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Et si une centrale au gaz naturel n’était pas nécessaire?

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Le consultant floridien Jeffrey Palermo croit qu’Énergie Nouveau-Brunswick n’a pas besoin d’une centrale au gaz naturel.

La société de la Couronne tente de convaincre la Commission de l’énergie et des services publics que son projet, qui consiste à faire construire une centrale au gaz naturel avec son partenaire américain ProEnergy, est prudent.

Le projet ne peut voir le jour sans cette approbation.

Au cinquième jour des audiences vendredi à Moncton, l’intervenant public dans le secteur énergétique, Alain Chiasson, a appelé le consultant Jeffrey Palermo à comparaître.

L’expert en énergie a rédigé un rapport pour l’intervenant public dans lequel il conclut que les périodes de fortes demandes en énergie ces dernières années, qui préoccupent Énergie NB, ne justifient pas la construction d’une centrale au gaz naturel.

Il reconnaît que la gestion d’un système énergétique est complexe. Ses gestionnaires ne peuvent que se fier sur des prévisions et non pas sur des certitudes.

En revanche, Jeffrey Palermo estime que les gestionnaires ont plusieurs outils à leur disposition pour gérer les périodes de fortes demandes.

Par exemple, ils peuvent réduire le voltage ou, dans le cas d’Énergie NB, puiser dans les réserves des Maritimes.

Selon lui, pour l’instant, ces outils devraient suffire à affronter les périodes où la demande est plus forte.

Pas de solution

En contre-interrogatoire avec Jeffrey Palermo, l’avocat d’Énergie NB, John Furey, a argumenté que puiser dans les réserves des Maritimes peut s’avérer problématique.

John Furey prend la parole aux audiences sur la centrale au gaz.

L'avocat John Furey représente Énergie NB aux audiences sur la centrale de Tantramar.

Photo : Radio-Canada / Frederic Cammarano

Qu’est-ce qui arrive si des personnes se présentent à des audiences en Nouvelle-Écosse et disent ce que vous dites : ne construisez pas ce projet parce que le Nouveau-Brunswick le fait ou autre chose est disponible? Ne nous retrouverons-nous pas sans nouvelle construction? Comment est-ce qu’on résout cela?, a demandé en anglais l’avocat.

Je ne sais pas, a simplement répliqué en anglais le consultant.

Une centrale détenue par Énergie NB moins cher

Plus tard, l’intervenant public a appelé Dustin Madsen à comparaître.

Le comptable albertain a lui aussi rédigé un rapport pour l’intervenant public.

Dans son cas, il compare financièrement deux scénarios : une centrale au gaz naturel construite et détenue par une entreprise américaine, comme ce que propose Énergie NB, contre une centrale au gaz naturel construite et appartenue par la société de la Couronne.

Dustin Madsen est assis lors des audiences sur la centrale au gaz de Tantramar.

Le comptable Dustin Madsen a rédigé un rapport selon lequel ce serait avantageux pour Énergie NB d'être propriétaire d'une centrale au gaz.

Photo : Radio-Canada / Frederic Cammarano

Selon lui, il coûterait moins cher pour Énergie NB de construire la centrale et d'en être le propriétaire, même si le projet ne voyait le jour que quelques années plus tard.

L’avocat d’Énergie NB lui a reproché d’avoir limité son calcul pour l’augmentation des coûts dans le temps pour le second scénario à une majoration de 2 % pour l’inflation.

Dustin Madsen a répondu qu’il n’a pas accès aux détails des ententes entre les entreprises et les entités publiques et qu’il lui est donc impossible d’estimer de manière plus juste l’augmentation du coût.

John Furey lui a aussi reproché de ne pas avoir inclus de revenus de vente d’électricité pour le scénario qui verrait Énergie NB être propriétaire de la centrale.

S’il reconnaît que la Nouvelle-Écosse a manifesté son intérêt pour acheter de l’électricité, il doute que ce soit suffisant pour l’inclure dans son calcul.

Il y a une expression d’intérêt, pas une entente solide. Il pourrait y avoir une demande de 100 mégawatts de la Nouvelle-Écosse, a -t-il dit en anglais.

La suite : jeudi

La Commission de l’énergie et des services publics a entendu tous les témoignages.

Les arguments finaux des intervenants devront toutefois attendre jeudi à Saint-Jean.

La commission n’avait prévu qu’une semaine à Moncton, ce qui s’est avéré trop court pour entendre tous les témoignages et arguments finaux.

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