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Divertissement 12/05/2026 15:26 Actualisé le 12/05/2026 15:28
Alors qu’Israël est dans le viseur de plusieurs pays pour sa participation à l’Eurovision, son candidat va présenter une chanson en partie française.
Par Maxime Birken et Maéva Tavares

TOBIAS SCHWARZ / AFP
Noam Bettan, artiste franco-israélien représentant Israel, à l’Eurovision 2026.
EN BREF • Noam Bettan, artiste de 28 ans, est le représentant d’Israël à l’Eurovision 2026.
• Face à la polémique liée à la situation géopolitique, il ne peut pas s’exprimer sur les controverses politiques entourant Israël.
• D’origine franco-israélienne, il espère faire carrière en France et chantera Michelle, une chanson en hébreu et en français.
Arrivera-t-il à imposer sa musique par-dessus le bruit de la polémique ? Noam Bettan, candidat israélien de l’Eurovision 2026, va chanter en hébreu, en anglais mais surtout en français lors de la demi-finale de ce mardi 12 mai, et rebelote peut-être le samedi 16 mai en finale. Un défi de taille pour ce franco-israélien qui compte parmi les favoris de cette 70e édition du concours, à en croire les prédictions des bookmakers.
Désigné comme représentant de l’État hébreu cette année, le chanteur de 28 ans est pourtant dans l’œil du cyclone à l’heure des appels au boycott et des défections de plusieurs délégations en raison de la participation de son pays. La présence d’Israël est systématiquement remise en cause depuis la réponse du gouvernement israélien à l’attaque du 7 octobre 2023 dans la bande de Gaza. Une situation géopolitique tendue à laquelle s’ajoutent les récents conflits ouverts par Israël au Liban et en Iran en 2026.
Pourtant, vous n’entendrez pas Noam Bettan évoquer ce sujet, ni les nombreuses controverses qui accompagnent sa participation. Il lui est d’ailleurs interdit de le faire. La radiotélévision israélienne qui organise l’émission La prochaine star, chargée d’élire le représentant d’Israël au concours, autorise Noam Bettan à parler aux médias à condition qu’il ne parle pas de politique et des critiques sur la participation d’Israël. Le chanteur est donc contraint d’aborder uniquement la musique et éventuellement de sa double identité puisqu’il est né en Israël de parents immigrés de France. « Je suis français : la moitié de mon cœur est française et l’autre moitié israélienne », confie-t-il à l’AFP.
Par amour du français
C’est d’ailleurs l’une des grandes particularités de ce candidat. Sa ballade, Michelle, est en hébreu avec plusieurs passages en français. Un choix logique au regard de son parcours musical. Se découvrant une passion pour la musique lors de son service militaire, il participe en 2018 à Aviv ou Eyal, un télé-crochet israélien. Grâce à son interprétation de Formidable de Stromae, il termine troisième du programme.
Rebelote lors de sa participation à La prochaine star à l’automne dernier. Noam Bettan enchaîne les passages sur des titres français. Que ce soit les siens, comme Madame, ou sur ceux des autres, comme Mon Amour de Slimane, de nouveau Formidable ou Dernière Danse d’Indila en finale du concours. Une spécificité qui lui a permis de décrocher son ticket pour Vienne.
Fort de sa maîtrise de la langue française, l’artiste ne cache pas ses ambitions hexagonales : « Un de mes rêves, c’est de venir en France et d’y faire de la musique, en français », confie également à l’AFP ce fan de Stromae et Christophe Maé. « J’espère trouver ma place en France bientôt. »
Pression sur les épaules de Noam Bettan
Avant une éventuelle carrière en France, le deuxième représentant israélien de nationalité française, après Nadav Guedj en 2015, espère surtout faire mieux que celle à qui il succède. En 2025, Yuval Raphael, avait décroché la deuxième place du concours pour Israël, en remportant au passage le vote du public. La chanteuse qu’il connaît bien est par ailleurs créditée comme autrice de sa chanson Michelle.
Tout comme Yuval Raphael avant lui, Noam Bettan devra quoi qu’il en soit affronter un climat hostile lors de ses prestations à l’Eurovision. D’abord en demi-finale ce mardi 12 mai, où il tentera de décrocher sa place en finale. Puis en cas de succès, à nouveau le samedi 16 mai.
Une probabilité plus qu’éventuelle puisque les bookmakers le placent en sixième position sur 35 pays. Rien d’illogique, malgré la polémique, puisque le public israélien (la diaspora pour être précis) répond toujours présent au moment de l’Eurovision. Il faut dire que le concours européen est aujourd’hui devenu un outil de soft power incontournable pour l’État hébreu, qui bénéfice d’une tribune culturelle rare et d’envergure grâce aux 166 millions de téléspectateurs qui suivent l’Eurovision à travers le monde.
Comme le révèle une récente enquête du New York Times, Israël n’hésite pas à dépenser des sommes importantes pour promouvoir ses candidats, sachant qu’une partie de ce budget marketing provient du bureau du Premier Ministre Benjamin Netanyahu. Israël a par ailleurs été épinglé avant la demi-finale 2026 pour des appels à voter « 10 fois » pour Noam Bettan. Ce qui a été jugé contraires aux règles de l’Eurovision.


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