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L’armée américaine, qui a déployé une dizaine de navires, a appelé Téhéran au «professionnalisme», alors que les gardiens de la révolution ont annoncé une série d’exercices en mer.
Passer la publicité Passer la publicitéTéhéran et Washington bombent le torse. À partir de ce dimanche, le détroit d’Ormuz devrait servir de décors aux manœuvres d’intimidations réciproques. Les gardiens de la révolution vont y mener «un exercice naval de tir réel de deux jours», a indiqué le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), mettant en garde contre toute «action dangereuse» à proximité des forces américaines.
L’Iran a déjà averti que de «nombreuses» bases américaines dans la région se trouvaient à portée de missiles iraniens. Il a également menacé de bloquer le détroit d’Ormuz, point de transit clé pour les approvisionnements énergétiques mondiaux. Les exercices auront-ils lieu ? L’Iran n’a plus communiqué sur le sujet depuis vendredi et certains médias iraniens suggèrent qu’ils pourraient être reportés.
Quoi qu’il en soit, le Centcom a fixé clairement plusieurs lignes rouges : il ne tolérera ni le «survol de ses navires» ou de «toute installation militaire», ni «les approches de vedettes rapides», ni «le pointage d’armes sur les forces américaines». «L’armée américaine possède la force la plus entraînée et la plus redoutable au monde et continuera d’opérer avec le plus grand professionnalisme et dans le respect des normes internationales», conclut le communiqué. «Les Gardiens de la révolution iraniens doivent en faire autant.»
10 navires américains, dont l’USS Abraham Lincoln
Un avertissement qui n’a pas été laissé sans réponse côté iranien. «Opérant au large de nos côtes, l’armée américaine tente désormais de dicter la manière dont nos puissantes forces armées devraient mener des exercices de tir sur leur propre territoire», s’est insurgé sur X le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi. Le gouvernement souligne aussi «l’absurdité» de ce qu’il considère comme un double discours américain.
«Le Centcom exige également du “professionnalisme” de la part d’une armée nationale que le gouvernement américain a classée comme “organisation terroriste”, tout en reconnaissant le droit de cette même “organisation terroriste” à mener des exercices militaires !» L’Iran a annoncé ce dimanche qu’elle considérait également comme «groupes terroristes» les armées européennes, en réponse à la décision de l’Union européenne (UE) de désigner les gardiens de la révolution comme «organisation terroriste».
Une «armada» de dix navires de guerre américains est actuellement déployée au Moyen-Orient, dont le groupe aéronaval USS Abraham Lincoln, qui compte aussi trois destroyers et des avions de combat furtifs F-35C. Les six autres navires sont trois destroyers et trois navires de combat littoral. Le président américain a également affirmé - sans confirmation indépendante pour l’heure - qu’une seconde armada se dirigeait vers le détroit d’Ormuz.
Ces derniers jours, Téhéran et Washington oscillent entre apaisement et déclarations belliqueuses. L’Iran s’est déclaré ouvert au dialogue et a annoncé des «progrès» dans les «négociations». Mais le régime reste «le doigt sur la gâchette», selon les mots du chef de l’armée Amir Hatami. Téhéran a aussi indiqué mettre ses forces armées en état «d’alerte maximale», tout en soulignant que certaines bases américaines de la région étaient à portée de ses missiles.
De son côté, Donald Trump a déclaré samedi que l’Iran conversait avec les États-Unis, sans toutefois donner de précisions. L’Iran «nous parle, et nous verrons bien si nous pouvons faire quelque chose», a affirmé le président américain à la chaîne Fox News. Précédemment, le président américain avait menacé à plusieurs reprises d’une intervention militaire, alors que le régime des Mollahs réprimait dans le sang les manifestations.


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