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Les dirigeants européens, qui se réunissent ce jeudi et ce vendredi à Bruxelles, vont faire bloc derrière l’Ukraine et contre l’accord américano-russe sur le gazole. Ils chercheront à surmonter leurs divergences sur le budget 2028-2034 que les pays « frugaux » jugent beaucoup trop dépensier.

Luc Chaillot - Aujourd'hui à 06:30 - Temps de lecture :

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La guerre en Ukraine sera de nouveau un sujet majeur du Conseil européen qui se tient ce jeudi et ce vendredi à Bruxelles. Les chefs d’État et de gouvernement rediront tout le mal qu’ils pensent de l’accord entre Donald Trump et Vladimir Poutine sur l’achat de gazole russe par les États-Unis, signe des profondes divergences entre les pays de l’Union européenne (UE) et Washington. La levée partielle des sanctions américaines sape les efforts et les pressions européennes visant à contraindre le président russe à mettre fin au conflit.

Tout en passant un « deal » avec le Kremlin, le président américain met la pression sur l’Ukraine en menaçant de priver l’armée ukrainienne des précieux renseignements militaires américains si Kiev n’accepte pas le « cessez-le-feu énergétique » annoncé par Donald Trump dans le but de contrecarrer la flambée des prix à la pompe avant les élections de mi-mandat aux États-Unis. Sans qu’un lien puisse être établi, des limitations de vitesse sur le réseau satellitaire américain Starlink d’Elon Musk ont déjà commencé à ralentir les opérations ukrainiennes sur le champ de bataille, selon un conseiller du président Volodymyr Zelensky.

Les dirigeants européens discuteront notamment du soutien à apporter à l’Ukraine pour l’aider à faire face aux attaques russes contre les infrastructures énergétiques qui visent à rendre impossible la vie des Ukrainiens à l’approche de l’hiver. Mercredi, environ 600 000 foyers étaient privés d’électricité en Ukraine après des frappes massives malgré l’appel à la trêve de Donald Trump. Le Conseil européen se penchera également sur l’intensification des attaques hybrides attribuées à la Russie et sur la riposte nécessaire.

Le Conseil européen qui se tient ce jeudi et ce vendredi à Bruxelles. Photo Sipa/ZUMA/Bianca Otero

Le Conseil européen qui se tient ce jeudi et ce vendredi à Bruxelles. Photo Sipa/ZUMA/Bianca Otero

Les aides agricoles sur la sellette

Les chefs d’État et de gouvernement tenteront d’avancer vers un compromis sur le budget 2028-2034 de l’UE. Leur tâche s’annonce compliquée. Les pays dits « frugaux » réclament des coupes sévères et refusent le projet de budget de Bruxelles, qui prévoit près de 2 000 milliards d’euros de dépenses, soit une hausse de 60 % si on ne tient pas compte du plan exceptionnel de relance post-Covid, qui s’élevait à plus de 800 milliards d’euros.

L’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, la Finlande, les Pays-Bas et la Suède exigent plusieurs centaines de milliards d’euros d’économies, en ciblant notamment les aides agricoles défendues bec et ongles par la France et les fonds dédiés à la réduction des écarts entre les régions les plus pauvres et les plus riches d’Europe. L’Irlande, qui préside actuellement l’UE, a proposé de ramener le budget à 1 825 milliards d’euros, sans toucher à l’agriculture ni aux politiques de cohésion, pour relancer des discussions actuellement dans une impasse.

Bras de fer Sanchez-Meloni

Comme celui de juin dernier, le Conseil européen sera aussi consacré aux questions migratoires. Le sujet très sensible devrait donner lieu à un débat houleux entre le Premier ministre espagnol Pablo Sanchez et la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni, alors que le nombre de franchissements irréguliers a diminué de 35 % entre janvier et août 2026 par rapport à la même période de 2025.

Pablo Sanchez, qui affrontera des élections anticipées difficiles le 29 novembre prochain, désapprouve la ligne dure de l’UE. Le dirigeant espagnol a été sous le feu des critiques lors de l’arrivée massive de migrants en juillet dernier dans l’enclave de Ceuta, même si la plupart ont rebroussé chemin. La plus acerbe a été Giorgia Meloni, concurrencée par un nouveau parti d’extrême droite en vue des élections législatives de 2027 en Italie.

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