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Est-ce grave si mon enfant s’empiffre de biscuits apéritifs le temps d’une soirée ? L’avis d’une nutritionniste

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Life 16/05/2026 08:12

À l’apéritif, les chips et autres tartinades font souvent le bonheur des plus jeunes, qui en apprécient tant le goût que le côté récréatif. Mais faut-il les laisser en manger ? Éclairage d’une nutritionniste.

EN BREF Les enfants adorent les apéritifs, mais une consommation excessive de snacks transformés peut être néfaste.
Maeva Zambon, nutritionniste, souligne l’importance de la modération pour éviter des problèmes de santé.
Pour rendre l’apéritif plus sain, diversifiez les options avec des crudités et des préparations maison. Privilégiez les portions individuelles pour mieux contrôler la consommation des enfants.

Vous avez à peine ouvert le paquet de chips que leurs petites mains rodent déjà autour de la table basse, prêtes à grappiller un biscuit salé par-ci, une tranche de saucisson par-là, parfois avant même que les invités soient installés.

Il faut dire qu’en France, l’apéritif est une véritable institution, reconnue même par l’Unesco comme élément du patrimoine immatériel, au même titre que la gastronomie. Selon une récente étude menée par l’ObSoCo (l’Observatoire Société et Consommation) pour le Syndicat des Apéritifs à Croquer, la quasi-totalité des Français prend l’apéro au moins une fois par an, 61 % une fois par mois et près d’un tiers chaque semaine.

Pour les enfants aussi, l’apéritif a quelque chose d’irrésistible. Synonyme de convivialité pour les adultes, il est l'occasion pour eux de remplacer un vrai repas par des amuse-bouche à picorer tout en sirotant une boisson sucrée. Ce qui a des vertus, nous explique Maeva Zambon, diététicienne nutritionniste à Paris. « Lorsque ces repas apéritifs sont pris ponctuellement, dans un cadre social et convivial, ils poussent l’enfant à être plus autonome et à expérimenter des choses qu’il n’aurait pas forcément goûtées habituellement. »

Des aliments addictifs pour les plus jeunes

Mais ce festin composé presque intégralement de snacks peut aussi, s’ils sont consommés trop régulièrement, s’avérer néfastes pour les plus petits. Tout est donc une question de modération. « Par exemple, prendre un apéro par semaine composé en majorité de chips et de sodas n’est pas recommandé pour les enfants », insiste Maeva Zambon.

En cause : le haut niveau de transformation de ces produits, qu’il s’agisse de bretzels, de crackers ou de chips aromatisées. Présentant non seulement une haute teneur en sel, en glucides et en acides gras saturés, ils sont aussi riches en additifs (émulsifiants, conservateurs, antioxydants comme les sulfites et les acétates…) dont certains sont soupçonnés d’être néfastes pour la santé humaine. Autre problème relevé par Que Choisir : la présence dans les chips à base de pomme de terre et les crackers d’acrylamide, un contaminant qui se forme dans les aliments riches en amidon lorsqu’ils sont cuits, frits ou grillés à haute température, et qui est suspecté d’être cancérogène.

« Parce qu’ils sont gras, salés, parfois aussi sucrés, les produits ultratransformés servis à l’apéritif ont un fort goût de “reviens-y”, analyse Maeva Zambon. C’est déjà difficile pour un adulte de percevoir sa satiété avec ce type d’aliments, mais ça l’est d’autant plus pour un enfant. »

Des effets néfastes sur la santé

Mais, ajoute la nutritionniste, se gaver de biscuits apéritifs, même ponctuellement, n’est pas sans conséquence sur l’organisme. « Lorsqu’ils contiennent beaucoup de sucre, ces en-cas stimulent le pancréas, qui va alors sécréter beaucoup d’insuline pour réguler le taux de sucre dans le sang », détaille-t-elle. Si ces apports en sucres sont trop fréquents, le risque est de développer une résistance à l’insuline, signe avant-coureur du diabète de type 2.

Par ailleurs, « le sel contenu dans les biscuits stimule les reins », prévient aussi Maeva Zambon. Or, une consommation trop élevée de sodium modifie la pression sanguine ce qui augmente, avec le temps, les risques de souffrir d’hypertension artérielle. Enfin, les matières grasses et le sucre présent dans les boissons type jus ou sodas favorisent la prise de poids et ont un impact sur le foie, ce qui accroît le risque de développer une stéatose hépatique - risque qui n’épargne pas les enfants.

Outre les effets sur la santé, Maeva Zambon identifie aussi un autre risque : celui de faire naître chez les enfants un rapport émotionnel à l’alimentation. « Si le joker apéro dînatoire est sorti parce que les parents sont fatigués, parce que la semaine a été mauvaise, cela inscrit dans l’esprit de l’enfant l’idée les produits qui y sont servis peuvent apporter du réconfort. » Le risque est donc de provoquer une compulsion alimentaire : manger non plus pour répondre à un besoin alimentaire, mais pour se sentir mieux.

Diversifier l’apéro pour le rendre plus sain

Comment faire, alors, pour rendre l’apéro plus sain pour les enfants sans pour autant entamer leur plaisir ? D’abord, Maeva Zambon conseille « d’apporter un peu de diversité à l’apéro », l’objectif étant que les tortillas chips et autres crackers fourrés au fromage ne représentent plus l’essentiel de ce qui est servi. « On peut servir des dés de fromage, des crudités (carottes, concombre, céleri…) sous forme de bâtonnets, des tomates cerises, des radis, des roulés à base de jambon ou de blanc de dinde sur lesquels on tartine du fromage frais… »

Généralement adorée des enfants, la charcuterie, et en particulier le saucisson, est aussi une option intéressante grâce à sa haute teneur en protéines, assure Maeva Zambon. Attention, toutefois, à éviter d’en consommer lors d’autres repas dans la semaine car elle reste riche en sel, en matières grasses et en nitrites.

D’ailleurs, la nutritionniste recommande de réaliser soi-même ses préparations pour éviter les additifs et s’assurer de la qualité des matières premières. « De plus, cela revient moins cher d’écraser soi-même un avocat et de l’assaisonner que d’acheter du guacamole, de mixer des pois chiches et du tahini pour faire du houmous, ou de faire une sauce au fromage blanc », affirme-t-elle.

Maîtriser ce que consomme l’enfant

Soda, jus de fruits, sirop à l’eau… Concernant les boissons servies aux plus jeunes, Maeva Zambon a un impératif : oublier celles contenant de la caféine, type Coca-Cola ou même thé glacé. « Après, c’est surtout la quantité qui va compter, que l’enfant choisisse un jus d’orange gazéifié ou un jus de fruits. »

Pour surveiller sa consommation, l’experte nous partage son astuce : lui proposer une boisson en format individuel - une canette, une brique - plutôt qu’en bouteille d’un litre, afin d’éviter qu’il ne se resserve.

Et ce conseil peut même être appliqué pour ce que l’enfant mange. « On peut tourner cela sous forme de jeu et lui proposer un petit bol ou petite assiette dans laquelle il doit mettre un peu de toutes les couleurs : des biscuits, du fromage, des crudités… En plus d’éviter qu’il se précipite pour tout grignoter, il prend ainsi conscience de ce qu’il mange. »

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