Après avoir misé massivement sur l'intelligence artificielle en octobre dernier sans obtenir les résultats espérés, le constructeur automobile américain a dû rappeler des centaines d'ingénieurs expérimentés.

La rédaction - Hier à 19:01 - Temps de lecture :

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Ford fait marche arrière. À contre-courant des mouvements actuels qui tendent au contraire vers l'utilisation accrue de l’intelligence artificielle (IA), l’entreprise américaine a reconnu qu'elle ne pouvait pas remplacer facilement des décennies de savoir-faire humain. Le constructeur automobile a réintégré 350 « greybeards » (barbes grises, en français), des ingénieurs chevronnés au sein de ses équipes, a annoncé le média économique américain Bloomberg la semaine dernière.

En octobre dernier, le directeur des opérations du groupe, Kumar Galhotra, annonçait le déploiement de 900 caméras pilotées par IA dans ses usines. Cependant, les équipes ont constaté que les erreurs de l’intelligence artificielle étaient trop nombreuses. « Nous n’avons pas suffisamment valorisé l’expérience de nos ingénieurs les plus aguerris. Nous avons cru, à tort, qu’il suffisait d’introduire l’IA et d’y injecter nos exigences de conception pour obtenir automatiquement des produits de grande qualité », a expliqué Charles Poon, vice-président chargé de l’ingénierie des véhicules. « L’intelligence artificielle est un outil formidable, mais elle n’est efficace qu’à la hauteur des données et des connaissances qui la nourrissent. »

Loin des résultats escomptés

« Nous nous reposions de plus en plus sur des systèmes automatisés de contrôle qualité sans obtenir les résultats espérés », a dévoilé Kumar Galhotra auprès de Bloomberg. Selon le géant de l’automobile, une partie du problème provenait du départ à la retraite ou du remplacement de nombreux techniciens expérimentés avant que leur savoir ne puisse être intégré aux outils d’apprentissage automatique. Le constructeur automobile a donc inversé sa stratégie : ce sont les vétérans qui auront pour mission de traquer les défauts potentiels avant même que les pièces n’arrivent sur les chaînes de production, pour ensuite transmettre leur expertise aux systèmes d’intelligence artificielle. 

Ce revirement semble porter ses fruits. Ford s’est hissé en tête de l’étude 2026 de J.D. Power sur la qualité initiale des véhicules neufs, une première pour la marque depuis 2010. Pour autant, le constructeur ne renonce pas à l’intelligence artificielle : il entend désormais l’utiliser comme un outil d’assistance plutôt que comme un substitut à l’expertise humaine.

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