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Et si la résistance aux antibiotiques s’expliquait aussi par l’utilisation du PARACETAMOL(Doliprane…) et l’Ibuprofène

La résistance aux antimicrobiens (RAM) constitue une menace mondiale pour la santé publique. Si la surconsommation d’antibiotiques en est un facteur majeur, des données récentes suggèrent que les médicaments non antibiotiques (MNA) pourraient également y contribuer. Cette préoccupation est particulièrement pertinente dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées (EHPAD), où les MNA et les antibiotiques sont fréquemment utilisés.
Nous avons étudié si neuf MNA couramment utilisés en EHPAD, dont l’ibuprofène, le diclofénac, le paracétamol, le furosémide, la metformine, l’atorvastatine, le tramadol, le témazépam et la pseudoéphédrine à des concentrations pertinentes au niveau intestinal, augmentent la mutagénèse induite par la ciprofloxacine chez Escherichia coli
Nos résultats ont montré que l’ibuprofène et le paracétamol augmentaient significativement la fréquence des mutations et conféraient une résistance de haut niveau à la ciprofloxacine. Le séquençage du génome entier a identifié des mutations dans les gènes GyrA, MarR et AcrR, les deux dernières étant corrélées à une surexpression de la pompe d’efflux AcrAB-TolC. La co-exposition à deux NAM a encore accru les taux de mutation et les niveaux de résistance à la ciprofloxacine. Cette étude a mis en évidence le rôle souvent négligé des NAM dans la progression de la résistance aux antimicrobiens et a souligné la nécessité de réévaluer les risques liés à la polymédication en gériatrie.

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