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Et si l'analyse du sang menstruel permettait enfin de diagnostiquer l'endométriose plus tôt?

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L'endométriose touche 190 millions de personnes dans le monde –soit un dixième des femmes en âge de procréer–, qui souffrent de règles abondantes, de douleurs pelviennes atroces, de troubles vésicaux ou intestinaux, voire d'infertilité. Pire encore, il faut généralement entre cinq et douze ans pour obtenir un diagnostic. La confirmation nécessite une cœlioscopie, une intervention médicale consistant à insérer une petite caméra dans la cavité pelvienne, explique Ridhi Tariyal, cofondatrice et directrice générale de NextGen Jane, une start-up spécialisée dans la biotech.

C'est pourquoi cette dernière, accompagnée d'autres dirigeants de start-ups, a décidé de mettre au point un meilleur diagnostic grâce à un test. Celui-ci promet d'être plus rapide, moins coûteux et moins invasif que la chirurgie, et pourrait révéler bien d'autres choses que le simple diagnostic d'endométriose. Selon eux, il suffirait d'analyser le sang menstruel, relate la BBC dans un article.

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Si les analyses d'urine, de selles ou de sang sont régulièrement utilisées dans le milieu médical, ce n'est pas encore le cas pour celle du sang menstruel. Il est pourtant une source d'informations considérable: la moitié est composée de sang ordinaire, tandis que l'autre moitié contient des protéines, des hormones, des bactéries, des tissus endométriaux et des cellules provenant de la cavité vaginale, du col de l'utérus, des trompes de Fallope ou encore des ovaires.

«On a accès à des types de cellules et à d'autres signatures moléculaires que l'on ne trouve tout simplement pas dans le sang total, la salive ou d'autres types d'échantillons, détaille Ridhi Tariyal. Il s'agit en substance d'une biopsie naturelle qui permet d'obtenir des informations sur les organes reproducteurs.»

385 protéines présentes

«On peut utiliser [le sang menstruel] pour rechercher toutes les affections qui touchent l'utérus –et il y en a beaucoup», explique Christine Metz, biologiste de la reproduction aux Instituts Feinstein de recherche médicale de Northwell Health, aux États-Unis. La chercheuse étudie le sang menstruel depuis plus de dix ans, pour identifier les biomarqueurs de l'endométriose.

Elle aimerait désormais que ce fluide corporel puisse fournir des pistes pour guérir des maladies comme le cancer de l'endomètre, l'adénomyose (lorsque la muqueuse utérine se développe dans la paroi utérine) ou l'endométrite (inflammation persistante de la muqueuse endométriale).

«Les sécrétions menstruelles sont très précieuses pour comprendre la santé utérine, une information que nous ne pouvons obtenir autrement, explique Christine Metz. Il s'agit d'un échantillon biologique tout à fait unique.» Une étude a identifié 385 protéines présentes exclusivement dans le sang menstruel.

Il existe également un autre avantage majeur du sang menstruel, celui d'offrir une vision plus complète de la santé utérine, contrairement au petit échantillon de tissu prélevé lors d'une biopsie de l'endomètre. «L'utérus a environ la taille d'un pamplemousse, donc une biopsie de l'endomètre ne permet pas une évaluation globale, ajoute la chercheuse. Or, le sang menstruel correspond à l'endomètre entièrement éliminé.»

À ce jour, les équipes de NextGen Jane ont identifié quelques marqueurs qui pourraient permettre de distinguer avec fiabilité l'endométriose des femmes infertiles en bonne santé. Une étude menée aux États-Unis auprès de centaines de femmes atteintes d'endométriose est actuellement en cours pour confirmer ces résultats, explique Ridhi Tariyal. En mai 2025, NextGen Jane a reçu une subvention de 2,2 millions de dollars (1,9 million d'euros) pour financer la validation clinique d'un test menstruel de dépistage de l'endométriose chez les patientes infertiles.

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