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Eure : Caché dans le jardin, il surprend sa compagne et bascule dans la violence

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Un jeune cariste de 24 ans a été condamné à 11 mois de prison par le tribunal d’Évreux après avoir agressé l’amant de sa compagne à coups de marteau à Heudebouville (Eure).

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Marteau - justice - faits divers

Un jeune homme de 24 ans a agressé l’amant de sa compagne à coups de marteau à Heudebouville (Eure), jeudi 2 juillet 2026. ©dang – stock.adobe.com

Par Charles Giovacchini Publié le 14 juil. 2026 à 13h36

Depuis plusieurs jours, il sentait bien que « quelque chose n’allait pas ». Elle était plus distante, elle repoussait les rendez-vous, sans raison précise. Il multipliait les billets doux dont il ne recevait que des sourires énigmatiques. Pourtant, le matin du jeudi 2 juillet 2026, elle lui avait concédé un « moi aussi, je t’aime » qui n’avait pas suffi à apaiser l’âme inquiète d’un jeune homme amoureux. Dans la soirée, le jeune homme de 24 ans abandonne son poste de cariste en horaire décalé. « Ça n’allait pas, je suis rentré chez moi. J’ai bu plusieurs verres de whisky avant d’aller à Heudebouville (Eure) » où il sait que son amoureuse participe à une fête chez des amis communs, explique le jeune homme au teint blême depuis le box des prévenus. Tapi dans le jardin, il observe son amoureuse dans les bras de son rival pendant plus d’une heure. Dans le cabanon de jardin où il a trouvé refuge, il se saisit d’un marteau avant de faire irruption dans la maison. Ils sont là, « enlacés au milieu du couloir ». Son rival lui tourne le dos. Il ne voit « plus rien d’autre que le crâne » de l’amant. Il frappe à deux reprises, « deux coups de marteau ».

 » Pas violent « 

La bagarre se poursuit au sol. Il est 3 h 30 du matin. Le jeune homme prend la fuite. À l’heure du laitier, il est interpellé par les gendarmes chez ses parents. Depuis le box des prévenus, lors de son jugement en comparution immédiate le 6 juillet 2026 devant le tribunal judiciaire d’Évreux, le jeune homme peine à expliquer son geste. « Je ne suis pas comme ça, je ne suis pas violent » dit-il avant de revenir sur les jours et les heures qui ont précédé son acte. Désarmant de sincérité, il avoue : « je suis jaloux ».

Il n’y aura pas toujours du monde pour nous séparer.

Sur le banc de la partie civile, la victime dissimule mal un petit rictus narquois au coin des lèvres. Il est vite recadré par la présidente Juliette Demaldent lorsqu’il glisse un commentaire acide à l’encontre de celui qui essaie tant bien que mal de dire en public ce qui le ronge.

Au nom des parties civiles, Maître Garidou rappelle que « les coups de marteau assénés de dos auraient pu recevoir une qualification criminelle » avant de ressortir quelques SMS envoyés ce matin-là à 5 h 40 à la victime : « Je ne vais pas te lâcher, il n’y aura pas toujours du monde pour nous séparer ».

Séquelles inconnues

L’avocat demande 1 000 € au titre du préjudice moral de la jeune femme qui, si elle n’a pas été frappée physiquement, était si près des coups portés qu’elle en garde durablement le traumatisme. En ce qui concerne la victime principale, la blessure de 3 centimètres dans la région occipitale, dont on ne connaît pas encore les séquelles, devrait être évaluée par une expertise ultérieure et les dédommagements renvoyés en audience sur intérêt civil.

Il n’a pas la violence dans la peau.

Le ministère public retrace l’attente dans le jardin, le champ réduit de la passion et l’explosion de violence. Au regard des quelques condamnations pour conduite sous l’empire de stupéfiants et la violence des coups portés, la magistrate requiert 20 mois de prison dont 12 de sursis probatoires ainsi que la révocation de trois mois d’un précédent sursis probatoire. Ce qui porterait la peine à 11 mois ferme.

« Il n’a pas la violence dans la peau », s’exclame Me Djehanne Elatrassi. « C’est un jeune homme porté par une immaturité affective » exacerbée par « une relation toxique ». L’avocate plaide une peine mixte sous bracelet électronique.

11 mois de prison

Le tribunal a entendu les arguments de la défense et tenu compte de la personnalité du prévenu qu’elle condamne à 11 mois de prison assortis d’un sursis probatoire sous bracelet électronique. En outre, le jeune homme est soumis à des obligations de soins, de dédommager les victimes, accompagnées d’interdiction de contact et de paraître au domicile des victimes.

La jeune femme reçoit 600 € au titre de son préjudice moral. Le dédommagement de son amant est renvoyé en audience sur intérêt civil.

Au sortir du tribunal, le beau brun ténébreux et sa conquête d’un soir se sont quittés sans un regard.

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