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  • Au sein du plus grand complexe survivaliste au monde, c'est règlement de comptes à O.K ...

Ils étaient venus dans le Dakota du Sud pour survivre à l'apocalypse. Mais pas sûr que cette communauté survive aux conflits de voisinage et autres différends avec le promoteur.

F.F. - Aujourd'hui à 12:15 | mis à jour aujourd'hui à 12:19 - Temps de lecture :

Avec le projet « Vivos xPoint », 575 bunkers ont emergé au milieu du paysage vallonné du Dakota du Sud. Photo d'illustration Pixabay

Avec le projet « Vivos xPoint », 575 bunkers ont emergé au milieu du paysage vallonné du Dakota du Sud. Photo d'illustration Pixabay

Ce devait être un immense complexe luxueux où les habitants pourraient vivre paisiblement loin d’un monde toujours plus fou. Un lieu où les menaces nucléaires et sanitaires resteraient à la porte. L’histoire, qui ne s’est pas vraiment déroulée comme sur le dépliant de promotion, a été repérée par Courrier International dans le Wall Street Journal.

Le quotidien américain décrit cet ancien dépôt de munitions du Dakota du Sud, transformé en plus grande colonie survivaliste du monde, comme un village de hobbits taillé pour l’apocalypse. Dans un paysage vallonné, non loin des Black Hills où est érigé l’un des monuments américains les plus célèbres - le mont Rushmore et ses quatre têtes d’anciens présidents sculptées dans la falaise -, émergent en effet 575 bunkers de béton dont l’entrée est protégée par une porte en acier blindé.

Le bunker-piscine n'a jamais vu le jour

Ces abris d’environ 200 m2 sont « cédés » sous la forme d’un bail de 99 ans après versement d’un acompte pouvant aller jusqu’à 55 000 dollars (48 000 €). Les locataires, ciblés pour leur quête de sécurité, s’acquittent ensuite d’une taxe d’habitation annuelle et de charges. Ils peuvent ensuite réaliser eux-mêmes des travaux d’aménagements ou faire appel… aux artisans attitrés du promoteur.

Ce projet, baptisé « Vivos xPoint », a été lancé il y a plus de 45 ans par Robert Vicino, entrepreneur de Los Angeles, avant de devenir réalité en 2016 grâce à une association avec des éleveurs du coin. Des promoteurs dont l’argument de vente se résume ainsi : traverser le prochain conflit nucléaire, la prochaine pandémie ou le prochain effondrement sociétal dans un confort relatif.

Dix ans plus tard, ceux qui se sont laissés séduire par ces sirènes promettant un « confort survivaliste cinq étoiles » auraient bien déchanté à en croire le Wall Street Journal. Et pas seulement parce que les équipements prévus au départ, comme un bunker-restaurant ou un bunker-piscine, ne sont jamais sortis de (sous)terre.

Un règlement intérieur à rallonge et évolutif

Si tous les locataires ne vivent pas à demeure, comme cet ancien réserviste de l’armée qui vit à Las Vegas et utilise son bunker sans fenêtres comme résidence de vacances, les tensions se sont multipliées. Avant même l’apocalypse, la colonie est au bord de l’implosion en raison de conflits de voisinage. Le règlement intérieur, à rallonge et évolutif, que le promoteur impose aux résidents n’empêche pas les esprits de s’échauffer. Bien au contraire.

L’histoire est en train de virer à Règlements de comptes à O.K. Corral. Entre attaques et contre-attaques en justice, pour des questions aussi diverses que l’assainissement, les charges ou encore les chiens errants, la vie n’a rien de paisible au sein de la communauté survivaliste. Le journal new-yorkais fait état de locataires qui auraient failli en venir aux mains, quand d’autres auraient sorti les armes. Ce qui est d’ailleurs interdit selon un article ajouté au règlement.

Menaces de mort et coups de feu

Le conflit n’est pas circonscrit aux résidents puisque certains locataires ont porté devant la justice leur différend avec le promoteur. Parce qu’il voulait adresser une réclamation au sujet d’un réseau d’assainissement non opérationnel, David, ancien surveillant pénitentiaire, secouriste et vétéran de l’armée ayant servi en Bosnie, a subi des mois de pressions et de menaces, comme l’expulsion et la perte des sommes versées.

Devant le tribunal, il a fourni une vidéo d’une tentative d’intimidation d’un artisan de Vivos, arrivé avec une pelleteuse. L’accrochage, avec menaces de mort à la clé, se termine par un coup de feu tiré par David. Un grand jury retiendra la légitime défense et lui accordera l’immunité.

Les affrontements ont donc désormais aussi lieu au tribunal. La fronde prend tellement de l’ampleur que le statut de recours collectif pourrait être obtenu. Ce qui aurait dû être une oasis préservée de la folie du monde extérieur est devenue une parodie de celui-ci.

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