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États-Unis : Trump pourrait renoncer à diffuser une exécution en direct

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L’Amérique de Trump voulait offrir une mise à mort en direct, mais le spectacle pourrait être annulé faute d’enthousiasme.

Une exécution en direct pour donner l’exemple

Tout commence avec une annonce du secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth. Le 8 octobre 2026, il confirme que l’exécution de Nidal Malik Hasan, ancien psychiatre militaire condamné pour la fusillade de Fort Hood, sera retransmise en direct sur Internet.

Les faits remontent au 5 novembre 2009. Sur cette base militaire du Texas, Hasan avait ouvert le feu, tuant 13 personnes et en blessant 32 autres. Condamné à mort en 2013, il doit être exécuté le 3 décembre prochain, par peloton d’exécution, sur les lieux mêmes du massacre.

Personne ne conteste la gravité de ses crimes. Mais le Pentagone ne souhaite pas simplement appliquer la sentence. Il veut également que le public puisse assister à la scène. Selon Hegseth, les Américains doivent comprendre que de tels actes entraînent de lourdes conséquences.

Une démonstration pédagogique, en quelque sorte. Après les vidéos éducatives sur les dangers du tabac, voici celle expliquant pourquoi il ne faut pas commettre de massacre. Avec de vraies balles et sans possibilité de recommencer la prise.

Même les républicains trouvent le spectacle un peu trop sanglant

Seulement voilà, le projet d’exécution publique provoque une vague d’indignation, y compris chez les républicains. Le sénateur Thom Tillis juge l’idée « plus que répugnante » et rappelle que les exécutions publiques sont généralement associées à des régimes autoritaires comme l’Iran ou l’Afghanistan.

Un rapprochement embarrassant pour une administration américaine qui adore distribuer des brevets de démocratie au reste de la planète.

L’opposition vient également des responsables religieux. Des représentants de l’Église catholique américaine condamnent un projet jugé barbare, qui risque de transformer une sanction pénale en divertissement macabre.

Quant au vice-président JD Vance, il préfère prendre ses distances. Interrogé le 9 octobre, il reconnaît ne pas savoir si la retransmission aura réellement lieu et précise qu’il ne la regardera pas.

Visiblement, même dans l’équipe Trump, tout le monde n’a pas envie de passer son jeudi devant un peloton d’exécution.



Trump recule sur les caméras, pas sur les fusils

Face aux critiques, Donald Trump semble désormais moins enthousiaste à l’idée de transformer une exécution militaire en événement audiovisuel.

Interrogé le samedi 10 octobre sur la retransmission, le président américain indique qu’une décision reste à prendre. « Il y a deux façons de voir les choses : montrer ou ne pas montrer », explique-t-il, estimant néanmoins qu’une diffusion pourrait dissuader d’autres criminels.

« Je prendrai finalement une décision », précise Trump, qui rappelle que les militaires ont leur propre préférence sur la question.

La marche arrière, si elle se confirme, ne concernera donc que les caméras. La condamnation à mort reste d’actualité, mais sa diffusion publique pourrait être annulée. Une différence importante pour le condamné, dont le destin judiciaire ne dépend pas de l’audience potentielle.

D’après les déclarations rapportées le 10 octobre par UPI, Trump n’a donc pas encore définitivement validé la retransmission pourtant annoncée avec assurance par son ministre de la Défense.

La démocratie américaine redécouvre les exécutions publiques

Le projet présente aussi un caractère historique. La dernière exécution militaire américaine remonte à 1961. Quant aux exécutions publiques, elles ont progressivement disparu du paysage américain au cours du XXe siècle.

En 1936, la pendaison de Rainey Bethea, dans le Kentucky, avait attiré plusieurs milliers de spectateurs. Près d’un siècle plus tard, l’administration Trump envisage de remplacer la foule par les internautes. Le progrès technique au service des traditions les moins glorieuses.

Ce goût pour les démonstrations de force ne constitue pas une nouveauté à Washington. Les conditions de détention de Nicolás Maduro aux États-Unis avaient déjà alimenté les critiques sur le traitement réservé aux prisonniers.

Le cas Hasan est évidemment différent : il s’agit d’un homme condamné pour un massacre, et non d’un dirigeant étranger capturé. Mais une même interrogation demeure : jusqu’où un gouvernement peut-il aller pour exhiber sa puissance ?



Le direct reste incertain, le compte à rebours continue

Pour l’instant, aucune annulation officielle de la retransmission n’a été annoncée. L’administration Trump hésite, les opposants protestent et le Pentagone attend de savoir s’il devra finalement laisser les caméras au vestiaire.

L’exécution reste fixée au 3 décembre 2026, sous réserve d’éventuels recours judiciaires.

Donald Trump voulait montrer que l’Amérique ne plaisante pas avec la justice. Il aura surtout réussi à provoquer une situation assez extraordinaire : faire passer l’idée de tuer un homme devant les caméras pour une simple question de communication présidentielle.

Finalement, la Maison-Blanche pourrait renoncer au direct. Pas par manque de moyens techniques, mais parce que même aux États-Unis, il existe encore des programmes que personne ne souhaite voir à l’antenne.

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