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Face à des prix du gaz et du fioul en forte hausse, réduire ses factures de chauffage est devenu une urgence pour de nombreux ménages. Une des solutions régulièrement mise en avant est la pompe à chaleur (PAC), moins énergivore. Problème : son coût, entre 10 000 et 15 000 euros à l’achat.
Même avec les aides de l’État, un ménage modeste doit payer plusieurs milliers d’euros, une somme souvent bloquante. Pour lever les freins à l’équipement, le gouvernement met en place une « offre intégrée pompe à chaleur » à compter du 1er octobre, un dispositif inédit, annoncé en exclusivité à notre journal par la ministre Maud Bregeon ce mardi, et qui s’inscrit dans son plan d’électrification présenté en avril dernier.
Quel est le principe ?
Le gouvernement souhaite permettre aux ménages de remplacer leur ancien système de chauffage (gaz ou fioul) par une pompe à chaleur air-eau sans augmenter leurs dépenses mensuelles, ni même avoir à avancer de l’argent. Concrètement, les « offres intégrées » garantissent que pour une mensualité fixe – égale ou inférieure au montant dépensé actuellement en facture d’énergie – le foyer pourra payer à la fois l’électricité de la pompe à chaleur et le remboursement de l’équipement.
Comment est-ce possible ? Les PAC consomment beaucoup moins d’énergie qu’une chaudière. Environ trois fois moins pour une température de chauffage équivalente, d’après une étude de l’Agence de la transition écologique (Ademe) de 2025. Les économies d’énergie permettent ainsi de financer l’amortissement du nouveau matériel sur trois ans, dans l’immense majorité des cas. Et après ? Le ménage profite de sa pompe à chaleur remboursée, en ne payant que les dépenses énergétiques, soit une facture divisée par deux, selon les calculs du gouvernement.
Avec ce nouveau dispositif visant l’installation de 55 000 pompes à chaleur d’ici 2028, le gouvernement veut surfer sur la réussite du leasing social automobile et ses 50 000 véhicules électriques proposés à prix contenus pour la troisième édition. Cette fois, le terme de "leasing" – utilisée par le gouvernement lui-même – est un abus de langage : il ne s’agit pas d’une location de pompe à chaleur puisque le foyer devient propriétaire de son équipement dès son installation.
Qui peut en profiter ?
Les offres sont réservées aux propriétaires aux revenus très modestes et modestes selon le barème de l’Agence nationale de l’habitat (Anah), consultable en ligne. À titre d’exemple, pour un couple avec un enfant, le revenu fiscal de référence doit être inférieur à 38 720 euros. Autre élément important, cette offre ne s’adresse qu’aux propriétaires de maisons individuelles.
Que contiennent les offres ?
L’objectif est de rendre le changement de chauffage le plus simple possible, avec une solution clé en main. « L’enjeu est de supprimer les principaux freins à l’achat : le reste à charge, la confiance dans la technologie et les démarches administratives », explique-t-on au ministère de la Transition écologique. Les offres intégrées comportent donc la pompe à chaleur (fabriquée en France ou en Europe), son installation, un contrat d’électricité à prix fixe sur trois ans, une maintenance sur trois ans, un pilotage de l’équipement pour optimiser sa consommation et enfin la recherche des aides et des moyens de financement.
« Les garanties de performance sont les plus élevées possibles, avec des entreprises sélectionnées par l’État qui ont répondu à un cahier des charges exigeant », assure le ministère. Concrètement, des professionnels vérifieront avant l’installation que le logement est adapté à une PAC, et celle-ci se devra d’être silencieuse, flexible et avec des pièces détachées disponibles dans le temps.
Sur quoi repose le modèle économique ?
Sur les aides, en grande partie. « Avec une aide moyenne de 9 800 euros par ménage. Cela représente une aide à l’investissement de 540 millions d’euros, financés par les certificats d’économie d’énergie (CEE) », nous annonce Maud Bregeon, ministre de l’Énergie. Ces CEE, dont le dispositif date de 2005, obligent les fournisseurs d’électricité à financer des actions de réduction de la consommation. Ils ont aussi le grand avantage de ne pas peser sur le budget de l’État.
Quelles entreprises peuvent proposer cette offre ?
Un appel d’offres a été lancé par l’Ademe pour inviter différents acteurs (fabricant de pompe à chaleur, installateurs, banques, spécialistes de la rénovation…) à former des consortiums. Six lauréats ont été retenus : CapConfort (Hellio Solutions/Homyos/Akéa Énergies/Winter/Alpiq/Cofidis), IZI by EDF (IZI by EDF/EDF/Domofinance), Le PAC’TE français (Alterna énergie/Saunier Duval/Cofidis), Octopus x Effy (Octopus Energy/Effy), RÉFLEX (Hello Watt/Hello Watt Rénovation/Engie), Sonepar (Sonepar/Ecair/Ace Énergie/TotalEnergies).
« Cette offre intervient au bon moment », estime Audrey Zermati. La directrice stratégie d’Effy, un des lauréats, évoque « une dynamique d’électrification » et les prix de l’énergie actuels. « Travailler sur une offre qui simplifie autant les choses pour le client, de l’installation à la maintenance en passant par la fourniture d’électricité, est assez inédit. »
Quel type de pompes à chaleur est disponible ?
Les pompes à chaleur installées par les entreprises sélectionnées seront des modèles air/eau : les calories de chaleur présentes dans l’air extérieur sont captées pour les transférer à l’eau d’un circuit de chauffage central et d’eau chaude sanitaire. Les PAC concernées sont obligatoirement fabriquées en France ou en Europe, ce qui explique l’exclusion des PAC air/air, qui sont principalement fabriquées en Asie.
Chaque offre comprend au moins un modèle de pompe à chaleur réversible, c’est-à-dire capable de chauffer l’hiver et de refroidir le logement de quelques degrés l’été en diffusant de l’eau froide. « C’est un dispositif gagnant-gagnant : c’est bon pour le pouvoir d’achat des Français, bon pour la planète et bon pour l’emploi et pour l’industrie française et européenne », avance le ministère de la Transition écologique.


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