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Victime d'une double exécution ratée la semaine dernière, la condamnée à mort Christa Pike est hospitalisée depuis. Alors que les soignants allaient la débrancher, elle s'est réveillée et a même pu s'exprimer.
La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 08:52 | mis à jour aujourd'hui à 09:44 - Temps de lecture :
Christa Pike, la condamnée à mort qui a survécu à deux injections de substances létales lors de son exécution aux États-Unis, était sur le point d'être débranchée des appareils la maintenant en vie peu avant de reprendre connaissance, selon ses avocats. Ce fiasco inédit relance le débat sur la peine capitale. Mais un homme a tout de même été exécuté mercredi au Texas, avec les mêmes produits que ceux injectés à Christa Pike.
Celle-ci devait être la première femme exécutée depuis plus de 200 ans dans l'Etat du Tennessee. Mais elle a survécu à deux doses de pentobarbital, probablement mal injectées. Elle a ensuite été admise en urgence à l'hôpital dans un état critique.
Le chef de l'administration pénitentiaire a démissionné dans la foulée.
« En colère et désorientée »
« Lundi soir, nous pensions que Christa était en état de mort cérébrale et que les appareils la maintenant en vie allaient être retirés le lendemain. Mais mardi, à la grande surprise de tout le monde, y compris de moi et de son équipe juridique, ainsi que de l'équipe médicale, Christa s'est réveillée et a commencé à parler », a déclaré l'avocat, Randy Spivey.
Lorsqu'elle a repris connaissance, « la première chose qu'elle a dite, c'est "Où suis-je et qui êtes-vous vous ?" », a ajouté l'avocat. « Je pense qu'elle est en colère et désorientée à propos de tout, actuellement. Elle est très consciente que l'Etat a essayé de l'exécuter », a-t-il néanmoins ajouté, précisant que les souvenirs lui revenaient progressivement.
« Elle a un caillot de sang dans un bras. Elle souffre de pneumonie. Elle ne peut pas encore avaler, donc elle n'a pas encore mangé », a-t-il encore détaillé. « Ses deux bras et jambes sont très gonflés et nous ne savons pas encore quelle motricité des bras elle pourra récupérer », en soulignant qu'elle reste enchaînée par les pieds et une main à son lit d'hôpital.
Les preuves conservées
Une juge a ordonné à l'administration pénitentiaire de préserver toutes les preuves matérielles et documents liés à l'exécution ratée. À commencer par « tout ce qui se trouvait dans la salle » d'exécution, notamment la solution létale, les seringues, et les perfusions, y compris ce qui devait être jeté. Un autre avocat de Christa Pike, Luke Ihnen, a salué cette volonté de « transparence » : « Christa, les tribunaux, les médias et la population ne doivent pas croire sur parole ce que l'État dit au sujet de ce qu'il s'est passé mercredi dernier », a-t-il estimé.
Les opposants à la peine capitale aux États-Unis exigent la levée du secret sur l'ensemble du processus : provenance des produits utilisés, étapes ou qualification du personnel chargé de l'exécution. Mercredi au Texas, les avocats de Jamaal Howard, 46 ans, ont invoqué en vain « l'exécution horriblement ratée de Christa Pike » pour demander au gouverneur, Greg Abbott, un sursis de 30 jours pour leur client. Il a reçu le même produit que Christa Pike. Son exécution au pénitencier d'État de Huntsville est la 30e depuis le début de l'année dans le pays, toutes réalisées par injection létale.


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