Alors que le taux du livret A est une nouvelle fois abaissé, il est intéressant de déplacer une partie de son épargne vers d'autres produits d'épargne, notamment les ETF. Mais comment s'y retrouver ? Comment investir ? Quelle stratégie adoptée ? Maxime Chipoy, président du site spécialisé MoneyVox livre ses conseils.
Ce sont trois lettres qui sont sur les lèvres de beaucoup d'épargnants : ETF. Alors que le taux du livret A a été raboté pour la troisième fois de l'année et est désormais fixé à 1,5%, Maxime Chipoy, président de MoneyVox, média spécialisé sur l'argent, livre ses conseils avant de se lancer dans ce type d'investissement.
De l'argent que l'on peut laisser travailler très longtemps
Si un épargnant est prêt à être patient, et de préférence après avoir optimisé son livret A (pour avoir un matelas de sécurité en cas de coup dur), il peut se lancer dans l'investissement ETF via un PEA (plan d'épargne en actions). Une bonne idée pour faire fructifier son argent puisque, "quand on regarde les études de l'AMF, qui régule le marché en France, on se rend compte qu'au bout de 20-25-30 ans, les chances de perdre de l'argent tombent à zéro", affirme-t-il.
Et il y a deux raisons à cela : "La première, c'est que la bourse est tendanciellement en hausse, même s'il y a évidemment des soubresauts. Et puis, quand vous investissez en bourse dans des actions, vous investissez dans le titre de propriété d'une entreprise. Non seulement cette dernière a une valeur mais elle va aussi vous donner des dividendes et donc des revenus." Et le principe est le même pour un ETF.
Concrètement, "c'est l'accumulation de la hausse des actions et des dividendes réinvestis qui vous permettent d'être sûr de ne plus avoir aucun risque d'être perdant au bout d'au moins une dizaine d'années, mais idéalement d'une vingtaine."
L'ETF limite les risques par rapport à une action directe
C'est pour cette raison qu'il faut investir en bourse uniquement de l'argent dont on n'est sûr et certain de ne pas avoir besoin dans les années à venir, avec un principe de base que rappelle Maxime Chipoy, "plus on attend longtemps, plus on est sûr qu'on va être gagnant".
Sans oublier que l'avantage d'un ETF, c'est qu'il regroupe plusieurs entreprises, ce qui limite les risques. "D'une manière générale, il faut mieux investir dans un fonds que dans des actions directes", appuie, le spécialiste. Et plus l'EFT regroupe des entreprises diverses et variés, plus les risques sont limités.
Capitalisant ou distribuant ?
Quant aux investisseurs qui veulent passer par un fond actif, avec un gérant qui essaye de battre un indice (par exemple le CAC 40), le président de MoneyVox, met en garde : "Le gestionnaire va vous coûter 2-3% par an, donc pour s'y retrouver il doit battre de plus de deux points l'indice visé. Mais quand on regarde les statistiques à long terme, 80% des gestionnaires n'arrivent pas à battre l'indice." Un coup de poker donc, qui tranche avec l'ETF, un fond passif, qui coûte 0,2-0,3% de frais de gestion annuels."
Une fois l'ETF choisi, reste à trancher sur son type. Car il en existe deux : le capitalisant et le distribuant. Dans le premier cas "l'utilisateur va automatiquement capitaliser les dividendes pour vous faire acheter des parts en plus", dans le second l'argent tombe sur le PEA et vous êtes libre de le réinvestir selon votre bon vouloir.
"Il vaut mieux investir sur un capitalisant, c'est plus simple, le fond réinvestit pour nous." Car "le risque de la distribution, c'est la tentation d'aller investir dans la dernière boîte à la mode, ou le dernier tuyau de vos copains".
Enfin, tout investisseur en ETF se doit de prendre en compte le principe du DCA, le dollar cost averaging. "Si vous avez 5.000 euros à investir, ce n'est pas forcément une bonne idée de le faire en une fois (stratégie du Lump sum), c'est peut-être mieux de faire 10 fois 500 euros pour être sûr de lisser un peu soubresauts de la bourse."


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