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Et s’il était possible de cultiver de la nourriture directement dans le sol lunaire ?

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Au Texas, des experts de différents domaines ont élaboré un sol s’apparentant à celui présent sur la Lune. L’objectif ? Tenter de savoir s’il est possible ou non de cultiver directement des légumes et des légumineuses dans le sol lunaire. Pour l’heure, les chercheurs ont réussi à faire pousser des pois chiches, une nouvelle positive pour la suite.

Une première étape aux résultats prometteurs

En ce qui concerne les futures missions spatiales de longue durée, l’un des principaux défis est l’alimentation. Ainsi, différents projets de recherche sont menés ci et là afin de résoudre cette problématique de premier plan. Evidemment, il s’agit ici de trouver une solution pour réduire la dépendance des approvisionnements en provenance de la Terre. Citons par exemple l’innovation l’Agence spatiale européenne (ESA) présentée en fin d’année 2025. L’objectif était de tester – dans des conditions de microgravité – la production de Solein, une poudre nutritive chargée en protéines. Cette dernière serait obtenue à l’aide d’une culture de microbes utilisant du dioxyde de carbone, de l’hydrogène et de l’urine issue des astronautes eux-mêmes.

A l’Université du Texas à Austin (Etats-Unis), l’approche est radicalement différente, comme en témoigne une publication dans la revue Scientific Reports le 5 mars 2026. Pour ces experts en culture des sols, en horticulture et fluides mécaniques, le but était de comprendre si cultiver directement des légumes ou légumineuses sur la Lune pouvait ou non fournir des nutriments frais. Ainsi, les scientifiques ont tenté de cultiver des pois chiches dans un sol simulant celui du satellite de notre planète. Or, les résultats obtenus semblent très encourageants.

Evidemment, le sujet nous amène à évoquer le régolithe lunaire, dépourvu des micro-organismes et de la matière organique nécessaires à la vie des plantes. Or, si ce sol renferme des nutriments et des minéraux habituellement essentiels à la croissance des plantes, il contient malheureusement des métaux lourds ayant de fortes de chances d’être toxiques pour ces dernières.

pois chiches LuneCrédit : Santos et al., Scientific Reports., 2026

Régolithe, vermicompost et champignons mycorhiziens

En se basant sur des échantillons en provenance de la Lune, les chercheurs ont obtenu un mélange reproduisant le régolithe lunaire. Du vermicompost a été ajouté au mélange, c’est à dire un sous-produit des vers du fumier (Eisenia fetida) riche en nutriments et minéraux essentiels bénéfiques aux plantes. Dans la nature, ces vers de terre produisent ce matériau en consommant des matières organiques. Pour les auteurs de l’étude, il serait en théorie possible d’utiliser – au lieu de les jeter – les restes alimentaires, les vêtements et autres produits d’hygiène en coton usagés afin de nourrir ces vers, lors des missions spatiales de longue durée

Le mélange évoqué ci-avant a donc servi de terreau pour la culture des pois chiches. Cependant, il est important de souligner que les scientifiques ont entouré les légumineuses avec des champignons mycorhiziens arbusculaires. Il s’agit ici d’un type de micro-organisme vivant de le sol, capable de former une relation symbiotique avec les racines de la majorité des plantes. En pénétrant dans les cellules des racines, ces champignons échangent des nutriments (phosphore, eau) contre du carbone (sucre) produit par la plante. Cette relation permet notamment à la plante d’améliorer sa croissance et sa résistance. Surtout, ces micro-organismes sont capables de limiter l’absorption de métaux lourds par la plante.

Enfin, les chercheurs ont effectivement pu récolter des poids chiches et des évaluations concernant leur comestibilité et leur goût sont en cours. Il faut dire qu’à ce stade, il reste encore à connaitre les détails relatifs à leur composition nutritionelle et savoir si ceux-ci n’ont pas absorbé trop de métaux lourds. Néanmoins, les auteurs de l’étude ont établi un constat : le taux de terre lunaire présent dans le mélange ne doit pas dépasser les 75%, sous peine de devenir mortel pour les plantes.

Yohan D

Rédigé par Yohan D

Vulgarisateur scientifique depuis plus de dix ans, je m’intéresse à la géographie, aux technologies et à l’environnement. J’espère attirer votre attention sur des sujets captivants !

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