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Lassée des querelles inutiles et ravie et ravie au fond d’elle-même que nous parlions aussi souvent d’elle – parce qu’elle le vaut bien, avec son chapelet de conneries dont elle nous gratifie régulièrement et qui rend notre inspiration turgescente quand celle-ci se ramollit ! –, Sandrine Rousseau a décidé d’enterrer la hache de guerre avec Riposte Laïque. Nous l’en remercions chaleureusement en l’assurant de notre tendresse… particulière !
Ainsi, elle nous a gentiment écrit pour nous parler de ses vacances qui l’ont totalement transformée et où, nous a-t-elle confié avec une gourmandise libertine – qu’on lui soupçonnait, avouons-le honteusement ! –, qu’après avoir tâté en vain du déconstruit, elle aurait goûté aux joies du mâle blanc, mangeur de viande et amateur de gauloiseries diverses et variées, pourtant prohibées par les commandements écolo-wokistes, bien plus nombreux que dix !
On ne peut, hélas, retranscrire son courrier en l’état, car, ainsi qu’Antoine Galland édulcorant jadis les épisodes les plus croustillants – et contrevenant à la bienséance de son époque – dans sa traduction des Mille et Une Nuits, nous sommes contraints et forcés de lisser à notre tour les propos par trop audacieux de Sandrine.
Pour reprendre très librement les paroles de Brassens autour d’un animal qui voulait perdre ce que Sandrine a perdu depuis longtemps, nous dirions que :
« La suite serait délectable,
Malheureusement, je ne peux
Pas la dire, et c’est regrettable,
Ça nous aurait fait rire un peu ;
Car Sandrine, au moment suprême,
Riait beaucoup, tenait l’bon bout,
Avec l’homme que, le jour même,
Elle avait ravi d’partout. »
Nous avons même cru un instant à quelque désinformation russe – parce que le camp du Bien, lui, ne ment jamais, les inquisiteurs du vice public audiovisuel vous le diraient mieux que nous ! –, mais étant donné les clichés accompagnant la lettre de Sandrine, nous avons dû nous résigner à l’évidence : elle s’était payée du bon temps et mieux encore. Ce que nous nous efforcerons de retranscrire avec le moins de vulgarité et le plus de sous-entendus possible, avec toujours à l’esprit que nous y sommes contraints par l’air du temps, qui ne sent pas aussi bon en matière de liberté que le parfum éponyme des jeunes filles en fleurs.
La raison de ce revirement était inévitable, nous écrit Sandrine. Car, après une rencontre infructueuse, sur le plan qui nous occupe – et sur lequel nous nous efforçons de mettre un voile de pudeur hypocrite ! –, avec un mangeur de graines berçant leurs nuits de considérations antifascistes, tout en éteignant la lumière pour la rapide bagatelle, après avoir mutuellement signé un document de trente pages A4 stipulant le plein consentement des deux parties et acceptant toutes les clauses restrictives expressément demandées par lesdites deux parties avant de faire la chose, Sandrine s’est ennuyée. Et nous savons grâce au poète (Baudelaire) que, « Dans la ménagerie infâme de nos vices », c’est le pire.
Évidemment, transformer des ébats, si affligeants fussent-ils, en séance notariale déconstruite, il y a de quoi débander… son arc amoureux ! Sandrine, rompue à cette sorte d’exercice – je parle de l’acte notarié, pas du reste ! –, s’est soudain sentie mal dans sa chair frustrée par tant de contraintes futiles qu’elle s’était imposées depuis une éternité. Et l’éternité c’est long, surtout à la fin, disait Woody Allen.
Donc, plantant là son écolo-déconstruit et ébaubi, serrant très fort un Che Guevara en peluche pour ne pas trop montrer son chagrin de perde son idole écolo-matriarcale, Sandrine, décidée pour de bon à s’encanailler dans la France profonde, fila à l’aventure. C’est sur une placette d’un village du Périgord de je ne sais plus quelle couleur, alors qu’elle s’octroyait une pause-déjeuner en dévorant un sandwich aux radis, que ses narines se gonflèrent spontanément d’excitation à l’odeur alléchante d’un poulet en train de rôtir, nous avoue-t-elle, facétieuse. Ce n’était qu’un début car, lorsqu’elle pénétra dans la boutique qui vendait ces sortes de mets – on appelle ça une boucherie-charcuterie –, elle tomba en pâmoison à la vue d’un gaillard bien solide – et bien pourvu, raconte-t-elle en détail, mais la bienséance, vous savez ! –, au tablier maculé de taches de sang, tenant un couteau bien dur et long, la regardant avec, lui aussi, une certaine concupiscence dans ses yeux humectés de promesses.
On ne peut tout révéler. Toutefois, ce que l’on peut vous accorder, chers lecteurs, c’est que la pâmoison fut ultérieurement et généreusement consommée, puisque le gaillard en question n’avait jamais goûté de l’herbivore dans ses draps. C’est souvent la nouveauté qui fait tout dans ces moments ! Sandrine vécut ainsi une idylle estivale affolante et affriolante durant plusieurs semaines, pétrissant la chair à saucisses avec son amoureux, enfonçant ses doigts délicats dans de la terrine de sanglier, tranchant avec une détermination extatique quelques bonnes entrecôtes, et j’en passe, le tout en portant des tenues qui lui auraient valu le bannissement de la secte néo-féministe pour outrage aux bonnes mœurs crasseuses si quelque écologiste dénonciateur l’avait surprise, il n’en fut rien. Là-bas, cependant, les tenues incriminées attiraient une clientèle masculine nombreuse et baveuse. Ah, ces parties de barbecue, de pétanque où les boules cognaient agréablement sur le sol brûlant de l’été !
Mais « le temps passe, et il fait tourner la roue de la vie comme l’eau celle des moulins », écrivait Marcel Pagnol. Sandrine dut se résigner au départ, pleurant de partout les larmes de son corps, se souvenant aussi de la chanson du Big Bazar et s’envolant comme l’oiseau.
Finalement, sur le chemin du retour, c’est un camionneur qui l’emboutit par l’arrière, alors qu’elle quittait un parking sans regarder à gauche et sans mettre son clignotant. Sandrine écouta comme une mauvaise élève les réprimandes qui lui étaient adressées – dont la question cruciale : où avait-elle obtenu son permis de conduire : dans un champ de tournesols bio ? –, avec un registre langagier sensiblement différent de celui employé par les Précieuses du Siècle de Louis XIV et moquées par Molière. Puis elle eut le malheur – pour ses convictions d’autrefois déjà bien maltraitées avec son boucher ! – de lever la tête et regarder son interlocuteur. Un fulgurant émoi parcourut soudain son corps éprouvé de mille manières par les vacances.
C’était une première, nous jure-t-elle, et elle ne voulait pas laisser passer sa chance de fuir définitivement les aigreurs de ses collègues de bureau, vociférant contre toute forme de joie. L’homme, accablé par un subit déferlement de supplications libertines, non seulement s’exécuta dans la cabine de son mastodonte mais encore demanda dans la foulée Sandrine en mariage, ce qu’elle accepta avec enthousiasme ! Depuis, elle vit le parfait amour avec son routier carnassier lui aussi, sait faire la soupe et a abandonné toute velléité politique, au grand dam de tous les déconstruits de la terre ! Depuis encore, elle n’écoute plus que du Michel Sardou. Elle trouve même Jordan Bardella et Éric Zemmour plutôt séduisants. Par contre, elle trouve que Vincent Présumey – dit le « benêt du Bourbonnais » – est repoussant ! Pouvons-nous lui donner tort ?

Nous souhaitons donc tous nos vœux de bonheur à Sandrine, tout en admettant que ses sorties nous manqueront, mais que voulez-vous, il faut s’incliner devant l’amour !
PS : pour confirmer la véracité de nos allégations, l’un de nos rédacteurs nous a adressé une photo qu’il a prise subrepticement dans un restaurant, alors qu’il se trouvait par hasard à la table jouxtant celle de Sandrine et son camionneur, tous deux en tenue de soirée. Pas de doute, sa reconstruction est complète !

Charles Demassieux
(À l’attention des juges et autres censeurs, ceci n’est que de l’humour : gras, épais, lourdaud, glucosé, saccariné, graisseux, butyrique, adipeux, pantagruélique, populiste, fasciste, si vous voulez, mais ça reste de l’humour. Et si madame Rousseau trouve cela vulgaire et dégradant, qu’elle sache que je trouve encore plus vulgaire de mépriser les agriculteurs exsangues et les femmes blanches massacrées par ceux-là mêmes qu’elle protège !)





























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