le journal doit faire face à des accusations de trahison pour sa couverture du conflit à Gaza, à des actes de violence et à des mesures de rétorsion du gouvernement.
Dans le sud de Tel-Aviv, un simple vigile veille sur le siège de Haaretz. Le célèbre quotidien israélien, dont le nom signifie « la terre » en hébreu, l’a récemment engagé pour renforcer son dispositif de sécurité. Dans la nuit du 7 au 8 juillet, un individu masqué a lancé deux briques sur la porte vitrée à l’entrée de la rédaction. Un mois plus tard, un suspect, qui s’en serait aussi pris à d’autres médias israéliens, est arrêté et mis en examen. Dans une lettre de revendication mentionnant Haaretz, parmi d’autres cibles, l’assaillant présumé a précisé : « La prochaine fois, une de ces briques visera l’une de vos têtes. Quelqu’un finira par mourir. »
Malgré la violence et les menaces, le journal refuse de se barricader. Pour accéder à ses bureaux, il suffit de passer un portique de sécurité qui s’ouvre grâce à un badge magnétique, avant de monter des escaliers décorés de photographies et d’imposants tableaux signés par des artistes israéliens et palestiniens. Au premier étage, entre quelques écrans de télévision et des drapeaux arc-en-ciel en soutien à la communauté LGBT + accrochés au plafond, de longues rangées d’ordinateurs rassemblent plusieurs dizaines de journalistes de la rédaction.
Au premier sous-sol, derrière une porte sur laquelle est collé un autocollant « Fuck Ben Gvir », du nom du ministre de la sécurité nationale, suprémaciste juif, appartenant à la coalition de droite et d’extrême droite actuellement au pouvoir, se trouve une vaste salle de sport équipée d’une table de ping-pong qui débouche sur un studio d’enregistrement flambant neuf.
Dimanche 27 septembre, en début d’après-midi, Linda Dayan, Judy Maltz et Allison Kaplan Sommer y enregistrent leur podcast hebdomadaire, « Haaretz Podcast Election Edition », qui décortique la campagne des législatives israéliennes, prévues un mois plus tard, le 27 octobre.
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