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Fabien Galthié : «On ne s’est pas attardé sur le match contre l’Écosse»

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Le sélectionneur a refusé de revenir sur la défaite à Murrayfield, préférant se projeter sur le Crunch contre l’Angleterre. «Remporter ce Tournoi, c’est ce qui nous anime.»

Expliquez-nous pourquoi vous avez choisi d’offrir une première sélection à Matiu ?
Fabien Galthié : Il fallait reconstituer notre troisième ligne avec la suspension d’Oscar (Jegou) et le forfait d’Anthony (Jelonch). Il a ressenti mercredi une gêne à ischio-jambier et l’examen a confirmé un petit signal. La règle veut qu’on ne prenne pas de risque. On reconstitue donc notre troisième ligne avec Ollivon en 8 et Matiu en 7. Temo, c’est un mélange de vitesse de puissance et d’adresse, son profil est complémentaire avec François et Charles... Je pourrais aussi parler du clin de l’histoire. Son papa, Legi, a débuté en équipe de France en 2000. Un match au pays de Galles que j’ai joué. Un moment difficile pour lui et sa famille (il avait perdu sa fille quelques jours plus tôt, NDLR). Il avait décidé de jouer ce match et on avait construit notre performance autour de lui. Ça reste un moment spécial...

Pourquoi n’avoir pas titularisé Nouchi, remplaçant lors des quatre premiers matchs de ce Tournoi ?
C’est un choix justifié par nos observations, les performances. Lenni (Nouchi) a eu l’opportunité de jouer quatre matchs avec nous. Depuis octobre 2024, Matiu se prépare avec nous. On trouve intéressant de lui donner une opportunité avec ce que l’on voit de ses entraînements.

À lire aussi XV de France : Galthié dévoile son équipe pour défier l’Angleterre, Jelonch forfait et première pour Matiu

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Pourquoi avoir placé Ollivon en 8 et non Matiu ?
On a privilégié l’expérience. Charles va vite, est très adroit, il a un rôle important en touche. C’est un joueur très éclectique, capable de jouer sur plusieurs registres. Et je trouve qu’il est très complémentaire avec Matiu, Cros et la deuxième ligne.

On s’est donné le droit de jouer ce match pour la gagne. On fera le bilan plus tard, sur les grands moments et les moments difficiles

Avec le recul, avez-vous compris les raisons de la défaite à Édimbourg ?
On est passé dès lundi au match contre l’Angleterre. On ne s’est pas attardé sur celui contre l’Écosse. C’est notre méthode de travail habituelle : se projeter. On s’est donné le droit de jouer ce match pour la gagne. On fera le bilan plus tard, sur les grands moments et les moments difficiles. Là, on a basculé tout de suite sur l’Angleterre...

Vous cherchez à positiver ?
Le passé, c’est le passé. Le rugby international provoque des charges émotionnelles intenses dans les deux sens. On a basculé sur l’Angleterre, c’est ça qui nous intéresse.

Comment a réagi Antoine Dupont à son match raté contre l’Écosse ?
Ça fait partie du jeu. L’équipe de France, c’est une équipe d’êtres humains. On est parfois très bons, parfois un peu moins. On en a conscience. Antoine est un joueur exceptionnel mais aussi un être humain avec des passages plus compliqués. Mais il assume. Comme nous assumons. Il n’y a rien de grave, rien de particulier. Ça fait partie du chemin.

Quand vous parlez de Grand Chelem, je trouve que, par moments, vous ne vous rendez pas compte de la qualité des adversaires et de la difficulté de cette compétition

Quels rapports avez-vous avec les leaders de votre équipe ?
Plutôt que des leaders, je les appelle des responsables. Nos relations sont très constructives, très engagées, très passionnées. Elles sont ouvertes. Qu’est-ce que je pourrais vous dire de plus… Elles sont très agréables. L’équipe de France, c’est d’abord une joie, un plaisir partagé. Et une responsabilité fantastique. Et, bien sûr, il y a l’émulation. Il est important de créer une compétition en interne pour nous pousser à donner, à aller chercher le maximum.

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Êtes-vous surpris par le Tournoi raté (1 victoire, 3 défaites) de l’Angleterre ?
Ils ont abordé ce Tournoi avec 12 victoires consécutives. Et des ambitions légitimes. Mais, eux aussi, ont traversé des moments plus difficiles. Les résultats ne correspondent pas à leurs attentes. Ils sont surtout liés à la difficulté de cette compétition. Mais ils sont toujours redoutables. Ils se présentent avec des points forts et une stratégie très clairs : une grosse conquête, une pression permanente dans toutes les zones avec du jeu au pied haut de pression.

Qu’est-ce que ça change de jouer la victoire finale et non plus le Grand Chelem ?
Il faut respecter tous les adversaires. Quand vous parlez de Grand Chelem, je trouve que, par moments, vous ne vous rendez pas compte de la qualité des adversaires et de la difficulté de cette compétition. C’est un peu négliger, simplifier, dénigrer les adversaires. Ce qui n’est pas notre cas, ne vous inquiétez pas. Notre équipe est ambitieuse, les joueurs croient en leur niveau individuel, croient au potentiel de l’équipe. À chaque début de compétition, on est légitimement ambitieux... Mais après, je n’ai pas d’avis sur votre question.

Sentez-vous vos joueurs revanchards après la défaite en Écosse ?
On joue la victoire dans le Tournoi, c’est ça qui nous anime. C’est simple.

Pourquoi l’équipe de France va-t-elle assister aux répétitions de Roméo et Juliette, ce jeudi, à l’opéra Garnier ?
C’est un choix que j’assume depuis toujours. On vit à Marcoussis de manière très isolée depuis sept semaines. À travailler, se préparer. Quand on joue au Stade de France, on part toujours deux jours avant pour revenir dans la ville et dans la vie. On fait venir chaque semaine des gens qui viennent partager leurs expériences, dont les parcours peuvent nous espérer. On avait ainsi reçu il y a deux ans Marie-Agnès Gillot, danseuse étoile exceptionnelle qui nous avait fait forte impression. On va donc voir les danseurs travailler, échanger avec eux, découvrir tous ensemble ce lieu mythique qu’est l’opéra Garnier. Ça permet de prendre un peu de hauteur. Et c’est important avant les grands matchs.

Propos recueillis en conférence de presse 

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