A les regarder, les clichés d’Etienne Francey semblent relever du songe. Le Fribourgeois, diplômé en photographie du Centre d’enseignement professionnel de Vevey (CEPV), transforme le réel pour mieux questionner le monde qui l’entoure. «Au fil des années, j’ai cherché des techniques et des ruses pour tromper l’objectif de mon appareil photo et créer une autre réalité. Mon but est de représenter la nature telle que je la rêve, d’en proposer ma propre vision», lance-t-il.
Fasciné par le grand air, le photographe saisit ainsi papillons, canards, bovins et autres paysages oniriques enchantés: des prairies suisses verdoyantes, aux sommets alpins enneigés. Il met en scène des décors poétiques et colorés frisant l’irréel, pour chatouiller l’interrogation du public. «Dépeindre la nature de cette manière permet selon moi de montrer qu’elle souffre, relate-t-il. Derrière cette esthétique, à travers les déformations et les effets de mouvement, je cherche à traduire un sentiment d’urgence. Chaque été, je constate la disparition d’espèces qui étaient là l’année précédente. Ce flou et cette frénésie visuelle évoquent l’urgence d’un environnement sauvage en train de disparaître.»


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