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Des chercheurs de l’Université Rutgers ont identifié un lien potentiel entre l’usage des médicaments GLP-1 et une réduction des comportements violents liés à l’impulsivité. L’étude suggère que les utilisateurs actuels de ces traitements présentent des liens nettement plus faibles entre l’impulsivité, la consommation d’alcool et les actes de violence.
L’impulsivité et la violence chez les utilisateurs de GLP-1
Une étude récente, publiée dans la revue Criminology, a examiné les données d’un sondage national portant sur 7 521 adultes américains pour comprendre l’impact des médicaments de type GLP-1, tels que l’Ozempic, sur le comportement. Les chercheurs se sont concentrés sur un sous-groupe de 821 personnes ayant déjà utilisé ces médicaments, dont 597 en étaient des utilisateurs actuels.
Photo: KNKXLes résultats révèlent une différence marquée entre les anciens utilisateurs et ceux qui suivent actuellement un traitement. Chez les utilisateurs actuels, le lien entre l’impulsivité et la violence est environ 62 % plus faible que chez les anciens utilisateurs. De même, la corrélation entre la consommation d’alcool et la violence est réduite de 52 %.
« Nous considérons cette étude comme une première étape, pas une réponse finale », Daniel Semenza, directeur de recherche au New Jersey Gun Violence Research Center, via Gizmodo.
L’équipe de recherche a noté que si les liens entre l’alcool et la violence étaient moins prononcés chez les utilisateurs actuels, les preuves concernant l’effet spécifique sur l’alcool après analyse approfondie étaient moins claires. Néanmoins, l’étude souligne une observation majeure :
« Les médicaments GLP-1 peuvent influencer les voies comportementales qui sont pertinentes pour le risque de violence.
Le mécanisme du système de récompense cérébral
L’intérêt scientifique pour ces molécules ne se limite pas à la perte de poids. Les chercheurs s’intéressent à la manière dont ces médicaments agissent sur le système mésolimbique, le centre de récompense du cerveau. Ce mécanisme, qui régule à la fois les envies alimentaires et l’usage de substances, pourrait expliquer les effets observés sur les addictions.
Photo: Rhode Island MonthlySelon le Dr Aaron Wilson du The Meadows Behavioral Healthcare Center, ces médicaments pourraient réduire le « bruit » cérébral non seulement pour la nourriture, mais aussi pour d’autres substances.
« Beaucoup de gens disent que lorsqu’ils sont sous GLP, cela réduit le bruit alimentaire. Je pense que nous voyons aussi que cela réduit le bruit de manière générale pour d’autres substances, peut-être l’alcool, les opiacés, les stimulants, et peut-être même la nicotine.
Cette capacité à atténuer les envies est déjà rapportée par des patients en rétablissement. Comme l’explique Rhode Island Monthly, certains individus ont rapporté une disparition quasi instantanée des rêves liés à la drogue ou une perte d’intérêt soudaine pour l’alcool, transformant radicalement leur parcours de sobriété.
L’essai clinique du brenipatide à l’Université de Washington
Pour transformer ces observations en traitements validés, des essais cliniques d’envergure sont en cours. L’Université de Washington participe actuellement à un essai international en partenariat avec la société pharmaceutique Eli Lilly pour tester le brenipatide, un nouveau médicament GLP-1 destiné à traiter spécifiquement l’addiction à l’alcool.
Cet essai, qui s’étendra sur 14 mois, recrutera des participants âgés de 18 à 75 ans sur 30 sites répartis aux États-Unis. L’objectif est de déterminer si cette molécule peut aider les personnes souffrant de troubles de l’usage de l’alcool modérés à sévères à réduire ou à stopper leur consommation.
Le Dr Mark Duncan, psychiatre spécialisé dans l’addiction et chercheur principal de l’étude, explique que les médicaments actuels pour l’alcool manquent souvent de constance dans leur efficacité.
« Ce que vous entendrez, c’est : "Je n’avais tout simplement plus envie de boire. J’ai peut-être oublié que j’étais habituellement ivre à cette heure-là" parce que tous les indices internes et psychologiques qui sont normalement présents ne se produisent tout simplement pas.
Une révolution potentielle pour l’accès aux soins
Au-delà de l’efficacité thérapeutique, l’un des enjeux majeurs est l’accessibilité. Le modèle de traitement de l’addiction repose traditionnellement sur des programmes de réadaptation intensive, souvent difficiles d’accès ou peu attrayants pour certains patients.

Mary Hatch, psychologue travaillant sur l’essai de l’Université de Washington, souligne que l’utilisation de médicaments déjà largement connus pourrait changer la donne.
« La possibilité que votre médecin traitant puisse proposer un médicament que tout le monde connaît, et qui est utilisé pour des problèmes non liés aux substances, comme le diabète, la perte de poids ou des problèmes cardiaques, pourrait rendre le traitement plus accessible.
Si le brenipatide et d’autres molécules de cette classe s’avèrent efficaces, le traitement de l’addiction pourrait s’intégrer directement dans les soins de santé primaires, permettant aux patients de consulter leur médecin habituel plutôt que de devoir s’engager dans des parcours de soins spécialisés plus contraignants.
Note : Ces informations sont basées sur des recherches en cours. Consultez toujours votre professionnel de santé avant d’entreprendre tout traitement médical.
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Camille Laurent - Santé
Médecin généraliste et journaliste santé. Elle vulgarise la recherche médicale pour le grand public.- nouvelles du monde


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