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L’ex-juge d’instruction pourrait présider une commission d’enquête indépendante en Norvège, où des personnalités de premier plan sont éclaboussées par les documents Epstein.

DIDIER ALLARD / Ina via AFP
Eva Joly, ici photographiée le 3 décembre 2024.
À la lumière des derniers documents dévoilés dans l’affaire Epstein fin janvier, la Norvège vit des heures agitées dans ses plus hautes sphères. Si bien que le Parlement norvégien a convenu ce mardi 10 février de créer une commission d’enquête indépendante pour faire la lumière sur les liens passés entre le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein et plusieurs personnalités du pays.
« Il est absolument crucial que la confiance dans la diplomatie norvégienne, le milieu politique et la démocratie norvégienne soit préservée », a affirmé Per-Willy Amundsen, chef d’un comité parlementaire chargé de veiller au respect de la Constitution. « Le degré de gravité de ce qui a été révélé ces dernières semaines est très élevé et jette un nouvel éclairage sur un certain nombre d’événements passés », a-t-il ajouté, cité par la chaîne publique NRK.
Si le principe d’une commission d’enquête indépendante a été adopté, son mandat, sa composition et son calendrier restent à définir.
Soutien parlementaire du gouvernement travailliste, le parti écologiste (MDG) plaide pour que cette commission soit présidée par l’ex-juge d’instruction franco-norvégienne Eva Joly. Aujourd’hui âgée de 82 ans, elle n’apparaît plus que très rarement en public et prend très peu la parole. Cette semaine, elle a toutefois été vue aux côtés de la candidate socialiste Magali Brunel pour la mairie de Toulon, pour laquelle elle a apporté son soutien « pour battre l’extrême droite ».
Selon les documents récemment publiés par le ministère américain de la Justice et décortiqués par les médias norvégiens, la princesse héritière Mette-Marit a notamment échangé des centaines de mails, au ton souvent étonnamment intime, avec le financier entre 2011 et 2014. Celui-ci avait pourtant déjà été condamné en 2008 pour la sollicitation d’une mineure.
Enquêtes pour « corruption aggravée »
La police norvégienne a aussi ouvert des enquêtes pour « corruption aggravée » contre l’ex-Premier ministre Thorbjørn Jagland et contre une célèbre diplomate, Mona Juul, ainsi que contre l’époux de cette dernière, Terje Rød-Larsen, pour complicité.
En cause : leurs liens avec Epstein à une époque où Thorbjørn Jagland était président du comité Nobel - qui décerne le fameux prix de la paix - et secrétaire général du Conseil de l’Europe, et où Mme Juul travaillait au ministère des Affaires étrangères avant de devenir ambassadrice au Royaume-Uni.
En Suisse, les organisateurs du Forum économique mondial ont de leur côté lancé une enquête interne sur leur patron, le Norvégien Børge Brende, qui a rencontré Epstein plusieurs fois en 2018 et 2019.
Après avoir souvent minimisé dans le passé leur degré de proximité avec Epstein, plusieurs des personnalités concernées, notamment la princesse Mette-Marit, ont présenté leurs excuses et admis une « erreur de jugement ».
À en croire leurs échanges, certaines d’entre elles ont profité des largesses financières ou matérielles d’Epstein. Selon les médias norvégiens, Jeffrey Epstein a notamment légué une somme de 10 millions de dollars aux deux enfants du couple Juul-Rød-Larsen.


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